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Front Page Titles (by Subject) VIII.—: DROITS DIFFÉRENTIELS. - Oeuvres complètes de Frédéric Bastiat, vol. 4 Sophismes économiques et Petits pamphlets I
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VIII.—: DROITS DIFFÉRENTIELS. - Frédéric Bastiat, Oeuvres complètes de Frédéric Bastiat, vol. 4 Sophismes économiques et Petits pamphlets I [1873]Edition used:Oeuvres complètes de Frédéric Bastiat, mises en ordre, revues et annotées d’après les manuscrits de l’auteur (Paris: Guillaumin, 1873) 3rd edition, 7 vols. Vol. 4.
Part of: Oeuvres complètes de Frédéric Bastiat, 7 vols.About Liberty Fund:Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals. Copyright information:The text is in the public domain. Fair use statement:This material is put online to further the educational goals of Liberty Fund, Inc. Unless otherwise stated in the Copyright Information section above, this material may be used freely for educational and academic purposes. It may not be used in any way for profit.
VIII.—DROITS DIFFÉRENTIELS.Un pauvre cultivateur de la Gironde avait élevé avec amour un plant de vigne. Après bien des fatigues et des travaux, il eut enfin le bonheur de recueillir une pièce de vin, et il oublia que chaque goutte de ce précieux nectar avait coῦté à son front une goutte de sueur.—«Je le vendrai, dit-il à sa femme, et avec le prix j'achèterai du fil dont tuferas le trousseau de notre fille.»—L'honnête campagnard se rend à la ville, il rencontre un Belge et un Anglais. Le Belge lui dit: «Donnez-moi votre pièce de vin, et je vous donnerai en échange quinze paquets de fil.» L'Anglais dit: «Donnez-moi votre vin, et je vous donnerai vingt paquets de fil; car, nous autres Anglais, nous filons à meilleur marché que les Belges.» Mais un douanier qui se trouvait là dit: «Brave homme, échangez avec le Belge, si vous le trouvez bon, mais je suis chargé de vous empêcher d'échanger avec l'Anglais.—Quoi! dit le campagnard, vous voulez que je me contente de quinze paquets de fil venus de Bruxelles, quand je puis en avoir vingt venus de Manchester?—Certainement; ne voyez-vous pas que la France perdrait si vous receviez vingt paquets, au lieu de quinze?—J'ai peine à le comprendre, dit le vigneron.—Et moi à l'expliquer, repartit le douanier; mais la chose est sῦre: car tous les députés, ministres et gazetiers sont d'accord sur ce point, que plus un peuple reçoit en échange d'une quantité donnée de ses produits; plus il s'appauvrit.» Il fallut conclure avec le Belge. La fille du campagnard n'eut que les trois quarts de son trousseau, et ces braves gens en sont encore à se demander comment il se fait qu'on se ruine en recevant quatre au lieu de trois, et pourquoi on est plus riche avec trois douzaines de serviettes qu'avec quatre douzaines. |

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