Econlib

The Library

Other Sites

Front Page arrow Titles (by Subject) arrow CHAPITRE V: DES NOTIONS ABSTRAITES - The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I

Return to Title Page for The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I

Search this Title:

Also in the Library:

Subject Area: Political Theory
Collection: The Collected Works of John Stuart Mill

CHAPITRE V: DES NOTIONS ABSTRAITES - John Stuart Mill, The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I [1820]

Edition used:

The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I, ed. John M. Robson (Toronto: University of Toronto Press, London: Routledge and Kegan Paul, 1988).

Part of: Collected Works of John Stuart Mill, in 33 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


CHAPITRE V

DES NOTIONS ABSTRAITES

Définition des notions abstraites.en comparant les objets entr’eux, nous apercevons des qualités communes, qui les rapprochent les uns des autres, et des qualités particulières qui les distinguent entr’eux. Si les ressemblances sont un peu saîllantes, nous pouvons envisager les objets sans avoir égard aux différences, nous pouvons même leur donner un nom, qui sera partagé par tous les objets doués de ces propriétés communes. L’idée générale, s’il ést permis de le dire, que nous formons ainsi de l’ensemble de tous ces objets, ést appelée une idée, ou plus souvent une notion, abstraite: et l’on nomme abstraction, l’opération de l’esprit par laquelle on considère les ressemblances, sans avoir égard aux différences. Pour prendre un exemple, à la portée de tout le monde;—un maronnier, un pommier, un cerisier, etc. se ressemblent à bien des égards: ils ont tous une racine, qui leur sert à pomper la nourriture du sein de la terre; ils ont tous un tronc assez épais, qui se divise en plusieurs branches, dont chacune porte un grand nombre de feuilles; ils ont tous des fleurs, ces fleurs se changent en fruit, etc. Nous fesons abstraction des petites différences dans la couleur des fleurs, dans la forme et dans la qualité des fruits, etc. et ne regardant ces objets que par rapport à leurs ressemblances, nous nous fesons l’idée abstraite d’arbre.

Notions abstraites des différens dégrés.On peut encore comparer les idées abstraites entr’elles, en rejetant leurs différences, et en ne considerant que leurs points de ressemblance. On forme ainsi des idées plus abstraites encore. On peut en user de même avec les idées intellectuelles: et en comparant celles-ci aux idées sensibles, on trouve qu’elles se ressemblent en une seule chose—en existence: delà on tire l’idée d’être—c’ést le plus haut dégré d’abstraction.—Ce qui prouve que nous tirons réellement les notions abstraites de la comparaison des objets, c’ést que les enfans en bas âge n’ont pas de ces notions. Ils comprennent très bien ce que veulent dire quatre pommes: mais si vous leur parlez de quatre dans l’abstrait ils ne vous comprennent pas. Ce n’ést que par l’habitude que nous parvenons à séparer l’idée du nombre de l’idée des objets sensibles.

Une autre espèce d’abstraction ést cette operation de l’esprit par laquelle nous séparons d’un objet quelqu’une de ses propriétés pour la considérer à part.

Des termes généraux.Les termes qui expriment les idées abstraites sont appelés termes généraux, pour les opposer aux noms propres, qui désignent les objets particuliers. Ils sont de la plus grande utilité dans la science: par leur moyen on se dispense d’étudier tous les individus,—travail dont on ne se tirerait jamais: On les connaîtra tous jusqu’à un certain point, lorsque on aura étudié, sur un certain nombre d’individus, les qualités communes à toute une classe: Le botaniste, par exemple, au lieu d’étudier tous les chênes, étudiera sur un seul, les propriétés communes à tous. Mais l’art d’abstraire, comme toutes les autres facultés de l’esprit, ést susceptible d’abus. On s’en sert par paresse, pour s’épargner le travail d’étudier le nombre nécessaire d’individus: à peine a-t-on observé un petit nombre de cas particuliers, qu’on généralise ces cas, et qu’on batisse un système sur un si petit fondement. Delà tant de sectes philosophiques, tant de systèmes différens dans presque toutes les sciences.—Les enfans en bas âge sont très portés à généraliser: souvent ils généralisent trop, et s’apercevant qu’ils se sont trompés, ils donnent, peu à peu, à leurs propositions, les modifications nécéssaires. Je suppose, par exemple, qu’une nourrice étant à la fénêtre avec un enfant, voie passer un cheval: elle prononce le mot cheval. Il en passe un autre, d’une taîlle et d’une couleur différente, elle répète le nom, et l’enfant, à la fin, apprend à le prononcer. Un âne passe: l’enfant s’écrie cheval: c’ést alors qu’on lui fait entendre que ce ne sont pas tous les animaux à quatre pieds, à queue longue, etc. qui soient des chevaux. Ce que font les enfans dans les choses ordinaires de la vie, nous le fesons quand nous voulons faire des découvertes nouvelles: et c’ést par cette espèce de tâtonnement que s’avancent les sciences.

