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Subject Area: Political Theory

CHAPITRE I.: Ce que c’est que le gouvernement d’un état . - Jean-Jacques Rousseau, The Political Writings of Jean Jacques Rousseau vol. 1 [1915]

Edition used:

The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, ed. from the original manuscripts and authentic editions, with introductions and notes by C. E. Vaughan. (Cambridge University Press, 1915). In 2 vols. Vol. 1.

Part of: The Political Writings of Jean Jacques Rousseau, 2 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


CHAPITRE I.

Ceque c’est que le gouvernement d’un état.

J’avertis les lecteurs que ce chapitre demande quelque attention, et que je ne sais pas l’art d’être clair pour qui ne veut pas être attentif.

Toute action libre a deux causes qui concourent à la produire: l’une morale, savoir la volonté qui détermine l’acte; l’autre physique, savoir la puissance qui l’exécute. Quand je marche vers un objet, il faut, premièrement, que j’y veuille aller; en second lieu, que mes pieds m’y portent. Qu’un paralytique veuille courir, qu’un homme agile ne le veuille pas, tous deux resteront en place. Le Corps politique a les mêmes mobiles. On y distingue de même la force et la volonté: celle-ci, sous le nom de puissance législative2 ; l’autre, sous le nom de puissance exécutive. Rien ne s’y fait, ou ne s’y doit faire, sans leur concours.

Nous avons vu que la puissance législative appartient au peuple, et ne peut appartenir qu’à lui. Il est aisé de voir de même que la puissance exécutive ne peut appartenir au peuple. ∗ ∗ ∗

Dela religion civile3 .

Sitôt que les hommes vivent en société, il leur faut une religion qui les y maintienne. Jamais peuple n’a subsisté, ni ne subsistera, sans religion; et si on ne lui en donnait point, de lui-même1 il s’en ferait une, ou serait bientôt détruit. Dans tout État qui peut exiger de ses membres le sacrifice de leur vie, celui qui ne croit point2 de vie à venir est nécessairement un lâche3 , ou un fou. Mais on ne sait que trop à quel point l’espoir de la vie4 à venir peut engager un fanatique à mépriser celle-ci. Ôtez ses visions à ce fanatique, et donnez lui ce même espoir pour prix de la vertu, vous en ferez un vrai citoyen5 .

La religion considérée par rapport à la société peut se diviser en deux espèces: savoir, la religion de l’homme, et celle du citoyen. La première6 , sans temple, sans autels, sans rites7 , bornée au culte purement spirituel du Dieu suprême et aux devoirs éternels de la morale, est la 8 pure et simple394 religion de l’Évangile, ou le vrai théisme. L’autre, renfermée9 pour ainsi dire dans 10 un seul pays396, lui donne ses Dieux propres et tutélaires11 ; elle a ses cérémonies, ses rites, son culte extérieur, prescrit par les lois; hors de la seule nation qui la suit, tout le reste est pour elle infidèle, étranger, barbare; elle n’étend les devoirs et les droits de l’homme qu’aussi loin que ses Dieux et ses lois12 . Telles étaient13 les religions de tous les anciens peuples14 , sans aucune exception15 .

Il y a une troisième sorte de religion, plus bizarre, qui donne aux hommes16 deux chefs, deux lois, deux patries, les soumet à des devoirs contradictoires17 , et les empêche de pouvoir jamais être être à la fois pieux et citoyens. Telle est la religion des Lamas18 , telle est celle des Japonais, tel est le Christianisme romain. On peut appeler19 celle-ci la religion du prêtre.

À considérer politiquement ces trois sortes de religions, elles ont toutes 1 leurs défauts406. La troisième est si évidemment mauvaise, que c’est perdre le temps de s’amuser à le démontrer.

La seconde est bonne en ce qu’elle réunit2 le culte divin et l’amour des lois et que, faisant de la patrie3 l’objet de l’adoration des citoyens, elle leur apprend que servir l’État c’est servir Dieu. C’est une espèce de théocratie, dans laquelle l’État ne doit point avoir4 d’autres prêtres que ses magistrats. Alors, mourir pour son pays, c’est5 aller au martyre; désobéir aux lois, c’est être impie et sacrilége; et 6 soumettre un criminel à l’exécration publique, c’est le dévouer au courroux céleste des Dieux: Sacer estod411.

Mais elle est mauvaise, en ce qu’étant fondée7 sur l’erreur et sur le mensonge elle trompe les hommes, les rend crédules et super-stitieux, et noie le vrai culte de la Divinité dans8 un vain cérémonial. Elle est mauvaise encore, quand, devenant exclusive et tyrannique, elle rend un peuple sanguinaire et intolérant; en sorte qu’il ne respire que meurtre et massacre, et croit faire une action sainte de tuer quiconque n’admet pas ses Dieux et ses lois. 9 n’est pas permis de serrer le nœud d’une société particulière aux dépens du reste du genre humain414.

