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Subject Area: Political Theory
Collection: The Collected Works of John Stuart Mill

371.: GEORGE SAND UNPUBLISHED LETTER TO THE VOIX DES FEMMES [AFTER 9 APR., 1848] - John Stuart Mill, The Collected Works of John Stuart Mill, Volume XXV - Newspaper Writings December 1847 - July 1873 Part IV [1847]

Edition used:

The Collected Works of John Stuart Mill, XXV - Newspaper Writings December 1847 - July 1873 Part IV, ed. Ann P. Robson and John M. Robson, Introduction by Ann P. Robson and John M. Robson (Toronto: University of Toronto Press, London: Routledge and Kegan Paul, 1986).

Part of: Collected Works of John Stuart Mill, in 33 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


371.

GEORGE SAND

UNPUBLISHED LETTER TO THE VOIX DES FEMMES [AFTER 9 APR., 1848]

Amandine Aurore Lucie Dupin, baronne Dudevant (1804-76), who wrote under the name “George Sand,” attacked established views of society and marriage in her novels and her life. La Réforme published on 9 Apr., 1848, p. 3, a letter to the editor from her (dated 8 Apr.), in which she objected to “Candidature de George Sand,” an article in the short-lived feminist and socialist newspaper, the Voix des Femmes (6 Apr., p. 1), by the editor Eugénie Niboyet (1797-1883), suggesting that Sand would be an ideal candidate for the National Assembly. Niboyet also read her article at a meeting of a feminist club on the same day. In her letter Sand denied knowing the people involved in the proposal, saying she did not wish to remain silent lest the “joke” might be thought to entail her acceptance of their proposal and ideas. The Voix des Femmes reprinted her letter (10 Apr., pp. 1-2), and reported that Sand’s candidature had formally been proposed at the Jacobin Club on the 9th. The MS of this undated draft letter, in Mill’s hand but undoubtedly a “joint production” with Harriet Taylor, is in the Mill-Taylor Collection, Vol. XLI, No. 2, ff. 10-12, on paper watermarked 1846. The MS of the English draft, also in Mill’s hand and undated (printed in App. D below), is ibid., ff. 18-19. As the letter was not published, it is not listed in Mill’s bibliography.

depuis longtemps admiratrice de George Sand, je fus des premiers à lui rendre honneur et justice. Lorsqu’en Angleterre tous se ruèrent sur elle comme sur un écrivain immoral et indécent, nous fûmes, moi et un cercle d’amis non sans influence, les premiers à nous récrier contre les accusations qu’alors on prodiguait à ses écrits. A tous ceux qui les condamnaient nous invoquions contre leur jugement d’alors leur jugement d’aujourd’hui, et l’événement est venu justifier notre appel. Comment donc exprimer ce que j’éprouve d’étonnement, de honte et de chagrin en apprenant que lors de la grande crise politique et sociale de l’humanité, amenée par le noble élan de Paris, Mme George Sand, au lieu d’avancer, recule—que non seulement elle ne prend aucune initiative, n’énonce aucuns principes, mais pareille à une lady timide et vulgaire, elle rejette les flateries amicales qui lui ont été faites par votre journal, et tâche d’écraser du haut de sa célébrité littéraire celles qui ont osé la prendre pour chef d’une opinion1 qu’elles étaient bien en droit de lui attribuer.

Sa protestation dans la Réforme contre l’usage que vous avez fait de son nom ne peut s’expliquer que par la crainte que son amour propre d’auteur pourrait être compromis par le soupçon d’une relation quelconque entre sa réputation faite et des réputations encore à faire. Quoiqu’il en soit, la réponse que vous avez faite à cette lettre lui est autant supérieure en dignité et en désintéressement, que la gloire littéraire de Mme Sand l’est à la vôtre. Serait-elle retombée au niveau de nos femmes-auteur anglaises, qui s’empressent toujours à déclarer qu’elles ne veulent pas soutenir l’émancipation des femmes tandis que c’est à l’émancipation partielle, conquise par des âmes plus généreuses, qu’elles sont redevables de pouvoir élever la voix, et se faire la position sociale et l’influence littéraire qu’elles craignent de compromettre en donnant la moindre aide au mouvement qui les a fait ce qu’elles sont. La littérature féminine de notre pays nous a bien habitués à ces petites bassesses, effets de la peur. Ce n’est pas ainsi que nous aurions voulu parler de G. Sand. Mais je crains qu’elle ne soit destinée à ne servir à la cause des femmes, cause inséparable de tous les grands intérêts de l’humanité, que de la manière dont toute femme éminente lui sert, l’aide par le seul fait d’être femme. Au reste je partage toute votre admiration pour son superbe talent, ses beaux romans et son merveilleux style. Mais je pense que vous tombez dans une erreur très nuisible à la cause des femmes, en la qualifiant de philosophe.2 Au point de vue philosophique rien ne me semble autant caractériser les écrits de Sand que la présence de l’imagination et du sentiment et l’absence de l’esprit logique et de principes exacts.

Permettez qu’en vous exprimant les voeux que toute femme d’un esprit élevé et d’un coeur large devrait émettre pour le succès de votre entreprise j’ajoute mon espoir que vous traiterez tout désaveu de sympathie pour cette entreprise de la part d’une femme quelle qu’elle soit, avec la pitié indulgente que réclament la faiblesse et la timidité.

[1 ]In the manuscript a phrase that appears to read “par amusement” is interlined, but the intention is unclear.

[2 ]Voix des Femmes, 10 Apr., p. 2.