L’abstraction n’ést point particulière à l’homme.L’art d’abstraire ést-il particulier à l’homme? Si l’on donne aux animaux la faculté de penser (ce qu’on ne peut guère leur réfuser, à moins qu’on ne pense avec Descartes que ce sont de pures machines,)1 je crois qu’on ne peut guère nier qu’ils ne possèdent la faculté d’abstraire. Quiconque a jamais observé les animaux avec attention, admettra qu’ils possèdent cette faculté, quoiqu’à un moindre dégré que les hommes. Jetez pour la première fois un morceau de merlane à un chat, il s’y approchera, le regardera pendant quelque tems, le goûtera pour savoir s’il ést bon, et enfin le mangera: maintenant donnez-lui en un autre, et il se jètera dessus avec avidité. Il faut donc qu’il ait fait abstraction des petites différences entre les deux morceaux, et qu’il ait formé une idée abstraite de merlane. Les chats aiment ordinairement mieux le poisson que la viande: il faut donc qu’ils aient une idée abstraite de poisson, car si vous leur jetez un morceau d’un poisson dont ils n’ont jamais gouté, ils le préfereront à la viande. Si vous jetez à un chien, un morceau de viande qui ést trop chaud, il attendra pour le manger qu’il soit refroidi. Il a donc séparé dans son esprit l’idée de la chaleur de celle de l’objet.—Il parâit que les animaux ont non seulement des idées abstraites d’objets sensibles, mais qu’ils ont aussi des idées intellectuelles, et même morales. Tout le monde connaît l’histoire du lion qui défendit son bienfaiteur.2 Un autre exemple non moins frappant ést celui du chat d’une pension, qui était accoutumé à venir dîner tous les jours au son d’une cloche: ce chat devint sourd, et n’entendit plus la cloche: voici alors la manière dont il s’y prit: lorsque sa faim le prevenait de l’approche de l’heure du dîner, il se mettait dans la cour, et quand il voyait remuer la cloche, il se rendait sur le champ au réfectoire.

Etendue et comprehension d’une idée abstraite.On peut envisager une notion abstraite de deux manières: ou par rapport à son étendue, ou bien à sa comprehension. Elle contient des objects: elle comprend les qualités, qui étant communes à tous ces objets, sont exprimées par le terme général. Une idée donc ést plus étendue qu’une autre, si elle contient tous les objets contenus dans celle-ci, et quelque chose de plus: elle a plus de comprehension, s’il faut qu’un objet ait plus de propriétés pour y être contenu. Plus une idée a d’étendue, et moins elle a de comprehension. L’idée d’arbre, par exemple, ést plus étendue que celle de chêne, car non seulement tous les chênes sont arbres, mais aussi les ormes, les peupliers, etc. Mais l’idée de chêne a plus de comprehension que celle d’arbre, car pour être chêne, il ne suffit pas d’être arbre, il faut encore quelque chose de plus.

Des idées de genre et d’espèce.Une idée qui contient d’autres idees abstraites ést dite de genre:—ainsi l’idée d’arbre est de genre, car elle contient les notions abstraites de chêne, de peuplier, de maronnier, etc. Ces dernières sont des idées d’espèce, contenues dans le genre. La plupart des notions abstraites peuvent être en même tems des idées de genre, par rapport à d’autres idées d’une moindre étendue, et d’espèce par rapport à celles d’une étendue plus grande. L’idée d’être ést la seule qui ne puisse jamais devenir espèce, parcequ’il n’y a point d’idée plus étendue que celle-là. Les anciens métaphysiciens l’appelaient genus generalissimum.3 Les espèces qui n’ont au dessous d’elles que des individus, comme le cercle, ne peuvent jamais devenir idées de genre: Ce sont les species infimae ou specialissimae des Scholastiques. Il ést aisé de voir que le nombre de celles-ci n’ést pas susceptible de limitation.

