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Front Page Titles (by Subject) CHAPITRE V.: De l'aristocratie. - The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 2
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CHAPITRE V.: De l’aristocratie. - Jean-Jacques Rousseau, The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 2 [1915]Edition used:The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, ed. from the original manuscripts and authentic editions, with introductions and notes by C. E. Vaughan. (Cambridge University Press, 1915). In 2 vols. Vol. 2.
Part of: The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, 2 vols.About Liberty Fund:Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals. Copyright information:The text is in the public domain. Fair use statement:This material is put online to further the educational goals of Liberty Fund, Inc. Unless otherwise stated in the Copyright Information section above, this material may be used freely for educational and academic purposes. It may not be used in any way for profit.
CHAPITRE V.De l’aristocratie.Nous avons ici deux personnes morales très distinctes, savoir, le Gouvernement et le souverain; et par conséquent deux volontés générales, l’une par rapport à tous les citoyens, l’autre seulement pour les membres de l’administration. Ainsi, bien que le Gouvernement puisse régler sa police intérieure comme il lui plaît, il ne peut jamais parler au peuple qu’au nom du souverain, c’est-à-dire au nom du peuple même: ce qu’il ne faut jamais oublier. Les premières sociétés se gouvernèrent aristocratiquement. Les chefs des familles délibéraient entre eux des affaires publiques. Les jeunes gens cédaient sans peine à l’autorité de l’expérience. De là les noms de prêtres, d’anciens, de sénat, de gérontes. Les sauvages de l’Amérique septentrionale se gouvernent encore ainsi de nos jours, et sont très bien gouvernés. Mais, à mesure que l’inégalité d’institution l’emporta sur l’inégalité naturelle, la richesse ou la puissance2 fut préférée à l’âge, et l’aristocratie devint élective. Enfin la puissance transmise avec les biens du père aux enfants, rendant les familles patriciennes, rendit le Gouvernement héréditaire, et l’on vit des sénateurs de vingt ans. Il y a donc trois sortes d’aristocratie: naturelle, élective, héréditaire. La première ne convient qu’à des peuples simples; la troisième est le pire de tous les Gouvernements. La deuxième est le meilleur; c’est l’aristocratie proprement dite. Outre l’avantage de la distinction des deux pouvoirs, elle a celui du choix de ses membres. Car, dans le Gouvernement populaire, tous les citoyens naissent magistrats; mais celui-ci les borne à un petit nombre, et ils ne le deviennent que par élection1 : moyen par lequel la probité, les lumières, l’expérience, et toutes les autres raisons de préférence et d’estime publique, sont autant de nouveaux garants qu’on sera sagement gouverné. De plus, les assemblées se font plus commodément; les affaires se discutent mieux, s’expédient avec plus d’ordre et de diligence; le crédit de l’État est mieux soutenu chez l’étranger par de vénérables sénateurs que par une multitude inconnue ou méprisée. En un mot, c’est l’ordre le meilleur et le plus naturel que les plus sages gouvernent la multitude, quand on est sûr qu’ils la gouverneront pour son profit, et non pour le leur. Il ne faut point multiplier en vain les ressorts, ni faire avec vingt mille hommes ce que cent hommes choisis peuvent faire encore mieux. Mais il faut remarquer que l’intérêt de corps commence à moins diriger ici la force publique sur la règle de la volonté générale, et qu’une autre pente inévitable enlève aux lois une partie de la puissance executive. À l’égard des convenances particulières, il ne faut ni un État si petit, ni un peuple si simple et si droit, que l’exécution des lois suive immédiatement de la volonté publique, comme dans une bonne démocratie. Il ne faut pas non plus une si grande nation, que les chefs épars pour la gouverner puissent trancher du souverain, chacun dans son département, et commencer par se rendre indépendants pour devenir enfin les maîtres. Mais si l’aristocratie exige quelques vertus de moins que le Gouvernement populaire, elle en exige aussi d’autres qui lui sont propres, comme la modération dans les riches, et le contentement dans les pauvres; car il semble qu’une égalité rigoureuse y serait déplacée; elle ne fut pas même observée à Sparte. Au reste, si cette forme comporte une certaine inégalité de fortune, c’est bien pour qu’en général l’administration des affaires publiques soit confiée à ceux qui peuvent le mieux y donner tout leur temps; mais non pas, comme prétend Aristote, pour que les riches soient toujours préférés1 . Au contraire, il importe qu’un choix opposé apprenne quelquefois au peuple qu’il y a, dans le mérite des hommes, des raisons de préférence plus importantes que la richesse. [2]Il est clair que le mot optimates, chez les anciens, ne veut pas dire les meilleurs, mais les plus puissants. [Note de J.-J. R. 1762.] In MS. Neuchâtel, 7842 (p. 52), is the following addition to this note: ‘Dum pauci potentes dominationes adfectabant, bonique et mali cives adpellati non ob merita in Rempublicam, sed uti quisque locupletissimus et injuria validior, quia præsentia defendebat, pro bono ducebatur.’ Sall. Hist. Fragmenta, lib. I. (ed. Delphin. Paris, 1674, p. 159). This is entered in d’Ivernois’ copy, presented to him by Rousseau and now in the Library at Geneva; but I cannot be quite certain that the entry is in Rousseau’s hand, though I believe so. [1]Il importe beaucoup de régler par des lois la forme de l’élection des magistrats; car, en l’abandonnant à la volonté du prince, on ne peut éviter de tomber dans l’aristocratie héréditaire, comme il est arrivé aux Républiques de Venise et de Berne. Aussi la première est-elle, depuis longtemps, un État dissous; mais la seconde se maintient par l’extrême sagesse de son Sénat: c’est une exception bien honorable et bien dangereuse. [Note de J.-J. R. 1762.] For a less favourable judgment on Berne, see Pologne, chap. XI. p. 478. [1]See Politics, III. x.-xiii.; IV. ix., xi., xii. But Rousseau does not represent Aristotle correctly. Ed. 1762 has les mieux, by a slip. |

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