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356.: say to ricardo1[Reply to 352] - David Ricardo, The Works and Correspondence of David Ricardo, Vol. 8 Letters 1819-June 1821 [1819]

Edition used:

The Works and Correspondence of David Ricardo, ed. Piero Sraffa with the Collaboration of M.H. Dobb (Indianapolis: Liberty Fund, 2005). Vol. 8 Letters 1819-1821.

Part of: The Works and Correspondence of David Ricardo, 11 vols (Sraffa ed.)

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


356.

say to ricardo1
[Reply to 352]

Mon cher Monsieur,

Sans aucun doute, nous finirons par nous entendre. La vérité est en un point; quand on la cherche de bonne foi, on finit par se rencontrer, à moins que notre vie ne se termine avant nos recherches. Peu s’en est fallu qu’il n’en arrivât ainsi de moi; une espèce d’attaque d’apoplexie m’a averti du peu de fond que nous devons faire sur notre existence.

Je vous avoue que je ne comprends pas trop la différence que vous établissez entre la valeur du travail qui ne détermine pas la valeur des produits, et la quantité de travail nécessaire à leur production qui détermine la valeur des produits. Il me semble que vous ne pouvez déterminer la quantitéetla qualité du travail que par le prix que l’on paie pour l’obtenir. C’est du moins ce que j’ai toujours entendu par la quantité de ce service productif que j’ai appelé service industriel. Son prix fait partie des frais de production, et vous même établissez très-justement que l’ensemble des frais de production règle la valeur du produit.

Vous blâmez une des notes que j’ai mises à la traduction française que Constancio a donnée de votre ouvrage (je crois que c’est celle de la page 249, tome I du français). J’avoue que je ne vois pas trop comment la seconde partie de la proposition fait passer la première. N’importe: si la critique est juste pour cette première partie, je conviendrai volontiers que vous avez raison pour la seconde. En effet, quand un fermage ne sert absolument qu’à payer l’intérêt du capital qu’un propriétaire a répandu sur sa terre, et qu’un impôt survient, le propriétaire n’abandonnera pas sa terre, et par conséquent le profit que rend son capital, pour ne pas payer l’impôt. Dès-lors l’impôt ne porte pas sur le propriétaire en tant que propriétaire, et il augmente les frais de production, et par conséquent le prix des produits bruts. C’est un cas qui montre, en dépit des physiocrates, que tout impôt ne retombe pas sur les terres.

Agréez de nouveau, etc.

J.-B. Say.

[1 ]Mélanges, pp. 106–7; Œuvres diverses, pp. 415–16.