Les termes généraux expriment-ils ou non des choses réelles?Nous venons de voir que les termes généraux expriment un certain nombre d’objets. Ils n’expriment aucun de ces objets en particulier, mais bien tous en général. Ils ne sont que l’expression de notre manière d’envisager les choses: cependant on les a souvent confondu avec les choses elles-mêmes. Cette question, Les termes généraux expriment-ils ou n’expriment-ils pas des choses reelles? a été le sujet de beaucoup de disputes, qui ont même failli ensanglanter l’Europe. Les scholastiques était divisés entre les réalistes et les nominaux: Dunscotus, plus connu par le nom de Scot, était le chef des réalistes, Aquinas celui des nominaux.4 Dans ce tems-là chaque métaphysicien se donnait quelque titre expressif de la force de ses argumens: il y avait des docteurs invincibles, inexpugnables, etc. Aquinas prit le titre de Docteur irrefragable,5 Scot celui de subtil. Les nominaux affirmaient que les termes généraux n’étaient que des mots, qui ne se rapportaient à aucun objet réel. Les réalistes croyaient au contraire que les noms généraux exprimaient des essences universelles: que le mot orange exprimait par exemple non pas telle ou telle orange, mais bien une orange universelle, qui était le modèle de toutes. Cette dispute durerait peut être encore si Descartes n’avait fait justice à toutes ces subtilités.6 Ce qui trompa les réalistes, c’ést que nous donnons un nom à chaque chose, d’où ils ont tiré la conclusion que chaque nom exprime une chose. Il ést très évident qu’il n’y a point de chose universelle: les noms seuls peuvent l’être. Qu’expriment donc les termes généraux? Tout bonnement une groupe d’objets qui se ressemblent tous à certains égards.

De la substance et de ses modes.Les objets sensibles ne peuvent nous être connus que par leurs propriétés. Il y a pourtant des objets qui peuvent être privés de quelques-unes de leurs propriétés, sans cesser d’être ce qu’ils sont, en autres mots, sans que nous leur réfusions le nom que nous leur accordions auparavant. C’ést pourquoi les Scholastiques ont imaginé un soutien ou support, revêtu de propriétés, qu’ils appelaient substance, en donnant aux propriétés le nom de modes. Ils disaient que si nous pouvions dépouiller une orange de toutes ses propriétés, il y aurait encore une orange. On peut dire que dans le cas même où il existerait une substance sans propriétés, nous ne pourrions jamais la connaître: car nous ne connaissons les objets que par les impressions qu’ils produisent sur nos sens, c’ést-à-dire par leurs propriétés. Ce sujet, ce soutien, n’ést donc qu’un mot. Voici peut être ce qui a trompé ces logiciens. Nous ne refuserions pas le nom d’orange à un corps qui ne différerait de ce fruit qu’en une seule de ses propriétés. Si par exemple je voyais un corps qui ressemblait en tout à une orange, excepté qu’elle fût rouge au lieu de jaune, je dirais, Voilà une orange rouge: nous dirions de même, une orange sans saveur, sans odeur, et ainsi de suite: Cela fit croire aux Scholastiques, que si nous séparions toutes les propriétés à la fois, il y aurait encore quelque chose. Il ést pourtant très clair qu’une orange dépouillée de toutes ses propriétés n’ést plus une orange,—n’ést rien, en un mot. Une preuve convainquante de la futilité de cette distinction du sujet et des attributs, c’ést que ce qui ést attribut peut devenir sujet, et vice versâ; nous disons, par exemple, la neige ést blanche, la blancheur ést éblouissante.