10 Que si dans le paganisme, où chaque État avait son culte 11 et ses Dieux tutélaires, il n’y avait point de guerres de religion, c’était par cela même que chaque État, ayant son culte particulier aussi bien que son Gouvernement12 , ne distinguait point ses Dieux de ses lois. La guerre, étant purement civile, était tout ce qu’elle pouvait être. Les départements des Dieux étaient, pour ainsi dire, fixés par les bornes des nations. Le Dieu d’un peuple n’avait aucun droit sur un autre peuple. Les Dieux des païens n’étaient point des Dieux jaloux; ils partageaient paisiblement entr’eux l’empire du monde1 , et en suivaient sans souci les partages des mortels; l’obligation d’embrasser une religion ne venait que de celle d’être soumis aux lois qui la prescrivaient. 2 Comme il n’y avait donc point d’autre manière de convertir un peuple que de l’asservir3 , c’eῦt été un discours ridicule de lui dire: adore mes Dieux, ou je t’attaque; l’obligation de 4 changer de culte étant attachée à la victoire421, il fallait commencer par vaincre, avant d’en parler. En un mot, loin que les hommes combattissent pour les Dieux, c’était, comme dans Homère, les Dieux qui combattaient pour les hommes. Les Romains, avant de prendre5 une place, sommaient6 ses Dieux de l’abandonner7 ; et quand ils laissaient aux Tarentins leurs Dieux irrités, c’est qu’ils les regardaient alors8 comme soumis aux leurs et forcés9 à leur faire hommage. Ils laissaient aux vaincus leurs Dieux, comme ils leur laissaient leurs lois. Une couronne d’or au Jupiter du Capitole était souvent le seul tribut qu’ils en10 exigeaient.

Or, si, malgré cette mutuelle tolérance, la superstition païenne11 , au milieu des lettres et de mille vertus, engendra tant de cruautés, je ne vois point qu’il soit possible de séparer ces mêmes cruautés du même zèle et de concilier les droits12 d’une religion nationale avec ceux de l’humanité. Il vaut donc mieux attacher les citoyens à l’État par des liens moins forts et plus doux, et n’avoir ni héros, ni fanatiques.

Reste donc13 la religion de l’homme, ou le Christianisme: non pas celui d’aujourd’hui, mais celui de l’Évangile14 . Par cette religion15 , sainte, sublime, véritable, les hommes, enfants du même Dieu, se reconnaissent tous pour frères; et la société qui les unit est d’autant plus étroite qu’elle ne se dissout pas même à la mort. Cependant, cette même religion, n’ayant 1 nulle relation particulière433 à la constitution de l’État2 , laisse aux lois politiques et civiles la seule force que leur donne le droit naturel, sans leur en ajouter aucune autre; et par là, un des plus grands soutiens de la société reste sans effet dans l’État.

On nous dit qu’un peuple3 de vrais chrétiens formerait la plus parfaite société qu’on puisse imaginer. La plus parfaite, en un sens4 purement moral, cela peut être; mais non pas certainement la plus forte, ni la plus durable. Le peuple serait soumis aux lois, les chefs seraient équitables, les soldats5 mépriseraient la mort: j’en conviens. Mais ce n’est pas là tout.

Le6 Christianisme7 est une religion toute spirituelle, qui détache8 les hommes des choses de la terre. La patrie du chrétien n’est pas de ce monde. Il fait son devoir, il est vrai: mais il le fait avec une profonde indifférence sur le succès des soins qu’il se donne. Peu lui importe que tout aille bien ou mal ici bas9 : si l’État est florissant, il jouit modestement10 de la félicité publique; si l’État dépérit, il bénit la main de Dieu qui s’appesantit sur son peuple. Pour que la société fῦt paisible et que l’harmonie se maintînt, il faudrait que tous les citoyens sans exception fussent également bons chrétiens; mais si malheureusement il s’y trou-vait quelque ambitieux ou quelque hypocrite, un Catilina, par exemple, ou un Cromwell, celui-là très certainement aurait bon marché de ses pieux compatriotes11 . Dès qu’il aurait trouvé par quelque ruse le secret de les tromper et de s’emparer d’une partie de l’autorité publique, aussitôt voilà une puissance. Dieu veut qu’on lui obéisse; c’est la verge dont il punit ses enfants; on se ferait conscience de chasser l’usurpateur; il faudrait verser du sang, user de violence, troubler le repos public. Tout cela ne s’accorde point avec la douceur du chrétien; et après tout, qu’importe qu’on soit libre, ou dans les fers, dans cette vallée de misère? L’essentiel est d’aller en paradis, et la résignation n’est qu’un moyen de plus pour cela. On peut être tout aussi bien sauvé esclave qu’homme libre.

Survient-il quelque guerre étrangère? les citoyens marchent au combat; nul d’eux ne songe à fuir; ils font leur devoir1 , mais ils ont peu de passion pour la victoire; ils savent plutôt mourir que vaincre. Qu’ils soient vainqueurs ou vaincus, qu’importe? La providence sait mieux qu’eux ce qu’il leur faut. Qu’on imagine quel parti un ennemi impétueux2 , actif, passionné3 , peut tirer de leur stoicisme. Mettez vis-à-vis d’eux ces peuples généreux et fiers que dévorait l’ardent amour de la gloire et de la patrie. Supposez votre République chrétienne vis-à-vis de Sparte ou de Rome: les chrétiens seront battus, écrasés, détruits avant d’avoir eu le temps de se reconnaître; ou ne devront leur salut qu’au mépris que leur ennemi concevra pour eux. 4 C’était un beau serment, ce me semble, que celui des soldats de Fabius: ils ne jurèrent pas de vaincre ou de mourir; ils jurèrent de revenir vainqueurs, et ils revinrent tels. Jamais des chrétiens ne s’aviseront5 d’un pareil serment; car ils croiraient tenter Dieu6 .

