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Front Page Titles (by Subject) CHAPITRE III: SOURCES OÙ NOUS PUISONS NOS IDÉES - The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I
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CHAPITRE III: SOURCES OÙ NOUS PUISONS NOS IDÉES - John Stuart Mill, The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I [1820]Edition used:The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXVI - Journals and Debating Speeches Part I, ed. John M. Robson (Toronto: University of Toronto Press, London: Routledge and Kegan Paul, 1988).
Part of: Collected Works of John Stuart Mill, in 33 vols.About Liberty Fund:Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals. Copyright information:The online edition of the Collected Works is published under licence from the copyright holder, The University of Toronto Press. ©2006 The University of Toronto Press. All rights reserved. No part of this material may be reproduced in any form or medium without the permission of The University of Toronto Press. Fair use statement:This material is put online to further the educational goals of Liberty Fund, Inc. Unless otherwise stated in the Copyright Information section above, this material may be used freely for educational and academic purposes. It may not be used in any way for profit.
CHAPITRE IIISOURCES OÙ NOUS PUISONS NOS IDÉESSensation la source primitive de nos idées.la source primitive de toutes nos idées ést dans les objets exterieurs. Si je me promène dans un parterre, j’acquiers l’idée de la couleur des fleurs, de leur parfum, du bruit que fait le feuillage des arbres, s’il y en a, et ainsi de suite. La Mémoire ne donne point d’idées; mais elle en rappelle: il semble même que l’âme peut produire à volonté sur le cerveau, une impression pareille à celle que produirait l’objet lui-même dans lequel l’idée a été puisée.De la Mémoire etade ses idéesa . Cependant, que ce soit parceque l’action ést moins efficace, ou parceque nous sommes distraits par d’autres objets, l’impression reproduite, quoique de la même nature, ést toujours moins forte que l’impression primitive. Je puis me figurer le Soleil: l’image que j’en fais dans mon esprit n’a pas btoute la brillanceb du Soleil lui-même, mais elle ne ressemble pas à la Lune: C’ést toujours le soleil, quoiqu’avec moins cd’éclatc . Quelques individus ont la faculté de retenir mieux que les autres, les sensations qu’ils ont éprouvées: Il y en a même qui se reproduisent si vivement l’idée d’un objet, qu’ils pourraient dire avec raison qu’ils le voient. Delà viennent, je crois, la plupart des dvisitationsd surnaturelles: Ceux qui ont perdu un parent ou un ami qu’ils ont beaucoup aimé, croient parfois que cette personne leur ea parue et ils l’ont vue en effet: car l’impression qu’ils reproduisent sur le cerveau est presqu’aussi forte que celle qui serait produite par l’objet lui-même. De l’imagination et de ses idées.L’âme crée quelquefois des phantômes, en revêtissant un objet imaginaire de certaines proprietés qu’il connaît à des objets réels: c’ést ce qui s’appelle imaginer. Mais on ne peut jamais se figurer un objet doué de qualités qu’on ne connaît pas. Un aveugle né, par exemple, peut fort bien se figurer un chien, car il a pu en connaître la forme par le toucher, mais n’ayant aucune idée des couleurs, il ne peut pas se figurer un chien vert. Les songes me semblent du même genre que les phantômes de l’imagination. Il ést aisé de concevoir la manière dont on reçoit des sensations dans un songe, malgré l’absence des objets qui produisent ordinairement ces impressions: car la sensation ne dépend que de la disposition des organes extérieurs, du système nerveux, et du cerveau. Si dans la nuit je me frappe la tête d’une certaine manière contre un mur, j’éprouve la sensation d’une vive lumière: Or il ést certain que tout y ést dans l’obscurité: il faut donc que le coup ait produit sur la rétine et sur le nerf optique la même impression que produirait sur eux un soudain éclair: et l’on sent bien que la même sensation doit en resulter. Je pourrais encore citer la lumière Galvanique. Des idées intellectuelles.Nous n’avons encore traité que les idées qui ont des prototypes, soit dans la nature, soit dans fl’imaginationf . L’âme, en comptant et en comparant ses impressions, donne naissance à une autre espèce d’idées, appelées intellectuelles, et qui ne sont que des idées de rélation. Nos prépositions en sont des exemples: car il n’ést aucun objet qui réponde aux noms dessus, dessous, dedans, dehors, droite, gauche: ces mots ne représentent que les rélations des objets entr’eux par rapport à leur situation dans l’espace.