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Front Page Titles (by Subject) TREIZIÈME LEÇON: la part de la terre - Cours d'Economie Politique vol. 1
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TREIZIÈME LEÇON: la part de la terre - Gustave de Molinari, Cours d’Economie Politique vol. 1 [1854]Edition used:Cours d’Economie Politique (Paris: Guillaumin, 1863). 2 vols. 2nd revised edition. Vol. 1.
Part of: Cours d’Économie Politique 2 vols.About Liberty Fund:Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals. Copyright information:The text is in the public domain. Fair use statement:This material is put online to further the educational goals of Liberty Fund, Inc. Unless otherwise stated in the Copyright Information section above, this material may be used freely for educational and academic purposes. It may not be used in any way for profit.
TREIZIÈME LEÇONla part de la terreComment se règle la part des agents naturels appropriés ou de la terre. — Analyse des opérations nécessaires pour approprier la terre à la production. — La découverte, — l’occupation, — le défrichement. — Que ces opérations ne procurent pas des profits supérieurs à ceux des autres industries. — Du prix naturel du service productif du sol. — Éléments qui le composent. — Les frais nécessaires d’entretien des fonds de terre, — la privation, — le risque. — La chance heureuse ou l’avantage futur provenant de la plus value que les progrès de la population et de la richesse attribuent au sol. — Comment se distribue cette plus value, selon la situation et la qualité des terres. — Comme elle se déplace. — Autres avantages particuliers qui s’attachent à la propriété territoriale. — Causes de l’infériorité relative du taux du revenu foncier. — De la part proportionnelle de produit net afférente au sol. — Résumé des éléments du prix naturel du service productif des agents naturels appropriés ou de la terre. Outre les capitaux fixes et circulants, le matériel de la production comprend les agents naturels appropriés ou, pour nous servir du terme générique, “la terre.” Les agents naturels appropriés ont des caractères qui leur sont propres et qui exercent une certaine influence sur les conditions auxquelles ils concourent à la production, mais leur part est réglée, en définitive, par la même loi qui détermine celle des autres agents productifs. Comme le service productif des facultés humaines et des capitaux fixes et circulants, celui des agents naturels appropriés ou de la terre a son prix naturel ou nécessaire et son prix courant. Nous nous occuperons, en premier lieu, du prix naturel, ainsi que nous l’avons fait pour les autres agents productifs; mais avant d’examiner quels sont les éléments du prix du service ou de l’usage du sol, il faut que nous recherchions de quoi se compose la valeur du sol même. Il faut, en conséquence, que nous considérions la terre comme un produit avant de la considérer comme un agent productif. Comme tous les autres produits, comme les bâtiments, les outils, les machines, les substances alimentaires, etc., la terre a son prix naturel et son prix courant. Son prix naturel se compose de ses frais de production augmentés d’un profit ou d’un produit net. Quels sont les frais de production de la terre? Voilà donc ce qu’il s’agit de rechercher d’abord. Dans son célèbre mémoire sur la propriété, M. Proudhon a lancé aux propriétaires fonciers cette apostrophe véhémente: “A qui est dῦ le fermage de la terre? Au producteur de la terre, sans doute. Qui a fait la terre? Dieu. En ce cas, propriétaire, retiretoi.” En énonçant cette proposition, M. Proudhon s’est borné, comme chacun sait, à mettre sous une forme saisissante, le grand argument que les partisans de la communauté des biens ont, de tous temps, opposé à la propriété foncière. D’après ces rêveurs, le propriétaire foncier serait un privilégié qui s’attribuerait la meilleure part des dons du créateur au détriment du reste du genre humain. Tout propriétaire foncier serait un voleur qui ravirait, pour les attribuer à son usage exclusif, des biens que Dieu a créés pour tous (1) Le fondement de cette erreur si répandue réside dans une autre erreur non moins générale, savoir que l’appropriation des terres à la production s’opère sans difficulté aucune, et que le propriétaire foncier recueille, en conséquence, un revenu qui ne lui a coῦté aucune peine. Or, rien n’est plus faux que cette opinion vulgaire. Les fonds de terre n’ont pas plus été donnés gratis à ceux qui les possèdent que les bâtiments, les charrues, les bêtes de somme et les autres parties du matériel de la production. Chaque parcelle de terre employée à la production peut être considérée comme une machine dont les éléments ont été fournis par la nature comme ceux de toutes les machines et de l’homme lui-même, mais dont la formation et l’appropriation au service de la production appartiennent à l’industrie humaine. La formation de l’instrument-terre est l’objet d’une série d’industries, comme la construction des bâtiments, des machines et des