Mais je me trompe en disant une République chrétienne7 : chacun de ces deux8 mots exclut l’autre. Le Christianisme ne prêche que servitude et dépendance. 9 L’esprit du Christianisme est trop favorable à la tyrannie pour qu’elle n’en profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves10 . Ils le savent et ne s’en émeuvent guère; cette courte vie a trop peu de prix pour eux.

Les troupes chrétiennes sont excellentes11 , me dira-t-on. Je le nie. Qu’on m’en montre de telles. Quant à moi, je ne connais point de troupes chrétiennes1 . On me citera les croisades. Sans disputer sur la valeur des croisés, je me contenterai de remarquer que, bien loin d’être des chrétiens, c’étaient des soldats du prêtre2 ; c’étaient des citoyens de l’Église; ils se battaient pour leur pays spirituel. À le bien prendre3 , ceci rentre dans le paganisme4 . Comme l’Évangile n’est point une religion civile, toute guerre de religion est impossible parmi les chrétiens.

Revenons au droit, et fixons les principes. Le droit 5 que le pacte social donne au souverain sur les sujets ne passe point459, comme je l’ai dit, les bornes de l’utilité publique. 6 Les sujets ne doivent donc compte au souverain de leurs opinions qu’autant que ces opinions importent à la communauté. 7 Or, il importe bien à l’État que chaque citoyen ait une religion; mais les dogmes de cette religion ne lui importent qu’autant qu’ils se rapportent à la morale; tous les autres ne sont point de sa compétence; et chacun peut avoir au surplus telles opinions qu’il lui plaît, sans qu’il appartienne au souverain d’en connaître8 .

9 Il y a des dogmes positifs que le citoyen doit admettre comme avantageux à la société, et des dogmes négatifs qu’il doit rejeter comme nuisibles463.

Ces dogmes divers composent une profession de foi purement civile qu’il appartient à la Loi de prescrire, non pas précisément comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle. Elle ne peut obliger personne à les croire, mais elle peut bannir de l’État quiconque ne les croit pas10 ; elle peut le bannir non comme impie, mais comme insociable; comme incapable d’aimer sincèrement les lois, la justice, la patrie, et d’immoler1 au besoin sa vie à ses devoirs2 .

Tout citoyen doit être tenu de prononcer cette profession de foi par devant le magistrat et d’en reconnaître expressément tous les dogmes. Si quelqu’un3 ne les reconnaît pas, qu’il soit retranché4 de la Cité, mais qu’il emporte paisiblement tous ses biens. Si quelqu’un, après avoir reconnu ces dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu’il soit puni de mort5 . Il a commis le plus grand des crimes: il a menti devant les lois.

Les dogmes de la religion civile seront6 simples et en petit nombre7 ; énoncés avec précision et sans explication ni commentaire. L’existence de la Divinité8 , bienfaisante, puissante, intelligente, prévoyante et pourvoyante; la vie à venir; le bonheur des justes et le châtiment des méchants; la sainteté du Contrat social et des lois: voilà les dogmes positifs9 . Quant aux dogmes négatifs, je les borne à un seul: c’est l’intolérance10 .

Ceux qui distinguent l’intolérance civile et l’intolérance ecclé-siastique se trompent. L’une mène nécessairement à l’autre; ces deux intolérances sont inséparables. Il est impossible de vivre en paix avec des gens qu’on croit damnés. Les aimer, ce serait haïr Dieu qui les punit. Il faut nécessairement qu’on les convertisse, ou qu’on les persécute11 . Un article nécessaire et indispensable dans la profession de foi civile est donc celui-ci: Je ne crois point que personne soit coupable devant Dieu, pour n’avoir pas pensé comme moi sur son culte12 .

Je dirai plus13 : il est impossible que les intolérants, réunis sous les mêmes dogmes, vivront jamais en paix entre eux. Dès qu’ils ont inspection sur la foi les uns des autres1 , ils deviennent tous2 ennemis, alternativement persécutés et persécuteurs, chacun sur tous et tous sur chacun. L’intolérant est l’homme de Hobbes; l’intolérance est la guerre de l’humanité. 3 La société des intolérants est semblable à celle des démons; ils ne s’accordent que pour se tourmenter. Les horreurs4 de l’inquisition n’ont jamais régné que dans les pays où tout le monde était intolérant5 ; dans ces pays, il ne tient qu’à la fortune que les victimes ne soient les bourreaux.

6 Il faut penser comme moi pour être sauvé: voilà7 le dogme affreux8 qui désole la terre. Vous n’aurez jamais rien fait pour la paix publique si vous n’ôtez de la Cité ce dogme infernal. Qui-conque ne le trouve pas exécrable ne peut être ni chrétien, ni citoyen, ni homme; c’est un monstre qu’il faut immoler au repos du genre humain.