—Les idées morales sont aussi des idées intellectuelles, car elles ne peuvent pas se peindre, à moins que ce ne soit en allégorie. Toutes ont leur source dans la sensation.Elles ont leur source dans la sensation. Quand l’âme a reçu une impression agréable, elle désire la conserver; quand elle a éprouvé une sensation pénible, elle craint de l’éprouver une seconde fois. Delà viennent l’affection et la haine: car on aime les sensations qu’on désire éprouver, ainsi que l’objet qui en ést la cause: mais ce qu’on craint ést regardé avec détestation. Il ne serait pas difficile d’expliquer ainsi les idées les plus métaphysiques.Et nous viennent par tous les sens également. Il ést clair qu’elles pourraient venir par un sens quelconque, à celui qui serait privé de tous les autres sens: car il n’en ést aucun par lequel on ne reçoive des impressions agréables, et d’autres qui ne le sont pas. Il y avait en Ecosse un jeune homme, né sourd, et par conséquent muet:1 il était aussi à peu près aveugle, car bien qu’il pût reconnaître s’il fesait clair ou obscur, il ne pouvait aucunement distinguer les objets par la vue: l’un de ses plus grands amusemens était de s’enfermer dans une chambre, et de regarder la lumière par un trou dans le volet. Bien que cet enfant n’eût que trois sens, le goût, l’odorat et le toucher, cela n’empêcha pas qu’on ne tînt avec lui une sorte de conversation, par des coups plus ou moins forts, qu’on lui donnait sur diverses parties du corps. Par ce moyen on parvint à lui faire sentir s’il avait fait une bonne ou une mauvaise action, et à lui donner d’autres idées morales. Un être né sans sensation ne pourrait avoir aucune idée, même de l’imagination, et serait incapable de penser. Celui qui aurait joui de la sensation, et qui en aurait été privé, ne serait pas dans le même cas. Rien n’empêcherait qu’il ne revêtît un objet imaginaire des propriétés qu’il avait autrefois connues, mais qu’il ne serait plus dans le cas d’observer. Quelles idées nous viennent de chacun des cinq sens?Puisqu’il ést maintenant établi que toutes nos idées viennent de nos sens, c’ést une considération assez intéressante, quelles idées nous viennent de tel sens, et quelles de tel autre? Condillac, dans sa Théorie des Sensations, a supposé, pour résoudre cette question, que l’on donne à une statue inanimée, une âme, sans aucun organe; qu’on lui donne ensuite, un seul sens, l’odorat, par exemple, et dans cette hypothèse, il cherche quelles idées la statue pourrait avoir.2 Après lui avoir donné les cinq sens à leur tour, il lui en donne deux à la fois, puis trois, et ainsi de suite. Nous ne pouvons pas entrer dans tous les détails où nous entraînerait cette manière de traiter le sujet: nous nous contenterons de donner quelqu’idée des connaissances d’une personne qui n’aurait qu’un sens quelconque. Idées reçues par le sens du toucher.Celui qui n’aurait que le sens du toucher pourrait distinguer les objets hors de lui de ceux qui feraient partie de lui-même, parceque en touchant à ceux-ci il éprouverait une sensation double, dans la partie touchante et dans la partie touchée, au lieu que les objets externes ne lui feraient éprouver qu’une seule sensation.3 Il ést clair qu’il aurait les idées de dur et de mou, d’uni et de rabatu, de chaud et de froid. Il pourrait étudier le Calcul, car en comptant ses sensations, il acquierrait l’idée du nombre, et c’ést tout ce qu’il faut pour apprendre à calculer. Il pourrait même devenir Géomètre: mais pour sentir combien gson progrès seroit lentg , il suffit de penser que pour savoir si une ligne ést droite ou courbe, il lui faudrait passer la main d’un bout à l’autre, en se souvenant toujours du dégré dont il aurait plié le bras dès le commencement. Il serait susceptible de plaisir et de peine, et conséquemment de crainte, de désir, etc. Par le goût.Celui qui serait borné au sens du