autres agents qui concourent à la production. Seulement nous ne pouvons plus guère observer ces industries en Europe, au moins dans leur ensemble, car celles qui donnent à la terre ses premières façons ont cessé d’exister depuis longtemps. C’est dans le Nouveau Monde qu’il nous faut aller les étudier. Nous pourrons observer là que la production de l’instrument-terre, en d’autres termes, l’appropriation de la terre, se compose de trois opérations bien distinctes et qui font l’objet d’autant d’industries différentes, savoir: 1° la découverte, 2° l’occupation, 3° le défrichement. A la vérité, l’Amérique était déjà en partie découverte, occupée et défrichée, lorsque les Européens la découvrirent; mais ceux-ci n’ayant point respecté les titres de propriété des anciens habitants, qu’ils chassèrent et détruisirent comme des bêtes fauves, on peut considérer la seconde occupation de cette terre nouvelle comme une occupation primitive. La découverte est la première opération que nécessite la production de l’instrument-terre. Au XVe et au XVIe siècles, cette opération fait l’objet d’une industrie spéciale. On voit alors des milliers d’aventuriers, suivant les traces de Christophe Colomb, équiper des navires pour aller découvrir de nouvelles terres. Un certain nombre de ces aventuriers réussissent dans leurs entreprises, mais combien périssent misérablement! Aucune industrie n’était alors plus chanceuse, et si l’on avait pu comparer ses profits à ceux des autres branches de la production on n’aurait eu aucune peine à se convaincre qu’ils ne les dépassaient point. Les aventuriers qui avaient signalé de nouvelles terres tiraient ordinairement parti de leur découverte, en la cédant à la nation dont ils étaient membres. On leur accordait, en échange, des honneurs, des dignités, des gratifications et des pensions. Quelquefois aussi, ces découvreurs étaient de simples agents salariés du gouvernement, lequel recueillait alors les profits de ce genre d’entreprises comme il en supportait les pertes. Les nouveaux territoires du continent américain se trouvèrent donc grevés, en premier lieu, des frais de découverte. Ils furent grevés, en second lieu, des frais d’occupation. La découverte peut être considérée comme la première façon que l’homme est obligé de donner à la terre pour l’approprier à son usage. L’occupation est la seconde. Il ne suffit pas, en effet, de découvrir un nouveau territoire et d’en reconnaître la configuration, il faut y établir des moyens de défense, soit contre les animaux et les éléments, soit contre les hommes; il faut y percer des voies de communication, y construire des forteresses, etc. Ces divers travaux, qui constituent une seconde façon nécessaire à l’instrument-terre, furent accomplis en Amérique par les gouvernements d’Europe. Comme ceux de la découverte, les travaux de l’occupation devinrent l’objet d’une industrie spéciale. Si cette industrie avait été abandonnée à de simples particuliers, si les gouvernement ne s’en étaient point mêlés, ses profits n’auraient pu évidemment dépasser ceux des autres branches de la production ni demeurer en dessous. Mais, à cette époque, la possession des territoires du Nouveau Monde était regardée comme une source inépuisable de richesses, en sorte que les gouvernements de l’Europe s’empressèrent de mettre la main sur ceux que leurs sujets avaient découverts. Ainsi que toute propriété, celle-ci donna lieu à de nombreux procès, et comme les gouvernements ne reconnaissaient point de tribunal souverain pour juger leurs différends, chacun de ces procès engendra une guerre plus ou moins longue et coῦteuse. L’occupation des terres du Nouveau Monde devint en conséquence la moins profitable des industries. Bien peu de gouvernements retirèrent de leurs établissements en Amérique, une rémunération suffisante pour couvrir les frais de découverte qu’ils avaient remboursés et les frais d’occupation qu’ils avaient supportés, avec un profit en harmonie avec ceux des autres industries. Cette deuxième façon étant donnée à la terre, il fallait encore la défricher pour l’approprier à la production. Le défrichement devint l’objet d’une troisième industrie, distincte des deux premières. Les gouvernements qui occupaient les territoires du Nouveau Monde ne possédaient pas, en effet, les ressources nécessaires pour les défricher et les exploiter eux-mêmes. Cependant ils voulaient en tirer parti. Qu’en firent-ils? Ils les cédèrent, sous des conditions diverses, à des hommes disposés à les défricher et à les exploiter. Après avoir occupé un territoire en bloc, ils le vendirent ou le concédèrent en détail. En quoi consiste l’industrie des défricheurs? Ces pionniers de la civilisation pénètrent dans les solitudes du Nouveau Monde, où ils choisissent un lot de terre. Les uns choisissent bien, les autres choisissent mal; c’est leur affaire. Ce lot, sur lequel ils ont jeté leur dévolu, ils l’achètent aux prochaines enchères, en remboursant ainsi les frais de découverte et d’occupation de la terre. Ils se mettent ensuite à l’œuvre. La