9 Cette profession de foi une fois établie, qu’elle se renouvelle tous les ans avec solennité, et que cette solennité10 soit accompagnée d’un culte auguste11 et simple dont les magistrats soient seuls les ministres12 et qui réchauffe dans les cœurs l’amour de la patrie489. Voilà tout ce qui est permis au souverain de prescrire quant à la religion. Qu’au surplus on laisse introduire toutes les opinions qui ne sont point contraires à la profession de foi civile, tous les cultes qui peuvent compatir avec le culte public; et qu’on ne craigne ni disputes de religion, ni guerres sacrées! Personne ne s’avisera de subtiliser sur les dogmes, quand on aura si peu d’intérêt à les discuter. 1 Nul apôtre ou missionnaire n’aura droit de venir taxer d’erreur une religion, qui sert de base à toutes les religions du monde et qui n’en condamne aucune. Et si quelqu’un vient prêcher son horrible intolérance2 , il sera puni sans disputer contre lui. On le punira3 comme séditieux et rebelle aux lois, sauf à aller, s’il lui plaît, narrer son martyre dans son pays. Ainsi l’on réunira les avantages de la religion de l’homme et de celle du citoyen. l’État aura son culte et ne sera ennemi de celui d’aucune autre4 . Les lois divine et humaine se réunissant toujours sur le même objet, les plus pieux théistes seront5 aussi les plus zélés citoyens, et la défense des saintes lois sera la gloire du Dieu des hommes6 .

7 Maintenant qu’il n’y a plus, et qu’il ne peut plus y avoir, de religion nationale exclusive, on doit tolérer toutes celles qui tolèrent les autres, pourvu que leurs dogmes n’ayent8 rien de contraire aux devoirs du citoyen. 9 Mais quiconque dit: Hors de l’Église, point de salut, doit être chassé de l’État, à moins que l’État ne soit l’Église498. Ce dogme intolérant ne doit être admis que dans un Gouvernement théocratique; dans tout autre il est absurde et pernicieux10 .

Il est clair que l’acte civil doit avoir tous les effets civils, comme l’état 1 et le nom500 des enfants, la succession des biens, etc. Les effets du sacrement doivent être purement spirituels. Or, point du tout: ils ont tellement confondu tout cela que l’état des citoyens et la succession des biens dépendent uniquement des prêtres. Il dépend absolument du clergé qu’il ne naisse pas dans tout le royaume de France un seul enfant légitime, 2 qu’aucun citoyen n’ait droit au bien de son père501, et que dans trente ans d’ici la France entière3 ne soit peuplée que de bâtards. Tant que les fonctions des prêtres auront des effets civils, les prêtres seront les vrais magistrats4 . Les assemblées du clergé de France sont, à mes yeux, les vrais États de la nation5

Je ne vois pas pourquoi le clergé de France n’étendrait pas à tous les citoyens, quand il lui plaira, le droit6 dont il use7 actuellement sur les Protestants français8 . 9 L’expérience ayant fait sentir à quel point la révocation de l’Édit de Nantes avait affaibli la monarchie, on a voulu retenir dans le Royaume, avec les débris10 de la secte persécutée, la seule pépinière de sujets qui lui reste. 11 Depuis lors12 , ces infortunés, réduits à la plus horrible situation où jamais peuple se soit vu depuis que le monde existe, ne peuvent ni rester ni fuir. 13 Il leur est permis d’être ni étrangers, ni citoyens, ni hommes. Les droits même de la nature leur sont ôtés; 14 le mariage leur est interdit; et depouillés à la fois de la patrie, de la famille et des biens, ils sont réduits à l’état des bêtes15 .

Voyez16 comment ce traitement17 inouï suit d’une chaîne de principes mal entendus. Les lois du Royaume ont prescrit les formes solennelles que doivent avoir les mariages légitimes; et cela est très bien. Mais elles ont attribué au clergé l’administration de ces formes, et les ont confondues avec le prétendu sacrement. Le clergé, de son côté, refuse d’administrer le sacrement à qui n’est pas enfant de l’Église, et l’on ne saurait taxer le refus d’injustice. Le Protestant done ne peut pas se marier selon les formes prescrites par les lois, sans renoncer à sa religion; et le magistrat ne reconnaît de mariages légitimes que ceux qui sont faits selon les formes prescrites par les lois. Ainsi l’on tolère et l’on proscrit à la fois le peuple protestant: on veut à la fois qu’il vive et qu’il meure1 . Le malheureux a beau se marier, et respecter dans sa misère la pureté du lien qu’il a formé; il se voit condamné par les magistrats; il voit dépouiller sa famille de ses biens, traiter sa femme en concubine et ses enfants en bâtards; le tout, comme vous voyez, juridiquement et conséquemment aux lois.

Cette situation est unique, et je me hâte de poser la plume, de peur de céder au cri de la nature, qui s’élève et gémit devant son auteur.

[The remainder of the text is made up of Fragments.]

2 L’expérience apprend que, de toutes les sectes du Christianisme, la protestante, comme la plus sage et la plus douce, est aussi la plus pacifique et la plus sociale. C’est la seule où les lois puissent garder leur empire, et les chefs3 leur autorité.

