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Front Page Titles (by Subject) APPENDIX I: AUTOBIOGRAPHICAL FRAGMENTS. - The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 2
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APPENDIX I: AUTOBIOGRAPHICAL FRAGMENTS. - Jean-Jacques Rousseau, The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 2 [1915]Edition used:The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, ed. from the original manuscripts and authentic editions, with introductions and notes by C. E. Vaughan. (Cambridge University Press, 1915). In 2 vols. Vol. 2.
Part of: The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, 2 vols.About Liberty Fund:Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals. Copyright information:The text is in the public domain. Fair use statement:This material is put online to further the educational goals of Liberty Fund, Inc. Unless otherwise stated in the Copyright Information section above, this material may be used freely for educational and academic purposes. It may not be used in any way for profit.
APPENDIX IAUTOBIOGRAPHICAL FRAGMENTS.
∗A MS. 7840, pp. 22–3. End ofLettre v. de laMontagne, as originally written.[The preceding paragraph ends ‘et de punir la raison? la mienne s’y perd ‘(Hachette, III. 196), i.e. that which begins ‘Une des choses qui me donnent le plus de confiance’—the passage about Voltaire having preceded. An entirely different close was substituted for this in the final version.] Eh! loin que la confiance que j’ai quelquefois dans mes sentiments soit insultante pour ceux des autres, à peine est-elle affirmative et jamais elle n’est obstinée. 1 J’avais à peine pris le premier pas dans la triste carrière, qu’on m’a fait parcourir entre les bûchers et les feux, que je me vis attaquer de toutes parts. Jeune auteur encore, quoiqu’homme déjà mûr, je me défendis d’abord avec l’impétuosité2 de la première ferveur. Le public ne jugea pas que je m’en tirasse mal et que je fusse dépourvu des talents polémiques. Je3 renonçai toutefois1 bientôt à leur usage. Je sentis que la dispute troublait l’âme, en substituant l’amour-propre à l’amour de la vérité, et qu’il était impossible d’y conserver toujours la même bonne foi. Il y a plus de dix ans que je pris publiquement congé de mes adversaires2 et, renonçant à des combats pour lesquels3 je n’étais point fait, je pouvais dire comme Entelle: Victor cestus artemque repono4 . Je puis ajouter que jamais engagement ne fut pris de meilleur cœur et ne coûta moins à remplir. Depuis ce temps, à chaque ouvrage que j’ai publié, quelle foule d’agresseurs ne5 sont point venus à la charge? que d’injures ne m’a-t-on point dites6 ? quels sots raisonnements n’a-t-on point employés? quelle justice, quelle décence, a-t-on montrée7 , sitôt qu’il a été question de moi? M’a-t-on vu prendre une seule fois la plume pour répondre? m’a-t-on vu me fâcher des torts que l’on me faisait.? m’a-t-on vu soutenir mes sentiments8 en aucune manière? Non! j’ai tout laissé dire, j’ai tout laissé faire; et je me suis tenu tranquille aussi longtemps qu’on m’y a laissé. De nouvelles réflexions9 m’ont affermi dans ces dispositions paisibles10 . En comparant mes raisonnements à ceux des autres, ma manière de voir aux leurs, j’ai senti que nous ne nous accorderions de la vie; que, si leurs cœurs étaient tous de bonne foi, leur tête était autrement faite que la mienne; que par conséquent rien n’était moins utile entre nous que de disputer sans s’entre-convaincre, puisqu’il faudrait qu’un des disputeurs prêtât à l’autre son cerveau, pour11 voir les choses comme il les voit lui-même. Cette réflexion m’en fit naître une autre, plus utile encore et plus importante au repos des hommes, s’ils savaient s’en pénétrer, comme moi. C’est que nul de nous ne sait si la vérité qu’il voit, ou qu’il croit voir, est bien réellement celle qui existe. 12 Si la raison universelle passe dans le cerveau d’un homme comme dans une filière12, si elle se moule pour ainsi dire sur son organisation, comment peut-il s’assurer que sa filière est meilleure que celle d’un autre et de tous les autres? et que par conséquent il voit seul la vérité? Pour s’assurer d’elle, il faudrait avoir au moins un autre terme de comparaison; mais chacun n’a que le sien et veut le donner pour règle à tous les autres, qui ont aussi chacun le leur. Quelle injustice, quelle ineptie! Je me vois seul de mon sentiment; et il est vrai que, quant à moi, je le trouve d’une évidence dont rien n’approche. Mais si les autres ne le voient pas ainsi, ce qui n’est démontré que pour moi ne saurait l’être pour eux1 . Ainsi2 c’est en vain, s’ils le rejettent, que je voudrais le leur faire adopter. Si je le crois utile aux hommes, mon devoir est de le leur proposer; je dois leur dire aussi mes raisons afin qu’ils les examinent et puis qu’ils jugent. Après cela, tout est dit. Soit qu’ils m’écoutent ou non, qu’ils disputent ou qu’ils se taisent, qu’ils s’échauffent ou qu’ils se calment, qu’ils m’en sachent3 bon ou mauvais gré, je n’ai plus qu’à rester tranquille; mon devoir est rempli, ma tâche est faite; le reste les regarde, et non pas moi4 . Voilà la manière de penser sur laquelle, depuis qu’elle m’est venue, j’ai tâché de conformer ma conduite à tous égards. J’ai toujours fui les débats et la dispute. Je n’ai jamais été disputeur, chicaneur. Je n’ai jamais attaqué personne sans une absolue nécessité5 ; et quand j’y ai été entraîné malgré moi, je me