terre vierge est couverte d’arbres et encombrée des détritus de la végétation primitive; souvent aussi elle est envahie par les eaux et exposée aux agressions des animaux sauvages. Le défricheur déblaye le sol, le dessèche et l’enclôt. Il y construit, en outre, les bâtiments les plus nécessaires à l’exploitation. C’est ainsi que la terre reçoit la troisième et dernière façon indispensable pour la mettre au service de la production. Après que la terre a reçu cette troisième façon, elle peut être considérée comme un produit achevé. C’est un bâtiment dont on a couronné le faite; c’est une machine que l’on a fini d’ajuster et à laquelle on a donné le dernier coup de lime ou de marteau. On peut maintenant l’employer à la production. Cet instrument, auquel le défricheur a donné la dernière façon, il l’emploie rarement lui-même. Voici pourquoi. C’est que le défricheur possède les aptitudes, les connaissances et les instruments nécessaires pour défricher une terre vierge, mais qu’il ne possède pas ceux qui sont requis pour l’exploitation régulière du sol; c’est qu’il ne possède, communément du moins, ni les instruments aratoires, ni les semences, ni les avances de subsistance dont il aurait besoin pour cultiver la terre qu’il a défrichée. Quand donc il a achevé son œuvre, quand il a défriché son lot de terre, il le vend; après quoi, il va en défricher un autre, et ainsi de suite. Le prix auquel le défricheur vend son produit-terre doit naturellement rembourser les frais de la découverte, de l’occupation et du défrichement, avec adjonction des profits ordinaires. C’est le prix naturel de la terre, autour duquel le prix courant gravite, en vertu de la même loi qui gouverne le prix de tous les autres produits. Maintenant, l’homme qui entre en possession de cet instrument nouveau, après en avoir payé le prix courant, le propriétaire de cette machine à fabriquer du blé, de la viande, du lin, du chanvre, du coton, ou bien encore de l’or, de l’argent, du fer, du plomb, de la houille, cet homme est-il donc un privilégié? Mérite-t-il bien l’apostrophe véhémente que lui adresse M. Proudhon: “A qui est dῦ le fermage de la terre? Au producteur de la terre, sans doute. Qui a fait la terre? Dieu. En ce cas, propriétaire, retire-toi.” Non, à coup sῦr. Outre le travail de Dieu, qui est toujours gratuit, soit qu’il s’agisse des agents naturels appropriés, soit qu’il s’agisse des capitaux fixes et circulants, des bâtiments, des machines, des outils, des approvisionnements, soit qu’il s’agisse enfin de l’homme lui-même, dont Dieu a été également le premier ouvrier, la production de l’instrument-terre a exigé l’intervention de l’industrie humaine. Or, cette intervention n’a pas été gratuite, et le propriétaire foncier n’a acquis la terre qu’à la charge d’en faire ou d’en rembourser les frais. La valeur de sa terre représente des frais de production et des profits, absolument comme celle des bâtiments, des machines, des outils, etc. Pourquoi donc le propriétaire foncier qui a créé cette valeur ou qui l’a remboursée à ceux qui l’ont créée, se retirerait-il pour faire place à Dieu (1) ? La terre doit donc être considérée d’abord comme un simple produit que l’industrie humaine façonne, et dont la création et la mise au marché ne peuvent conférer aucun bénéfice exceptionnel. Que si l’on objecte que j’ai envisagé l’industrie de l’appropriation des terres seulement dans le Nouveau Monde, où les difficultés de l’appropriation ont été considérables pour les Européens, où, d’un autre côté, les hommes disposés à surmonter ces difficultés ou à en rembourser les frais sont peu nombreux, je répondrai que la situation était absolument la même dans l’ancien monde, aux époques où les terres y ont été appropriées à la production. La seule différence qu’on puisse signaler, — et cette différence ne touche pas au fond des choses, — c’est que l’industrie de l’appropriation des terres était alors moins divisée dans l’ancien monde qu’elle ne l’a été depuis dans le nouveau; c’est que les mêmes hommes qui découvraient de nouvelles terres se chargeaient aussi de les occuper et de les exploiter. A ces époques, qui se perdent maintenant dans la nuit des temps, l’agriculture n’était pas encore inventée. L’homme vivait de la cueillette des fruits, de la chasse ou de la pêche. Mais pour exercer l’une ou l’autre de ces industries, il avait besoin du concours de l’instrument-terre ou de l’instrument-mer, lac, étang, rivière. Pour se procurer des fruits, des racines, du gibier ou du poisson, il fallait découvrir, occuper et exploiter des terres ou des eaux qui en continssent. Ces opérations diverses étaient accomplies ordinairement par le même individu ou par la même troupe; mais en admettant qu’elles eussent été séparées, auraient-elles pu donner des profits inégaux? Si le travail de découverte et d’occupation des pêcheries et des terrains de chasse avait rapporté plus que la pêche et la chasse même, les anciennes pêcheries et les anciens terrains de chasse n’auraient-ils pas été continuellement abandonnés pour