4 Mais il est clair que ce prétendu droit de tuer les vaincus ne résulte en aucune manière de l’état de guerre. La guerre n’est point une relation entre les hommes5 , mais entre les Puissances6 , dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu’accidentellement7 , et moins comme citoyens que comme soldats. 8 l’étranger qui vole, pille et détient les sujets, sans déclarer la guerre au prince, n’est pas un ennemi, c’est un brigand524. Et même en pleine guerre, un prince juste1 s’empare en pays ennemi de tout ce qui appartient au public2 , mais il respecte la personne et les biens des particuliers; il respecte les droits sur lesquels est fondé son propre pouvoir. La fin de la guerre est la destruction de l’État ennemi; on a droit d’en tuer les défenseurs, tant qu’ils ont les armes à la main. Mais, sitôt qu’ils les posent et se rendent, ils cessent3 d’être ennemis, ou plutôt instruments de l’ennemi; et l’on n’a plus droit sur leur vie. On peut4 tuer l’État sans tuer5 un seul de ses membres. Or la guerre ne donne6 aucun droit qui ne soit nécessaire à sa fin.

Le Pape est le vrai roi des rois 7 dans l’Église romaine. Toute la division des peuples en États et Gouvernements n’est qu’apparente et illusoire. Dans le fond, il n’y a qu’un État dans l’Église romaine. Les vrais magistrats sont les Évêques; le clergé est le souverain; les citoyens sont les prêtres: les laïques ne sont rien du tout8 . Il doit... (broken off).

On verso of p. 1, the following:

Les signes moraux sont incertains, difficiles à soumettre au calcul.

La sῦreté, la tranquillité, la liberté même.

Plusieurs peuples au milieu des guerres et des dissensions intestines ne laissent pas de multiplier extrêmement. Dans d’autres Gouvernements, au contraire, la paix même est dévorante et consume les citoyens.

Dans un État libre, les hommes, souvent rassemblés entr’eux, vivent peu avec les femmes.

Les lois de Sparte, au lieu d’assurer la propriété, la détruisent. Où les lois étaient les moeurs, les mœurs devenaient des lois9

APPENDIX I

A Replyto criticisms on theDiscourssur l’inégalité.

In MS. Neuchâtel 7872 is a folio sheet, folded as quarto and written on all four sides. It contains the criticisms of a naturalist (unnamed) upon the biological arguments of the Discours sur l’inégalité, with Rousseau’s answers subjoined in autograph.

(a) Criticism on Note (d). Il est vrai que la terre abandonnée à elle-même est très fertile: mais qu’en conclure? Il n’en est point moins certain que l’homme, s’il était frugivore et errant, mourrait de faim pendant cinq ou six mois de l’année. Les fruits farineux, comme le gland, la châtaigne etc., sont ceux qui se conservent le plus longtemps. Mais tout cela est pourri ou germé au mois d’avril, à moins qu’on n’en ait eu un grand soin. Alors, il faudrait admettre des amas et une habitation fixe. Il n’y a d’animaux uniquement frugivores que ceux qui peuvent paître et se nourrir de boutons ou d’écorce d’arbre. Les sangliers, qui vivent ordinairement des racines etc., sont contraints au printemps de dévorer de jeunes animaux, lapins etc. Il faut convenir que nous ressemblons aux sangliers à beaucoup d’égards.

Rousseau’s rejoinder. Je ne sais qu’il en est de cette ressemblance; et je ne sais pas non plus pourquoi l’homme, faute de fruits, ne brouterait pas l’herbe, les bourgeons, et ne se servirait pas de ses mains ou de ses griffes pour déterrer des racines, comme ont fait souvent même plusieurs des nôtres dans des lieux déserts. De plus, on me cite toujours les longs hivers: et l’on ne veut pas faire attention que, pour plus de la moitié de la terre, il n’y a presque point d’hiver; que les arbres ne se dé-pouillent point, et qu’il y a des fruits toute l’année. Les raisons qu’on m’oppose sont toujours tirées de Paris, de Londres, ou de quelque autre petit coin du monde. Je tâche de ne tirer les miennes que du monde même.

(b) Criticism on Note (h). Les lièvres, les lapins et beaucoup d’autres animaux frugivores font jusqu’à sept ou huit petits; et les carnassiers qui les mangent, comme belettes etc., n’en font pas davantage. Parmi les oiseaux, les perdrix en font beaucoup plus que les éperviers. Le crapaud-volant, qui ne vit que de mouches et ne mange aucune graine, ne fait que deux petits, comme la tourterelle. Il n’est pas vrai qu’il faille plus de temps aux frugivores qu’aux carnassiers pour chercher leur nourriture. Les bêtes sauvages qui paissent sortent pour la plupart tous les soirs à la même heure, et rentrent avant le jour. Les bêtes carnassières emploient le même temps à chercher, mais la chasse est journalière. Quelquefois c’est l’affaire d’un instant; plus souvent c’est celle de toute la nuit. On s’assure aisément de tout le chemin qu’un loup a été obligé de faire. Il arrive même que le jour les surprend encore à jeun; c’est dans ce cas-là que les loups attaquent les enfants. Ce n’est donc pas la facilité de vivre qui détermine le nombre d’enfants. On suppose toujours que tout est bien réglé dans la nature. Assurez-vous des faits, et vous verrez peut-être que tout n’est pas bien réglé.

