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Front Page arrow Titles (by Subject) arrow CHAPITRE XIV.: Suite. - The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 2

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Subject Area: Political Theory

CHAPITRE XIV.: Suite. - Jean-Jacques Rousseau, The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 2 [1915]

Edition used:

The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, ed. from the original manuscripts and authentic editions, with introductions and notes by C. E. Vaughan. (Cambridge University Press, 1915). In 2 vols. Vol. 2.

Part of: The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, 2 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


CHAPITRE XIV.

Suite.

À l’instant que le peuple est légitimement assemblé en Corps souverain, toute juridiction du Gouvernement cesse, la puissance exécutive est suspendue, et la personne du dernier citoyen est aussi sacrée et inviolable que celle du premier magistrat; parce qu’où se trouve le représenté il n’y a plus de représentant. La plupart des tumultes qui s’élevèrent à Rome dans les comices vinrent d’avoir ignoré ou négligé cette règle. Les Consuls alors n’étaient que les présidents du peuple; les Tribuns de simples orateurs3 : le Sénat n’était rien du tout.

Ces intervalles de suspension où le prince reconnaît, ou doit reconnaître, un supérieur actuel, lui ont toujours été redoutables; et ces assemblées du peuple, qui sont l’égide du Corps politique et le frein du Gouvernement, ont été de tout temps l’horreur des chefs: aussi n’épargnent-ils jamais ni soins, ni objections, ni difficultés, ni promesses, pour en rebuter les citoyens. Quand ceux-ci sont avares, lâches, pusillanimes, plus amoureux du repos que de la liberté, ils ne tiennent pas longtemps contre les efforts redoublés du Gouvernement. C’est ainsi que, la force résistante augmentant sans cesse, l’autorité souveraine s’évanouit à la fin, et que la plupart des Cités tombent et périssent avant le temps.

Mais, entre l’autorité souveraine et le Gouvernement arbitraire, il s’introduit quelquefois un pouvoir moyen dont il faut parler.

[3]À peu près selon le sens qu’on donne à ce nom dans le Parlement d’Angleterre. La ressemblance de ces emplois eût mis en conflit les Consuls et les Tribuns, quand même toute juridiction eût été suspendue. [Note de J.-J. R. 1762.