les nouveaux? Tout autre travail n’aurait-il pas été délaissé pour celui de la découverte et de l’occupation des terres et des eaux? Combien de siècles se sont écoulés cependant avant que la surface de l’ancien monde ait été découverte et occupée! Combien d’industries diverses se sont élevées et ont fleuri dans l’intervalle! Or, l’existence de ces industries, en concurrence avec l’appropriation des terres, n’est-elle pas une preuve manifeste que celle-ci n’était pourvue d’aucun privilége naturel, qu’elle ne rapportait pas plus, à l’origine, que les autres branches de la production? Ainsi donc, on peut affirmer que la propriété foncière n’a pas plus été investie d’un privilége dans l’ancien monde que dans le nouveau, aux époques où elle a été formée. Mais, objectent les adversaires de la propriété foncière, c’est à la longue que la possession de la terre acquiert les caractères d’un monopole, en conférant des bénéfices ou des avantages supérieurs à ceux qui résultent de la possession des autres agents productifs. Il se peut qu’à l’époque où l’ancien monde commençait à être découvert, occupé et défriché, l’appropriation des terres ne présentât pas plus d’avantages que les autres branches de la production; il se peut encore qu’en Amérique les pionniers qui donnent la dernière façon à l’instrumentterre, et les cultivateurs qui leur achètent cet instrument pour l’employer à la production des denrées alimentaires, ne réalisent pas de plus gros bénéfices que les manufacturiers, les négociants ou les hommes qui exercent des professions libérales; mais franchissons un certain laps de temps, et quel spectacle s’offrira à nos regards? Nous verrons des terres qui, après avoir été vendues à vil prix à l’époque où on les a mises au service de la production, ont acquis une valeur énorme par le fait du développement de la population et des progrès de la richesse; nous verrons leurs propriétaires, fruges consumere nati, percevoir, sans se donner aucune peine, la meilleure part des résultats de la production, et ne laisser aux détenteurs des autres agents productifs que la portion congrue. Un tel privilége n’est-il pas exorbitant? Puisque la valeur de la propriété foncière s’accroît par suite du développement de la population et des progrès de la richesse générale, ne serait-il pas juste d’en restituer la plus value à ceux qui l’ont créée? Ne serait-il pas juste de faire rentrer, à la longue, la propriété foneière dans le domaine public? Une simple observation suffira, je pense, pour faire tomber cette objection, si formidable en apparence. Que dit-on? Qu’il est dans la nature de la propriété foncière de procurer à ceux qui la créent des avantages futurs d’une importance considérable. Que telle terre, dont le prix de vente suffit à peine aujourd’hui pour couvrir ses frais de production augmentés des profits ordinaires, aura, dans dix ans, dans vingt ans, dans un siècle, dans dix siècles, une valeur dix fois, vingt fois, cent fois, mille fois plus forte. Cela est possible. Il est possible que les terres qui sont actuellement défrichées en Californie, par exemple, acquièrent dans l’avenir une valeur décuple ou centuple de leur valeur présente; mais cette chance heureuse, que courent les hommes qui approprient des terres à la production, constitue-t-elle bien un privilége? N’est-elle pas successivement escomptée? L’espérance d’un avantage futur n’entre-t-elle pas toujours, soit qu’il s’agisse de l’appropriation des terres ou de toute autre industrie, en déduction du bénéfice actuel? Où donc est le privilége? Ceci deviendra plus clair encore si, après avoir considéré l’appropriation des terres comme une industrie et la terre comme un produit, nous examinons les conditions auxquelles le produit-terre transformé en agent productif concourt à la production. Nous verrons alors se dissiper les derniers nuages qui planent sur la propriété foncière et sur le revenu dont elle est la source. Voici qu’une terre est produite, c’ést à dire découverte, occupée et défrichée. Qu’en va-t-on faire? Celui qui la possède peut en jouir ou l’exploiter pour son propre compte, soit isolément, soit par association, il peut encore l’affermer ou la vendre. S’il l’exploite pour son propre compte, il en retirera un profit foncier; s’il l’afferme, il en retirera un fermage ou une rente; s’il la vend, il en retirera simplement un prix de vente. Il s’agit de savoir quels sont les éléments de la part de la terre, lorsqu’elle est perçue sous l’une ou l’autre de ces trois formes? En d’autres termes, quel est le prix naturel ou nécessaire de l’usage ou du service de la terre lorsqu’elle est appliquée à la production? Le prix naturel de vente de la terre se compose des frais de production de ce genre de produit, augmentés des profits des industries qui ont concouru à l’appropriation du sol. Le prix naturel d’exploitation ou de location de la terre se compose des frais nécessaires pour engager les détenteurs de cet agent productif à le mettre au service de la production et à l’y maintenir; ’c’est à dire, comme