Rousseau’s rejoinder. La difficulté qu’ont les bêtes carnassières de trouver leur proie dans les pays défrichés et cultivés par les hommes ne serait peut-être pas la même, si toute la terre était en friche. Il est certain que vous pouvez mettre un chat ou un loup dans cette position que le soin de sa nourriture ne lui coῦtera pas vingt minutes dans les six heures. Mais quel-que supposition que vous fassiez, il faudra toujours qu’un cheval ou un bœuf emploient plusieurs heures à paitre. Ainsi le désavantage en général sera toujours pour ceux-ci. Au reste, quelque observation qu’on puisse faire sur les faits particuliers, la preuve que tout est bien réglé se tire d’un fait général et incontestable: c’est que toutes les espèces subsistent. Mais je comprends que nous pouvons souvent nous tromper, et moi surtout, sur le choix et l’application des règles.

(c) Criticism on Note (l). Le fait que cite M. Locke est vrai, et on ne peut pas le lui contester. La société entre le mâle et la femelle du loup subsiste d’une manière très constante, jusqu’à ce que les petits n’aient plus besoin de secours. ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ Il ne paraît pas que tous ces détails de mœurs aient aucune relation avec la manière de se nourrir.

On this Rousseau makes no comment.

[It may be noted that the quotations from the Histoire des voyages in Notes (f) (‘Les Hottentots entendent mieux...une main invisible’), (j) (‘On trouve dans le royaume de Congo...des femmes sauvages’) and (p) (‘Tous les efforts...on ne le revit au Cap’) are to be found copied out in MS. Neuchâtel 7842. See above, pp. 200—1, 208—9, 219.]

APPENDIX II

Contentsof MS. Neuchâtel, 7840.

lf0065-01_figure_003 lf0065-01_figure_004 lf0065-01_figure_005

[From the above it will be seen that the earliest dateable entry in this MS. is the Rough Draft of the Économie politique, which cannot have been written later than the first half of 1755 (seeing that the Volume of the Encyclopédie, in which it was published, appeared in November of that year) and which may go back to the latter part of 1754. The Fragment of the Lettre à Philopolis must have been written in October or November, 1755 (see above, pp. 221, 227). The entry concerning the writings of Saint-Pierre was probably made in 1754 or 1755 (see above, p. 360). The earliest dated washing-bill is that of Oct. 1757. The latest entry is probably either the Rough Draft of Lettres de la Montagne (1764; see Vol. II. p. 173); or, more probably, the list of addresses (p. 59 v°), which includes that of Boswell, hardly to be dated earlier than December, 1764 (see Vol. II. p. 293).]

END OF VOLUME I.

[2]Je dis exécutive et législative, non exécutrice ni législatrice, par ce que je prends ces deux mots adjectivement. En général, je ne fais pas grand cas de toutes ces vétilles de grammaire: mais je crois que dans les écrits didactiques on doit souvent avoir moins d’égards à l’usage qu’à l’analogie, quand elle rend le sens plus exact [discours plus clair]. [Note de J.-J. R.]

[3]The following is written on verso of pp. 46—51 (also on the margin, side and bottom, of p. 51 r°), hurriedly and with many corrections. It is the rough draft of the closing chapter of the Contrat social (IV. viii.).

[1]D. B. omits de lui-même.

[2][pas l’immortalité de l’âme.]

[3][mauvais citoyen.]

[4][du bonheur.]

[5][le plus grand [v.l. vertueux] des hommes.] It is possible that vrai is cancelled. D. B. omits it.

[6][bornée aux lois.]

[7][cérémonies.]

[8]Added.

[9][circonscrite.]

[10][la patrie.]

[11][y borne, pour ainsi dire, son culte à ses Dieux tutélaires et ses devoirs à ses concitoyens.]

[12][elle restreint à un peuple particulier les devoirs qu’elle impose; elle fait que chaque nation regarde tous les autres comme infidèles; hors de la seule nation qui la suit, tout le reste est pour elle infidèle, étranger: celle-ci fut la Religion et donne à ce peuple et à ses lois de quelque origine; elle fait que chaque nation regarde toutes les autres comme infidèles, n’a pas de frères, ne re...et ne connaît aucun devoir; tout ce qui ne reconnaît pas ses Dieux et ses lois est infidèle.]

[13][la plupart des.]

[14][du paganisme et celle du peuple juif.] D. B. omits peuples.

[15]sans aucune exception, added.

[16][citoyens.]

[17][qu’il leur est impossible de concilier.]

[18][catholique.]

[19][j’appellerai.]

[1]or bien de fautes.

[2][sur les mêmes points.]

[3][donnant à la patrie, pour ainsi dire.]

[4][Dans cette religion l’État ne doit point avoir.]

[5][pour eux.]

[6][il n’y a que dans un tel État que la malédiction des Dieux peut être imposée pour peine aux criminels. Sacer estod: disaient les lois romains. C’est une (sic) beau mot que ce sacer estod.]