goût pourrait avoir l’idée du nombre, et consequemment étudier le calcul; mais n’ayant pas l’idée de l’extension, (qui ne peut s’acquérir que par le toucher) il ne pourrait pas devenir Géomètre. Il ne saurait pas même qu’il existât des objets hors de lui-même. Le sens du goût n’ést qu’un toucher plus exquis. On peut supposer le cas où tout le système nerveux aurait la même délicatesse que possèdent les nerfs qui communiquent avec les organes du goût: alors toute impression sur une partie quelconque du corps produirait le même effet que si l’on mettait dans la bouche la substance qui en ést cause. De tels individus pourraient prendre un bain de sauce. Par l’odorat.Celui qui n’aurait que le sens de l’odorat pourrait calculer, mais ne pourrait jamais devenir géomètre. Il serait capable d’éprouver le désir, la crainte, etc. Celui qui aurait ce sens répandu sur toute la surface du corps serait un digne objet de pitié: car si l’on touchait à une partie quelconque de son corps, seulement d’une barbe de plume, il éprouverait la même sensation desagréable que si l’on introduisait la plume dans ses narines. Par l’ouie.Un être privé de tous les sens, hors l’ouie, n’aurait que des connaissances très bornées. Il ne pourrait pas même savoir qu’il y eût des objets hors de lui. Il n’en ést pas moins vrai, que cet organe lorsqu’il ést combiné avec les autres prend un dégré d’importance, que celui qui ne le regarderait que comme isolé serait loin d’anticiper. Même en courant les rues et les places, il nous donne le moyen de beaucoup apprendre.—La particularité qui distingue ce sens de celui du toucher, (bien qu’elle soit fondée sur une plus grande délicatesse nerveuse) exige aussi, à ce qu’il me semble, une construction particulière, qui ne saurait se communiquer à toute la surface du corps. Quand même les nerfs de la main hdeviendraith aussi déliés que ceux de l’oreille, je ne crois point pour cela qu’on pût entendre par la main. Je ne nie point que les fortes vibrations de l’air ne puissent produire des impressions sur l’organe du toucher; je crois, par exemple, que si un sourd de naissance plaçait sa main près de la bouche d’un canon au moment qu’on en tirerait un coup, il sentirait une forte secousse: mais cela n’ést pas entendre. Par la vue.Celui qui serait borné au sens de la vue, n’aurait jamais d’autres idées que celles des différentes couleurs. Mais, dira-t-on, un oeil exercé peut juger avec beaucoup d’exactitude de la forme et de la distance des objets. Cela ést vrai: mais cela ne le serait pas, sans une longue étude faite dans notre enfance, et qui consiste à comparer les renseignemens fournis par la vue avec ceux que nous donne le toucher. Il y a toute apparence que l’enfant qui vient de naître, ne voit qu’une surface, colorée de diverses manières: aussi croît-il d’abord que tous les objets qu’il voit sont à la même distance de lui: mais le toucher corrige les méprises où nous mènerait la vue, et nous parvenons enfin à juger de la distance des objets par l’oeil seul. Pour se convaincre de cette vérité, il suffit de penser quels sont les moyens par lesquels nous jugeons de la distance d’un objet. Il y a d’abord sa grandeur apparente: mais cette circonstance ne nous sert en rien, à moins que nous n’ayons reconnu par le toucher quelle ést la grandeur réelle de l’objet. Le dégré de convergence qu’il faut donner aux axes des deux yeux pour les fixer tous deux sur le même point, ést un autre moyen pour juger de la distance de ce point: mais pour cela il a fallu apprendre par le toucher que plus l’objet ést près, et plus il faut donner de convergence aux axes des yeux. Une autre ressource ést la vîtesse avec laquelle un objet paraît changer de place, lorsque nous changeons de position par rapport à lui: mais sans avoir constaté par le sens du toucher que l’objet reste en sa place, nous pourrions croire que c’est en effet lui qui change de position. Il ést donc clair que sans le toucher, nous ne pourrions avoir aucune idée de distance.