dans le cas du travail et des capitaux fixes et circulants, d’une certaine somme de frais de production et d’une part proportionnelle de produit net. Avant d’analyser ces éléments du prix naturel du service ou de l’usage de l’instrument-terre, ou pour employer une expression plus usitée, du capital foncier, faisons deux remarques essentielles. La première, c’est que la forme sous laquelle est perçue la rémunération du capital foncier n’influe en rien sur le fond même de cette rémunération; c’est que le taux du fermage, par exemple, doit nécessairement se proportionner au taux du profit foncier et au prix de vente, sinon celui de ces modes d’emploi de la terre qui présenterait plus ou moins d’avantage que les autres, serait aussitôt recherché ou abandonné, et l’équilibre ne manquerait pas de se rétablir. Ajoutons que le profit foncier est une part éventuelle, tandis que le fermage est une part fixe et plus ou moins assurée. L’un correspond au profit du travail ou du capital; l’autre au salaire, à l’intérêt ou au loyer. La seconde remarque à faire, c’est que le profit foncier et le fermage contiennent, le premier toujours, le second communément, une part pour les capitaux fixes et circulants qui sont joints à la terre dans l’œuvre de la production; dans certains cas même, lorsque la terre est cultivée par des esclaves ou des serfs, le profit foncier et le fermage contiennent une part afférente au travail. On s’est, en conséquence, accordé pour désigner sous le nom de rente la part qui est simplement afférente à la terre; mais cette expression peut malheureusement do nner lieu à des confusions; nous verrons pourquoi, dans la leçon prochaine. En attendant, recherchons quels sont les éléments du prix naturel ou nécessaire du service productif de la terre. En premier lieu, apparaissent les frais d’entretien et de renouvellement des facultés productives du sol, s’il s’agit d’un terrain appliqué à la production agricole, et les frais d’amortissement ou de recomposition de ces mêmes facultés productives, s’il s’agit d’une mine. Si ces frais ne sont pas couverts, comme la fécondité d’un terrain ou d’une mine n’est pas inépuisable, la production ne pourra évidemment s’opérer d’une manière continue. En second lieu, apparaît la privation. Lorsqu’un homme qui a défriché une terre ou acheté une terre défrichée, la consacre à la production, c’est un capital dont il demeure privé jusqu’à ce qu’il puisse le dégager. La privation provenant de ce chef est considérable dans les pays où la vente des terres est difficile, où, d’un autre côté, les emprunts hypothéqués sur la terre sont environnés de formalités coῦteuses. Dans ces pays, le taux de la prime nécessaire pour compenser la privation du capital foncier est élevé; il est bas, au contraire, dans les pays où la vente des terres et les emprunts hypothéqués sur le sol s’opèrent aisément et à peu de frais. En troisi[ww]me lieu apparaît le risque. Lorsqu’un homme consacre une terre à la production en l’exploitant lui-même ou en la louant à quelqu’un qui l’exploite, il court le risque soit de n’en point tirer de revenu ou de n’en tirer qu’un revenu inférieur à celui sur lequel il avait compté, si les circonstances sont mauvaises, soit même d’en perdre successivement la valeur. En revanche, il court la chance de voir s’accroître, parfois même d’une manière démesurée, et la valeur de son capital foncier et le revenu qu’il en tire (ces deux choses sont, bien entendu, inséparables). Ce risque et cette chance donnent naissance à des primes, dont l’une s’ajoute au prix naturel du service productif de la terre, et dont l’autre s’en déduit. Dans le cours ordinaire des choses, et par le fait de la nature particulière de l’instrument-terre, la chance de voir s’accroitre la valeur du capital foncier engagé dans la production dépasse le risque de la voir diminuer ou se perdre. Qu’en résulte-t-il? C’est, comme nous l’avons remarqué plus haut, que cette chance heureuse ou cet avantage futur attaché à la possession du sol s’escompte; c’est que le prix naturel du service productif de l’instrument-terre demeure communément au dessous de celui du service des autres agents qui composent le matériel de la production. Je dis que, dans le cours ordinaire des choses, l’instrumentterre, bien loin de perdre de sa valeur par l’usage, acquiert annuellement une plus value. En cela, il diffère de la plupart des autres instruments qui composent le matériel de la production. Mettez, en effet, des bâtiments, des machines, des outils au service d’une industrie quelconque, et vous les verrez perdre successivement de leur valeur, d’abord parce que l’usage les détériorera plus ou moins, ensuite parce qu’on en construira d’autres plus parfaits que l’on substituera graduellement aux anciens. De là, une moins value qui doit être couverte ou compensée par un supplément de rémunération, sinon on renoncerait à mettre les agents qu’elle atteint, au service de la production. En vertu de sa nature particulière, l’instrument-terre se trouve communément dans une situation