[7][à fond.]

[8][de vains rites qui ne peuvent honorer Dieu; les attacher à la patrie, mais.]

[9][Il faut bien serrer le nœud social, mais non pas aux dépens du reste des hommes.]

[10][Si chaque État était, pour ainsi dire.] D. B. inserts l’on demande comment, after si; and je réponds que, before c’était par cela; in both cases, against the MS.

[11][son culte et sa religion particulière.]

[12][ayant ses Dieux et sa religion, combattait pour ses Dieux en combattant pour ses lois.]

[1][et ne le disputaient que quand il plaisait aux mortels.] D. B. omits the clause ‘et en suivaient...des mortels.’

[2][Loin que les hommes combattissent pour les Dieux, c’étaient, comme dans Homère, les Dieux qui combattaient pour les hommes.]

[3][le conquérir.]

[4][servir les Dieux des vainqueurs ne venant que de la victoire.]

[5][en attaquant.]

[6][priaient.]

[7][la quitter.]

[8][Ces Dieux.]

[9][pour ainsi dire.]

[10]D. B. omits on.

[11]Three or four words illegible before or after this.

[12][de l’humanité avec ceux d’une religion nationale.]

[13]D. B. omits donc.

[14][qui est un peu différent.]

[15][la seule.]

[1][pas une force [parti—broken off] exclusive et particulière, relative.]

[2][cette même religion ne donne aucune force nouvelle au Contrat social et laisse, etc.]

[3][une société.]

[4][en un certain sens.]

[5][les soldats, chacun toujours prêt à mourir pour son devoir, feraient.]

[6]Written at top of p. 48 v°: La religion n’empêche pas les scélérats de commettre des crimes, mais elle empêche beaucoup de gens de devenir des scélérats: and, detached: On eῦt eu bien de la peine à donner aux anciens l’idée de ces hommes brouillons et séditieux qu’on appelle missionnaires.

[7][n’inspire qu’indifférence pour les (broken off).]

[8][Le Christianisme déjà détache trop les hommes des soins terrestres pour les rendre fort attentifs à ce qui s’y passe.]

[9][pourvu que lui personnellement fasse son devoir, peu lui importe, au surplus, que tout aille, etc.]

[10][modérément.]

[11][concitoyens.]

[1][ils sont braves mais.]

[2][ardent.]

[3][et déterminé à vaincre ou mourir.]

[4]Added as afterthought, in very black ink.

[5]or s’aviseraient.

[6]Written at bottom of p. 49 r°: Sous les empereurs païens, les soldats chrétiens étaient braves: je le crois bien. C’était une espèce de guerre d’honneur entre eux et les troupes païennes. Sitôt que les empereurs furent chrétiens, cette émulation ne subsista plus, et leurs troupes ne firent plus rien qui vaille. Ce n’était pas tant, alors, une affaire de religion qu’une espèce.... The last sentence is written on the left margin of the same page. D. B. omits je le crois bien; and reads ne furent plus rien, omitting qui vaille.

[7][il est impossible qu’il y en ait de telle.]

[8][excellents.]

[9][il est [sa doctrine est].]

[10][dans ce monde.]

[11][braves.]

[1][Je ne connais pas même de chrétiens en Europe. S’il y en a, j’ignore où ils sont.]

[2][pape.]

[3]D. B. reads À le comprendre.

[4][C’est la religion du prêtre.]

[5][Nous avons dit que ce que chacun aliène donne, etc.]

[6][Le souverain n’est [n’a] (broken off).]

[7][ce qui se rapporte (broken off).]

[8][de s’en mêler.]

[9][Il y a donc une Religion purement civile: c’est à dire, dont les dogmes, uniquement relatifs à la morale, donnent une nouvelle force aux lois. Cette Religion consiste en dogmes positifs et en dogmes négatifs: c’est à dire, en dogmes que le citoyen doit admettre comme avantageux à la société, et d’autres [négatifs] qu’il doit rejeter comme nuisibles. D’où il suit qu’on doit établir dans l’État.]

[10][parce qu’alors il est impossible.]

[1][de vouloir mourir pour.] D. B. inserts et before la patrie.

[2][au devoir et à la vertu.]

[3][quiconque.]

[4][il ne doit point être puni.]

[5][il doit être puni de mort.]

[6][sont.]

[7][Les dogmes positifs, l’existence de la Divinité, etc.]

[8][sa toute puissance, sa justice, sa providence, la vie à venir, les punitions.]

[9][le sommaire des dogmes positifs.]

[10][Mais il faut expliquer ce mot.]

[11][L’intolérance n’est donc pas dans ce dogme: il faut contraindre ou punir les incrédules; elle est dans cet autre: Hors de l’Église, point de salut. Quiconque damne ainsi libéralement son frère au diable dans l’autre monde ne se fera jamais un grand scrupule de le tourmenter dans celui-ci.]

[12][je ne crois point que Dieu punisse personne dans l’autre vie, pour n’avoir pas pensé comme moi dans celle-ci.]

[13][Il y a plus; c’est qu’il est impossible, etc.] D. B. reads Je dirai qu’il est impossible.