Des modes essentiels et accidentels.Les Scholastiques appelaient modes essentiels d’un sujet, les propriétés dont il ne saurait être privé sans changer de nature; ou en autres mots, sans perdre son nom. Les modes accidentels, étaient au contraire ceux dont le sujet pourrait être privé sans changer de nature. L’élasticité, par exemple, ést un mode essentiel aux gaz, car nous ne regardons pas comme des gaz, les fluides qui ne possèdent pas cette propriété. Mais telle ou telle pesanteur spécifique, n’ést qu’un mode accidentel à un gaz: et il n’en serait pas autrement, même dans le cas où tous ceux que nous connaissions auraient la même pesanteur spécifique: parcequ’on pourrait en découvrir d’autres qui en aurait une différente. L’étendue et l’impénétrabilité sont les modes essentiels de la matière: quelques-uns y ajoutent le poids: La couleur en ést un mode accidentel. Mais il ést facile de voir que cela tient à notre manière d’envisager les choses. Si nous jugions à propos de ne plus appeler arbres que les cerisiers, la faculté de porter des cerises deviendrait un mode essentiel aux arbres. Il ést d’ailleurs bien difficile de trouver quels sont les modes essentiels de certains sujets. Quels, par exemple, sont ceux de l’homme? La raison en ést-elle? Non: car on ne refuse pas le titre d’homme aux idiots. Est-ce la faculté de la parole? Les muets ne l’ont pas. Est-ce le pouvoir de marcher à deux pieds? Quelques estropiés ne le font pas: et cependant on donne le titre d’homme à toutes ces exceptions, et l’on aurait beaucoup de peine à trouver un caractère distinctif de l’homme, tel qu’on ne pût pas trouver des hommes qui ne l’eussent pas. Que veut donc dire ce qu’on a tant de fois répété, que les attributs essentiels des choses sont immortels? Ce que tout le monde accordera facilement, savoir que si nous donnons à un objet quelconque un nom auquel nous attachons l’idée d’une certaine propriété, l’objet ne saurait perdre cette propriété sans perdre son nom.

Des modes absolus et rélatifs.On appelle modes absolus d’un sujet, ceux qu’il aurait encore si tous les autres corps étaient anéantis: tels sont la forme, la consistence, la dureté ou la mollesse, etc. du sujet. Les modes rélatifs sont ceux qui dépendent d’autres objets, sa situation, par exemple, dans l’espace.

De l’espace et du tems.Il y a deux idées d’une nature toute particulière, et qui méritent d’être considérées à part. Je veux parler des idées du tems et de l’espace. Descartes, qui regardait l’univers comme plein de matière, voulait que l’étendue ne fût autre chose que les corps eux-mêmes.7 Condillac ne croyait voir, dans l’espace et dans la durée, que de pures abstractions.8 Nous apercevons, disait-il, qu’on peut placer un objet entre deux corps: nous fesons abstraction de ces deux corps, et nous formons ainsi une idée abstraite de situation dans l’espace. L’espace, disait-il, n’ést que la capacité de recevoir les corps: en sorte que s’il n’y avait point eu de corps il n’y aurait point eu d’espace.9 Kant regardait les idées de l’espace et du tems comme des formes de notre sensibilité, portées au monde avec nous.10 Il ést possible qu’il ait raison jusqu’à un certain point, car si nous supposons tous les corps anéantis, nous retenons encore l’idée de l’espace: Nous ne concevons pas que l’étendue et la durée puissent être anéanties: elles sont infinies et impérissables.—D’autres philosophes ont regardé l’espace et le tems comme des attributs de la divinité.

Des idées du présent, du passé et de l’avenir.Trois autres idées assez singulières sont celles du présent, du passé, et de l’avenir. On peut dire que toute notre vie se passe à jeter de l’avenir dans le passé: car le présent n’ést qu’un instant indivisible. On pourrait tirer de ce fait un argument assez bizarre, pour prouver que le plaisir et la peine n’existent pas. A chaque instant nous ne souffrons plus ce qui ést passé, nous ne souffrons pas encore ce qui ést à venir: toute notre souffrance se renferme donc en un instant indivisible: et ne souffrir que pendant un tel instant n’ést pas souffrir du tout: et de même pour la jouissance. On peut réfuter ce raisonnement par le fait que nous accumulons sur le présent tous les maux passés et futurs, par la mémoire qui nous reste des sensations passées, et par la crainte de ce qui ést encore à venir.