différente. D’abord, il est essentiellement durable. Il faut renouveler, au bout d’une période plus ou moins longue, les bâtiments et les machines; il n’est jamais nécessaire de renouveler la terre. Sans doute, lorsqu’une terre est employée à l’agriculture, il faut entretenir ses forces productives; mais celles-ci s’accroissent à la longue au lieu de se perdre, quand elles sont convenablement alimentées. Seuls les gisements minéraux s’épuisent, et ils doivent, en conséquence, être amortis. Ensuite, l’instrument-terre joint l’immobilité, la non-transportabilité à la durée, et c’est là une nouvelle particularité dont il importe d’apprécier l’influence. Quand la population et la richesse s’accroissent dans un pays, on voit s’élever graduellement la valeur de la terre. D’où cela vient-il? Cela vient de ce que la demande de la terre et de ses produits s’augmente, tandis que l’offre ne peut pas toujours s’augmenter dans la même proportion. Prenons pour exemple une ville qui est en train de se développer. Les terrains qui forment sa surface et ceux qui environnent son enceinte augmenteront progressivement de valeur. Pourquoi? parce qu’ils seront plus demandés, les uns pour servir d’emplacement aux habitations, les autres pour fournir des substances alimentaires à une population croissante, sans que, en vertu de la nature même des choses, l’offre puisse se proportionner à la demande. Seulement cette plus value ne sera pas uniforme. Elle sera plus ou moins élevée selon la situation et la qualité des terres. Selon la situation des terres. Le développement de la population et de la richesse dans une ville ne s’opère jamais d’une manière uniforme. Le mouvement de la circulation se porte de préférence dans certains quartiers et dans certaines rues. La valeur des terrains qui forment la surface de ces quartiers ou de ces rues s’accroît en conséquence beaucoup plus que celle des terrains des autres parties de la cité. A Paris, par exemple, la circulation s’est principalement développée dans les rues Saint-Denis, Saint-Honoré, Vivienne, Richelieu, sur une partie des boulevards, etc.; à Bruxelles, c’est dans la rue de la Madeleine et aux environs. Dans ces localités favorisées, une certaine étendue de terre rapporte cent fois, mille fois plus qu’une étendue égale située à quelque distance. Pourquoi? Parce que les propriétaires des localités bien situées jouissent d’un monopole naturel; parce que la terre n’étant point un instrument transportable, on n’en saurait augmenter l’offre dans les endroits où la population et la richesse vont se concentrer. On ne peut transporter dans la rue Richelieu ou sur le boulevard des Italiens, un supplément de terrain à bâtir provenant de la plaine Saint-Denis. On ne peut transporter, dans la rue de la Madeleine à Bruxelles, des terrains situés dans le bois de la Cambre ou dans la forêt de Soignes. La terre ne se déplace point. Il n’en est pas de même, comme on sait, de la part des autres agents productifs. Qu’une machine, une somme d’argent, un tonneau d’huile, une balle de coton, etc., se trouvent dans une localité où l’on n’en ait pas l’emploi, on pourra les transporter ailleurs. Sans doute, les circonstances pourront encore investir les détenteurs de ces agents productifs, d’un monopole naturel ou artificiel, mais ce monopole sera beaucoup moins durable que celui dont jouissent les détenteurs des terrains bien situés, — ceci toujours en vertu de la nature même des choses. L’observation qui vient d’être faite au sujet des terrains à bâtir s’applique encore au sol arable. Les terres qui se trouvent à proximité des grands foyers de consommation des denrées alimentaires acquièrent toujours une valeur supérieure à celle des autres. Cette différence s’explique par l’économie que l’on réalise sur les frais de transport des produits cultivés dans les endroits les plus rapprochés des centres de consommation. De là, la valeur extraordinaire qu’ont acquise les terres de la banlieue de Paris, et, en général, de toutes les grandes villes. La plus value s’élève encore plus ou moins selon la qualité des terres. Quand une population croît en nombre et en richesse, elle demande certaines denrées dans une proportion de plus en plus forte. Les terres qui sont les plus propres à la production de ces denrées acquièrent naturellement une valeur supérieure à celle des terres qui le sont moins. Quand une terre arable unit à l’avantage de la situation, la supériorité de la qualité, sa plus value peut s’élever au maximum. Ainsi donc la terre est susceptible d’acquérir une plus value à mesure que la population et la richesse se développent, mais cette-plus value n’a rien d’uniforme. Elle varie selon la situation et la qualité des terres. Elle n’est pas non plus fixe. Des causes diverses agissent incessamment, soit pour la déplacer, soit même pour la détruire. Citons-en quelques exemples. Depuis le moyen âge, les progrès de la sécurité ont opéré toute une révolution dans la valeur des terrains servant d’emplacements aux villes. Nous avons vu (Ve leçon) que