—Je crois impossible que le sens de la vue puisse être communiqué à toute la surface du corps: car la vision dépend de la concentration sur un même point de la rétine, de tous les rayons de lumière qui partent d’un point: et si les rayons convergent de manière à se concentrer tant soit peu devant ou derrière la rétine, la vision ne saurait être distincte. Or si tous les points de la main recevaient les rayons qui partaient de chaque point d’un objet, il n’y aurait qu’une impression à peu près uniforme sur toute la surface de la main, et par conséquent il n’y aurait point de vision. Je suis loin de nier qu’on ne puisse concevoir que les nerfs de la main soient assez déliés pour distinguer les couleurs au toucher: Mais reconnaître les couleurs, ce n’ést pas voir. Je dis qu’on peut concevoir la possibilité de distinguer les couleurs au toucher; je ne dis pas que cela soit jamais arrivé: car je crois que tous les exemples qu’on en a cités n’étaient que des impostures. On a cité une certaine Mlle Mitory, en Angleterre, mais pour distinguer les couleurs, elle était obligée de passer la main sur un plâteau de verre: or il ést constant qu’un simple plâteau de verre, qui n’ést ni concave ni convexe, ne peut nullement faciliter la vision: Je crois donc qu’il y a là dedans quelque fourberie. Sur le même principe, je crois impossible que certains insectes, qui ont la crystalline noire, et très dure, puissent jouir de la vision: Car la lumière ne peut point penétrer dans l’intérieur de leurs yeux. On a affirmé que ces insectes voyaient par la surface extérieure de l’oeil: Je n’ai pas besoin de réfuter cette hypothèse, car la vision ést évidemment impossible, à moins que la lumière ne tombe sur la rétine. On demande, A quoi donc servent les yeux à ces insectes? Je répondrai, Pour l’ornement, comme les mamelons à l’homme, qui n’ont point d’autre usage. Des impressions anormales.Certaines impressions, quoique physiques, ne se rapportent à aucun des cinq sens: la faim, la soif, la colique, etc. en sont des exemples. On a quelquefois voulu classer ensemble toutes ces anomalies sous le nom de sens interne:4 mais il ést evident qu’on pourrait tout aussi bien faire un grand nombre de sens internes, car ces impressions ne sont pas toutes reçues par le même organe. Dans toutes les impressions, les extrémités nerveuses sont touchées: et il n’ést point douteux que les différences des sens entr’eux se rapportent aux différens dégrés de délicatesse dont ces extrémités sont douées. Il ést impossible de recevoir par l’un d’entr’eux, les sensations qu’on reçoit habituellement par un autre: Un aveugle de naissance ne peut jamais se former aucune idée de la couleur; non plus qu’un sourd ne peut comprendre ce qu’ést le son. On parlait une fois devant un aveugle, de l’écarlate comme d’une couleur éclatante:Tous les hommes ne sont pas affectés de la même manière par les objets. “Oh,” dit-il, “c’ést peut être comme le son d’une trompette.”5 Nous ne savons pas même si tous les hommes sont affectés de la même manière par un objet. Nous avons à la vérité des noms communs que chacun de nous emploie dans la même circonstance; mais je ne puis savoir, si l’impression que j’exprime par le mot blanc, ést pareille à celle qu’un autre exprime par le même nom: peut être la neige imprime-t-elle, aux yeux de mon voisin, une sensation différente. Il y a des exemples qui mettent hors de doute l’existence d’irrégularités de ce genre. Il y a des personnes qui ne peuvent point souffrir l’odeur d’une rose: il y en a d’autres pour qui la musique ést à peu près ce qu’ést le bruit des charrettes pour les autres. On a connu un jeune homme irenvoyé d’une bonne situationi chez un marchand d’étoffes parcequ’il ne pouvait pas distinguer les couleurs: toutes lui fesaient la même impression, excepté la couleur de rose, qu’il reconnaissait parcequ’elle lui fesait couler des larmes.6 Peut-il y avoir d’autres sens que ceux que nous possédons?On a souvent agité la question, s’il peut y avoir d’autres sens que ceux que nous possédons. Il nous ést tout à fait impossible de répondre à cette question, car nous ne pouvons nous faire aucune idée d’une sensation que nous n’avons jamais éprouvée, non plus que les aveugles ne peuvent se former d’idée de la couleur. On a débité des histoires sur la Catalepsie, qui, si elles étaient confirmées par les témoignages de medecins, habiles et dignes de foi, pourraient faire soupçonner l’existence d’un sixième sens chez des personnes affligées de cette maladie. On a cité, par exemple, un individu qui lisait