La matière existe-t-elle?Une question qui a beaucoup de rapport avec ce dont nous venons de parler, c’ést celle de l’existence des objets externes. Les Matérialistes ne veulent voir partout que des corps, tandis que les Idéalistes en nient absolument l’existence. Lorsqu’on regarde dans un miroir, on croît voir beaucoup d’objets; cependant on n’en voit point. Dans le sommeil nous croyons voir, entendre, agir, etc. Ne serait-il pas possible que la vie ne fût qu’un long sommeil, dans lequel nous croyons voir des objets que nous ne voyons pas réellement? Berkeley, savant evêque Anglais, à écrit pour détruire les preuves de l’existence des corps.11 Malbranche même la trouva si difficile à prouver, qu’il disait qu’il n’y croirait pas sans la révélation.12 M. Destutt-Tracy a cru pouvoir la démontrer par les mouvemens voulus et empêchés.13 Les premiers mouvemens d’un enfant, sont, dit-il, sans volonté. Mais lorsqu’il trouve qu’il en ést capable, il en fait de volontaires. Enfin, se trouvant empêché par quelqu’obstacle de faire un certain mouvement, cela lui prouve l’existence des objets externes. Pour moi je ne trouve pas ce raisonnement très concluant. L’enfant serait également en droit de conclure que son bras n’était pas organisé à faire ce mouvement-là. En effet, le cas des paralytiques ést directement opposé à la conclusion de M. Destutt-Tracy, car ils veulent faire un mouvement, et ne le peuvent pas, sans pourtant que l’obstacle vienne de dehors.—Maupertuis croît que c’ést par l’expérience que nous acquerrons la notion de l’existence des corps. Un homme, dit-il, passe dans un lieu, et voit un arbre: il y repasse, et reçoit la même sensation: il en conclut que toujours les mêmes circonstances reproduiront le même phénomène, et que cette succession constante d’un evènement à un autre ne peut se rapporter qu’à des causes externes.14 —Ce qu’il y a de certain, c’ést qu’il serait fort difficile de donner une preuve convainquante de l’existence des corps, et qu’il y a toujours de l’incertitude à cet égard.

[1 ]Dissertatio de methodo (in French, 1637), in Opera philosophica, 4th ed. (Amsterdam: Elzevir, 1664), pp. 23 ff. (v).

[2 ]The story of the slave Androcles is told by Aulus Gellius (b. ca. 130 ) in The Attic Nights (Latin and English), trans. John C. Rolfe, 3 vols. (London: Heinemann; New York: Putnam’s Sons, 1927-28), Vol. I, pp. 420-6 (V, xiv).

[3 ]For these terms, see the discussion under “predicables” in Aristotle, Topica, in Posterior Analytics, Topica (Greek and English), trans. Hugh Tredennick and E.S. Forster (London: Heinemann; Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1960), pp. 282-4 (102a-b).

[4 ]Joannes Scotus Duns (1265-1308?) and St. Thomas Aquinas (ca. 1225-74).

[5 ]Not Aquinas, but Alexander of Hales (ca. 1185-1245) was known as “Doctor irrefragabilis.”

[6 ]Descartes, Principia philosophiae (1644), in Opera, p. 16 (I, lix).

[7 ]Ibid., pp. 15 (I, lvii) and 25-7 (II, iv, x).

[8 ]Condillac, L’art de penser (1775), in Oeuvres, Vol. IX, pp. 111-13 (Pt. I, Chap. viii).

[9 ]Condillac, Traité, pp. 223-4 (Pt. II, Chap. viii).

[10 ]Kant, Kritik der reinen Vernunft (1781), in Sämmtliche Werke, ed. Karl Rosenkrantz and Friedrich Schubert, 14 vols. in 12 (Leipzig: Voss, 1838-40), Vol. II, pp. 34-54.

[11 ]George Berkeley (1685-1753) first expounded his principle in An Essay toward a New Theory of Vision (1709), in Works, 3 vols. (London: Priestley, 1820), Vol. I, pp. 225-316; it is more fully expounded in A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge (1710), ibid., pp. 1-106, and Three Dialogues between Hylas and Philonous (1713), ibid., pp. 255-360.

[12 ]Nicolas Malebranche (1638-1715), Recherche de la vérité (1674-78), in Oeuvres complètes, ed. A. Robinet, et al., 20 vols. (Paris: Vrin, 1962-67), Vol. III, pp. 58-9 (Eclaircissement vi).

[13 ]Eléments d’idéologie, Vol. I, pp. 115-22 (Chap. vii).

[14 ]Pierre Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759), “Examen philosophique de la preuve de l’existence de Dieu employée dans l’Essai de cosmologie” (1758), in Oeuvres, new ed., 4 vols. (Lyon: Bruyset, 1768), Vol. I, pp. 393-6 (Sects. xi-xviii).