[1][la religion sert [ils feront servir la religion d’] d’instrument à leurs passions.]

[2][réciproquement.]

[3][Il n’y a pas plus (broken off).]

[4]D. B. reads hommes; he may possibly be right.

[5][l’intolérance était la plus universelle.]

[6][Ne souffrez donc jamais dans l’État aucun homme.] [Quiconque ne pense pas comme moi ne peut être sauvé.]

[7][voici.] D. B. reads dévore la terre; he may possibly be right.

[8][négatif qu’il faut rejeter. Quiconque ne trouve pas ce dogme exécrable, les guerres de religion, les discordes civiles, tout qui porte le fer et le feu dans les États, qui arme les pères et les enfants les uns contre les autres devrait s’ôter de la Cité.]

[9][Telle est la [véritable] religion civile qui donne aux lois la sanction intérieure de la conscience et du droit divin, qui attache les citoyens à leurs devoirs plus qu’à leur vie, qui n’a pas besoin de les tromper pour leur faire aimer la patrie, ni de les détacher de la terre.]

[10][ce renouvellement.]

[11][touchant.]

[12][et qui ramène les cœurs [les âmes] pieux à l’amour de la patrie.]

[1][Tout apôtre sera (broken off)—tout missionnaire sera puni du dernier supplice, non comme un fourbe ou un faux prophète, mais comme un séditieux et un perturbateur de la société.] With this attack upon the missionaries, compare Bayle, Ce que c’est que la France toute catholique (ed. Rotterdam, Vol. I. pp. 66—72).

[2][ses dogmes comme nécessaires à croire.]

[3][qu’il soit puni. v.l. mis à mort.] D. B. omits On le punira, and sauf à aller...son pays.

[4][Le citoyen mourant pour sa patrie mourra pour sa religion.]

[5][ne seront point indifférents pour le bien public, et le meilleur chrétien sera le plus zélé citoyen.] It is not absolutely certain that this is cancelled.

[6][le bien public et la gloire de Dieu (la liberté publique).]

[Quand je ne ferais pas ici la meilleure police religieuse, elle est la seule que le souverain peut prescrire; [tout le reste], il ne peut aller plus loin sans usurper un droit qu’il n’a pas.]

[7]This paragraph (in different ink) was probably meant for the close of the chapter; the next two (MS. p. 51, r° and v°) for a note.

[8][ne faisent point (unfinished).]

[9][Mais l’intolérance ne convient qu’à la théocratie; dans tout autre Gouvernement, ce dogme est pernicieux. Tout homme qui dit Hors de l’Église, point de salut, est nécessairement un mauvais citoyen et doit être chassé de l’État, à moins que l’État ne soit l’Église et que le Prince ne soit le Pontife.] This on lower margin of p. 51 (recto). [Le dogme de l’intolérance.]

[10][il ôte le glaive au Prince, pour le donner au prêtre.] D. B. has Le dogme.

[1]Added.

[2]Added.

[3]Added.

[4][D’où je conclus que.]

[5][et que les Parlements ne sont que des magistrats subalternes.]

[On voit de ceci un exemple bien remarquable dans la conduite qu’on tient avec les Protestants du Royaume.] [Voulez-vous de ceci un exemple attesté [authentique] mais presque incroyable? Vous n’avez qu’à considérer la conduite. On s’est aperçu [v.l. senti] ce qu’on aurait...(unfinished).]

[6][pouvoir.]

[7][exerce.]

[8][du royaume.]

[9][Depuis la ré (broken) de N. il semble que le plus simple bon sens aurait annoncé [a dῦ faire prévoir] le tort.] N.= l’édit de Nantes.

[10][restes des protestants.]

[11][Le Gouvernement a donc se trouvé (sic) dans la plus horrible, etc.]

[12][ce temps.]

[13][Le plus saint des droits.] D. B. inserts ne between Il and leur est permis.

[14][le seul qu’on les prive—du seul.] D. B. omits leur before est interdit.

[15][et c’est fait dans ce siècle de lumières et d’humanité.]

[16][Voici comment.]

[17][si peu compatible avec l’humanité.]

[1][Les Protestants français se marient pourtant, parce que le droit de la nature est le (broken off); mais ils voient enlever leurs biens à leurs familles. Cette situation est unique.]

[2]At bottom of p. 51 (verso).

[3][magistrats.]

[4]This Fragment (p. 72 v°) is a variant on C. S. I. iv. Compare also l’état de guerre.

[5][d’homme à homme.]

[6][qui a pour fin la destruction de l’État ennemi et.]

[7][et autant qu’ils prennent les armes comme soldats.]

[8][Ceux qui volent...ne sont pas des ennemis, ce sont des brigands.]

[1][on.]

[2][prince.]

[3][ne sont plus ennemis, ils sont hommes.]

[4][pour ainsi dire.]

[5][qu’il coutât la vie à.]

[6][peut donner.]

[7]D. B. omits dans l’Église romaine.

[8][D’où il suit que la division des États et des Gouvernements catholiques n’est qu’apparente et illusoire.]

[9][devaient être des lois.] The last two Fragments are written on r° of p. 47.