les populations, après s’être agglomérées sur les hauteurs, sont descendues successivement dans les plaines. Qu’est-il résulté de ce déplacement? Que le monopole naturel dont jouissaient les propriétaires du sol des villes situées sur les hauteurs, a été transféré aux propriétaires fonciers des plaines où les nouvelles villes ont été fondées. Alors la non-transportabilité du sol qui naguère était si avantageuse aux premiers a tourné à leur détriment. La valeur de leur capital foncier, après s’être élevée parfois d’une manière démesurée, est tombée, parfois aussi, presque à rien. Sans doute, les bâtiments et les autres capitaux immobiliers se trouvent exposés à peu près au même risque. On ne peut faire descendre une maison de la montagne dans la plaine. Mais au moins peut-on tirer un certain parti de ses matériaux, tandis qu’un fonds de terre n’est pas susceptible d’être démoli comme une maison, et vendu pour la valeur de ses matériaux. Les bruyères et les autres plantes sauvages finissent donc par envahir les emplacements escarpés des anciennes villes et le sol n’y conserve, le plus souvent, d’autre valeur que celle des monceaux de débris encore épars à sa surface. Les progrès de la sécurité ont principalement contribué à déplacer les monopoles naturels des terrains servant d’emplacements aux habitations; par là même, ils ont agi aussi pour déplacer ceux des terres employées à la production des denrées alimentaires. Mais d’autres causes ont contribué encore, soit à déplacer ceux-ci, soit même à les détruire. Ces causes résident principalement dans les progrès de l’agriculture et de la locomotion, comme aussi dans la destruction des obstacles artificiels qui entravaient la liberté des échanges. A l’époque où l’homme était encore réduit à subsister de la cueillette des fruits ou de la chasse, les terres les plus abondantes en fruits et en gibier furent les premières à croître en valeur. A mesure que la population s’augmenta, que les fruits et le gibier furent, en conséquence, plus demandés, leur valeur s’accrut, tandis que d’autres terres demeuraient sans valeur parcé qu’elles ne pouvaient être utilisées. Mais les premières méthodes et les premiers instruments agricoles sont inventés. Aussitôt la situation change. La cueillette des fruits et la chasse sont, en grande partie, abandonnées pour l’agriculture. Alors les terres propres à la culture des denrées alimentaires, des plantes textiles et tinctoriales, etc., acquièrent une valeur, tandis que les terres précédemment employées perdent une partie de la leur, à moins toutefois qu’elles ne soient susceptibles de culture. Mais, dans la suite des temps, de nouveaux progrès s’accomplissent: d’une part l’agriculture se développe et se transforme, de nouvelles plantes, de nouveaux engrais, de nouveaux instruments et de nouvelles méthodes d’exploitation sont découverts; d’une autre part, l’industrie des transports se perfectionne sous le double rapport de la célérité et du bon marché. Enfin, la sécurité devenant plus générale, le domaine de la civilisation s’étend de plus en plus, et la surface cultivable s’accroît par là même. Que résulte-t-il de ces progrès? Les progrès de l’industrie agricole permettent à la fois d’appliquer de nouvelles terres à la production et de tirer un meilleur parti des anciennes. C’est ainsi que les terres lourdes, qui naguère ne pouvaient être cultivées avec avantage, font maintenant concurrence aux terres légères, grâce aux perfectionnements du matériel et des méthodes d’exploitation. C’est ainsi encore que des terres longtemps regardées comme stériles sont devenues cultivables par suite de la découverte de nouveaux engrais. C’est ainsi, enfin, que l’acquisition de nouvelles plantes a permis de tirer un bon parti de terrains qui étaient auparavant délaissés et sans valeur. Grâce à ces divers progrès, la sphère de la concurrence s’agrandit successivement aux dépens du monopole des terres anciennement cultivées, et de la plus value qui s’y était attachée. Quant aux progrès de la locomotion, ils étendent la sphère de la concurrence et pour les emplacements des habitations et pour la production agricole. Ainsi, par exemple, les industriels, les négociants, les employés étaient obligés autrefois de se loger auprès de leurs bureaux ou de leurs comptoirs. A mesure que la locomotion s’est perfectionnée, ils ont pu aller demeurer plus loin du foyer de leurs affaires. Les anciens terrains d’habitation ont perdu ainsi une partie de leur valeur, laquelle est allée se fixer sur les nouveaux. Le même changement s’opère sous l’influence de la même cause dans la valeur des terres employées à la production agricole. Les terres situées aux environs des villes avaient autrefois le monopole de la plupart des denrées alimentaires qui entraient dans la consommation journalière des populations urbaines. La difficulté des communications, jointe à l’insuffisance de la sécurité, à l’obstacle artificiel des péages et des droits de traite, empêchaient les habitants des villes de recevoir les denrées alimentaires produites à distance. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. Depuis l’établissement des chemins de fer, la production des légumes, des fruits, du lait, etc., n’est plus le monopole des banlieues; elle s’opère dans un rayon qui s’étend chaque jour davantage, et la valeur des terres baisse en conséquence, relativement du moins, aux environs des villes, tandis qu’elle hausse plus loin. Ce que nous disons des villes et de leurs environs peut s’appliquer aussi à des contrées entières. Depuis l’invention de la navigation à la vapeur et l’avénement de la liberté du commerce, l’Angleterre retire du dehors des masses de subsistances qu’elle demandait auparavant à son agriculture et que celle-ci lui fournissait moins abondamment et à plus haut prix. Les terres qui ont profité de ce nouveau débouché ont augmenté de valeur, tandis que celles qui possédaient jadis le monopole de l’approvisionnement du marché britannique ont subi une dépréciation, ou si elles ont conservé leur valeur intacte, c’est grâce à l’application d’un supplément de capital sous forme d’améliorations de toute sorte. La plus value que les progrès de la population et de la richesse donnent aux agents naturels appropriés en augmentant à la fois leur rareté (en comparaison des autres agents productifs) et leur utilité, cette plus value n’a donc rien d’uniforme ni de fixe. Elle augmente plus ou moins selon la situation et la qualité des terres; mais comme ces deux circonstances se modifient d’une manière incessante, sous l’influence des progrès généraux de la société, comme telle situation qui peut être aujourd’hui plus avantageuse que telle autre peut l’être moins demain, comme telle espèce de terre qui est actuellement classée au premier rang peut être reléguée plus tard à un rang inférieur, la plus value que le sol acquiert, grâce aux progrès de la population et de la richesse, se déplace continuellement, parfois même elle se perd. Mais son existence et son accroissement continu dans une société en voie de prospérité n’en sont pas moins incontestables. La possession du sol confère encore, dans un grand nombre de pays, des avantages particuliers dont il faut tenir compte. Des droits et des priviléges de différentes sortes y sont attachés, surtout dans les pays où le régime féodal a été en vigueur. La classe des propriétaires fonciers jouit dans ces pays d’une considération supérieure à celle des autres classes. Enfin, soit par l’influence de cette cause, soit par l’attrait particulier que beaucoup de personnes paraissent éprouver pour la propriété foncière, la terre procure à ses possesseurs des avantages et des jouissances dont on se montre généralement avide. Qu’en résulte-t-il? C’est que ces avantages et ces jouissances donnent naissance à une prime, laquelle se joint à celle qui résulte de l’expectative d’une augmentation graduelle de la valeur du sol, par suite de l’accroissement de la population et de richesse, et que cette double prime se déduit de la rémunération nécessaire ou du prix naturel du service productif du sol. C’est là ce qui explique pourquoi le taux de la rémunération des agents naturels appropriés, le taux du profit foncier ou du fermage est généralement inférieur à celui de la rémunération des autres agents productifs, au taux de l’intérêt ou du loyer par exemple. Enfin, si aux frais nécessaires d’entretien du sol, à la privation et au risque, déduction faite des avantages particuliers résultant de la nature de l’instrument-terre, nous ajoutons une part proportionnelle de produit net, faute de laquelle nul ne voudrait approprier des terres ni les consacrer à la production, nous aurons tous les éléments du prix naturel du service productif des agents naturels appropriés ou de la terre. [(1)]M. Proudhon n’appartient point, comme on sait, à l’école communiste, et, dans ses célèbres mémoires sur la propriété, ce grand agitateur d’idées a voulu seulement faire ressortir l’imperfection des théories reçues en démontrant que la propriété, telle que l’ont comprise de malhabiles défenseurs, n’est qu’une des formes de la spoliation. Mais il est à regretter qu’après avoir critiqué avec une impitoyable rudesse des théories imparfaites, l’illustre démolisseur n’ait pas su mettre à la place une théorie supérieure. Il n’en a pas moins rendu service à la science, en travaillant à la faire sortir de son ornière officielle. [(1)]Quelques économistes, qui ne s’étaient point rendu compte des frais de production de la terre, ont cru que le travail de Dieu ou de la nature attribuait aux agents naturels appropriés une valeur particulière, dont le propriétaire foucier ne manquait pas de s’attribuer le bénéfice. C’était, comme on l’a fort bien remarqué, donner gain de cause aux partisans de la communauté des biens. Ricardo a parfaitement réfuté une opinion si erronée et si dangereuse, en démontrant que la collaboration de Dieu ou de la nature se retrouve dans tous les agents productifs et qu’elle est toujours gratuite. |

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