suis6 borné aux sentiments, et j’ai toujours7 traité honorablement les hommes. Cependant j’avoue avoir pris quelquefois dans mes premières feuilles un l’on tranchant et sententieux, bien moins par goût que par imitation. C’était le ton à la mode, et je m’y conformais sans y songer. Mais voyez mes derniers écrits; ceux même pour lesquels on me traite avec tant de barbarie. Que de précautions n’y prends-je point pour ne pas m’ériger en juge, et pour ne pas prétendre faire autorité8 ! Je ne9 dois pas répéter ce que j’ai dit là-dessus. Mais, sur l’objection de m’ériger en prophète et réformateur, considérez, je vous prie, ma manière de vivre en toute chose et concevez-en, si vous pouvez, une plus éloignée des pratiques1 , des machinations, que me reproche l’auteur des Lettres. Je laisse mes livres courir’leur fortune, sans m’en mêler en quoi que ce soit. Qu’on adopte ou rejette mes opinions, c’est la chose dont je me soucie le moins. Qu’on me réfute, je laisse dire. Qu’on m’insulte, je ne m’en émeus pas. Qu’on m’accuse d’être rempli de contradictions, de folies, de n’avoir qu’un petit mélange de mots bien agencés, je ris et je laisse rire. Je me retiens dans mon coin le plus que je puis. Je ne cherche point à faire l’orateur, le convertisseur; je n’ai pas fait un seul prosélyte, je ne tournerais pas le pied pour en faire un2 . Je suis seul de mon parti sur la terre. Cela est clair. Voit-on que je m’en fâche, et que je me tourmente beaucoup pour gagner des sectaires3 ? Si j’en avais voulu faire, j’aurais donc été le premier fou4 qui n’en ait pu venir à bout. Mais qui sait où est la vérité5 ? Je vois un objet que je prends pour elle; c’est la vérité pour moi et pour ceux qui verront comme moi; il ne l’est pas pour un autre: voilà la vérité6 . Mais personne ne voit comme moi; à la bonne heure. Ma vérité n’est pas la leur. Mais restons tous tranquilles dans nos sentiments, en attendant que la suprême raison nous éclaire. Restons tous dans nos principes; mais ne punissons personne pour avoir dit le sien! Voilà ma règle. Je me défends, parce qu’on attaque ma personne. Il faut bien que je me justifie des crimes que l’on m’impute et pour lesquels on me persécute, lorsque je ne les ai pas commis. Mais il ne faut que je fasse7 faire de mes opinions la règle de celles des autres; et c’est aussi ce qu’assurément je ne fais pas. Je suis tolérant par principe, et je ne connais de vrai tolérant que moi. Car je n’ai jamais su mauvais gré à personne de ne pas penser comme moi. La seule chose que je ne1 tolère pas, c’est la méchanceté, la mauvaise foi; parce que la méchanceté est nuisible aux autres; parce que la mauvaise foi est un mensonge, une insulte contre la vérité, qui retombe sur ses partisans. Avec ces conditions, je parle sans me contraindre, parce que je ne veux jamais faire loi2 . ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ Comme il n’y a rien dans mon cœur que je doive cacher, je dis ouvertement et franchement ce que je sens3 . Je n’emploie ni ménagement ni détour. Je sens que l’intention n’en a pas besoin; et cette4 intention se montre5 . Voilà ce que l’auteur des Lettres appelle être imprudent et maladroit. Quoi qu’il m’en arrive, j’aime mieux être droit qu’adroit. Tout cela n’a pas trop l’air, ce me semble, d’un Prophète, d’un Missionnaire, d’un envoyé de Dieu qui vient, la foudre à la main, précipiter dans les flammes éternelles quiconque ne pense pas comme lui. Ce sont vos gens qui font les prosélytes et qui prononcent leurs oracles du ton des organes du Tout-puissant. Ce sont eux qui se chargent de le venger, contre sa défense, de ceux qui ne l’offensent point. Ils osent interpeller les consciences sur les traitements qu’ils me font, comme s’ils n’avaient pas contre eux, dans Genève même, ce qu’il y a d’hommes justes et véritablement adorant 6 Dieu. Et en conscience7 ! en mon tour! Voyez de quel côté sont la probit, la piété, l’amour des lois, la vertu, Voyez parmi les Représentants l’élite respectable de vos plus dignes citoyens, qui ont conservé la religion, les mœurs et les sentiments de leurs ancêtres. Interrogez toujours, interrogez le vertueux Abauzit8 ! Vous les voyez eux-mêmes, qui ne pensent pas comme moi, prendre ouvertement ma cause, parce qu’ils ne croient pas qu’erreur soit un crime; parce que nous sommes d’accord sur tout ce qui nous importe et qui devait nous unir: sur les devoirs de l’homme, du chrétien, du citoyen. À qui d’entre vous importe le reste? Je répugne à parler de mes adversaires, je répugne toujours à personnaliser. Je ne dirai point s’ils ont de la religion, s’ils n’en ont pas. Mais je dirai hardiment que vouloir la venger par des injustices, par des mensonges, par des noirceurs, par des persécutions, par des crimes, c’est là vraiment l’attaquer; il vaudrait mieux n’en point avoir que d’en avoir une ainsi faite. Et il serait fort à craindre que qui ne connaîtrait point la religion chrétienne n’en prît point1 une grande opinion sur ses défenseurs2 . Ils prouvent que la mienne n’est pas la leur. Je leur rends grâce; ils m’évitent la peine de le prouver. Ile disent que je ne suis pas chrétien. Je l’accorde, lorsqu’un seul d’entr’eux fera voir qu’il l’est. [There is no definite indication where the last four paragraphs were intended to come. It is probable that they were meant to close the Letter. They are written on the v° of p. 22.] B. Early versions of the opening ofles Confessions.
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