à travers une muraille: S’il fallait en croire quelque chose, je croirais plutôt un pareil prodige que beaucoup d’autres qu’on a débité sur les Cataleptiques: qu’un homme par exemple ait restitué des passages Grecs sans avoir appris un mot de cette langue, et qu’une fille qui n’avait jamais entendu parler de médecine ni de physique se soit ordonné l’électricité comme remède. J’ai été à même de me convaincre des jongleries qui s’exercent en pareil cas: J’étais allé voir une fille, qui prétendait deviner l’heure en posant une montre sur une certaine partie du ventre. Mais on avait commencé par poser en principe que cette personne n’entendait pas, et par conséquent on ne se gênait pas trop de parler devant elle. Il ést vrai que pour changer les aiguilles de la montre on se retira dans une autre chambre, mais comme il y avait beaucoup de monde, et qu’on se demandait continuellement Sur quelle heure, sur quelle heure, il n’ést pas étonnant que la prétendue malade vînt à en savoir quelque chose. Une autre fois je la vis tomber en convulsion: le médecin, me prenant par la main, me mena au fond du jardin, et me dit que le cor que j’entendais était la cause de ces convulsions. Je lui dis, Voilà une personne qui n’entend pas, et qui fait pourtant attention au son d’un cor auquel personne ne pense. Mais pour sentir la possibilité de pareils prodiges, supposons une île d’aveugles: un voyant arrive dans l’île, et parle aux habitans des sensations qu’il reçoit par la vue: les incrédules savans de ce pays-là le traitent d’imposteur; ils disent, Pour l’éprouver il faut cacher quelque chose dans une boîte, et lui faire deviner ce que c’ést: il la devine, c’ést que la boîte ést de verre, qui pour un aveugle ést comme une boîte de fer blanc. Pourquoi donc ne serait-il pas possible que pour certaines personnes, tous les corps fussent comme le verre, ou plutôt qu’il y eût un fluide assez subtil pour pénétrer les corps les plus opaques? Je puis ajouter que s’il y a de tels individus, ils sont bien malheureux, car il leur ést impossible de communiquer leurs impressions aux autres, ni de faire croire à leurs voisins qu’ils ne sont pas des imposteurs. Cela ést dû en partie à la mauvaise manière dont ils s’expriment: ils ne devraient pas dire Je vois quelque chose que vous ne voyez pas, mais J’aperçois quelque chose que vous n’apercevez pas: car la vision ést particulière aux yeux, et ne se rapporte point à d’autres organes. Diderot a fait quelque part une supposition assez bizarre; il a supposé une société de cinq individus, qui partageraient entr’eux les cinq sens: Il leur donne toujours le langage: Ils s’entendraient parfaitement sur le calcul; car ils pourraient tous compter leurs sensations: mais dès que l’un d’entr’eux commencerait à parler des impressions particulières qu’il jéprouvaitj , les autres s’écrieraient, Voilà sa folie qui le prend.7 [b-b]CH tout l’éclat [c-c]CH de splendeur [d-d][CH proposed:] visions [e-e]CH est apparue [f-f]CH la mémoire [1 ]The case is described by Dugald Stewart (1753-1828), the Scottish philosopher, in Some Account of a Boy Born Blind and Deaf (Edinburgh: reprinted from Transactions of the Royal Society of Edinburgh, 1812); the specific details given below are on pp. 7, 20, and 69. [2 ]Traité des sensations (1754), in Oeuvres, Vol. IV, pp. 1-420, passim. [3 ]Here again there is a footnote indicator but no note. [g-g]CH ses progrès seraient lents [h-h]CH deviendraient [4 ]See Jean le Rond d’Alembert (1717-83), “Eclaircissemens sur différens endroits des Elémens de philosophie” (1767), in Mélanges de littérature, d’histoire et de philosophie (1753), new ed., 5 vols. (Amsterdam: Chatelain, 1759-67), Vol. V, pp. 116-17 (Ec. vii). [5 ]The account is in John Locke (1632-1704), An Essay Concerning Human Understanding (1690), in Works, new ed., 10 vols. (London: Tegg, et al., 1823), Vol. II, p. 191 (Bk. III, Chap. iv, Sect. 11). [i-i]CH privé d’une place avantageuse [6 ]Again a footnote indicator but no note. [j-j]CH éprouverait [7 ]Denis Diderot (1713-84), “Lettre à Mademoiselle ***,” in Oeuvres, ed. Jacques André Naigeon, 15 vols. (Paris: Desray, 1798), Vol. II, pp. 328-32 (Chap. v). [ade ses idéesa]CH des idées qu’elle reproduit |

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