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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

F. DE MIRANDA TO JOHN ADAMS. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799) [1853]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 8.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


F. DE MIRANDA TO JOHN ADAMS.

Monsieur le Président,

C’est au nom des colonies Hispano-Américaines, que j’ai l’honneur d’envoyer à votre Excellence les propositions ci-jointes. Elles ont été présentées également aux ministres de sa Majesté Britannique, qui les ont reçu très favorablement, en témoignant beaucoup de satisfaction d’avoir à agir dans un cas pareil avec les États Unis de l’Amérique. Et il me semble que le délai que j’éprouve (affligeant réellement, dans un moment aussi pressant) résulte précisément de l’attente où le gouvernement Anglais paroit être, de voir l’Amérique du Nord décidée à rompre définitivement avec la France; par le désir qu’elle a de faire cause commune, et de coöpérer ensemble à l’indépendance absolue du continent entier du Nouveau-Monde.

Comme l’esprit de justice, générosité, et attachement de mes compatriotes vers les États Unis, se trouve mieux exprimé dans le document qui me sert de pouvoir, autant que d’instruction, j’ai voulu y joindre une copie complète. Persuadé que cette démarche amicale et franche servira plus efficacement à accélérer la décision . . . . comptant toujours sur la réserve indispensable, dans tout ce qui ne regarde pas directement les États Unis. Si quelque article de ceux qui sont contenus dans cette instruction (ou toute autre chose qui soit relative) eut besoin d’explication, D. Pedro Josef Caro, un de mes compatriotes, commissaire aussi des colonies Hispano-Americaines, et chargé de vous remettre celle-ci, pourra satisfaire amplement et compétemment à tout.1

Sa mission, après avoir reçu les ordres de V. E., est de se rendre sans délai au continent Hispano-Américain, afin d’instruire nos commettans et compatriotes de l’état actuel des négotiations à nous confiées, ainsi que de la situation politique de l’Europe. Je vous prie de vouloir bien lui faciliter tout-ce dont il auroit besoin pour cet important objet, et pour se rendre incessament à la province de Santa Fé de Bogotà.

Je ne vous dissimule pas, Monsieur le Président, mes inquiétudes sur l’entrée prochaine des troupes Françaises en Espagne. Crainte qu’un mouvement convulsif dans la métropole ne produise pas des secousses anarchiques dans les colonies; et que l’abominable système de la France ne s’introduise chez nous, faute d’avoir pris des mesures promptes et efficaces pour l’empêcher. Dii avertant. Enfin j’espère que le petit secours dont nous avons besoin pour commencer, et qui se réduit à six ou huit vaisseaux de ligne, et quatre ou cinq mille hommes des troupes, nous le trouverons facilement tant en Angleterre que dans l’Amérique . . . mes souhaits seroient que la marine fut Anglaise, et les troupes de terre Américaines. Veuille la providence que les États-Unis fassent pour ses compatriotes du sud en 1798, ce que le roi de France fit pour eux en 1778!

Je me félicite toujours de voir à la tête du pouvoir exécutif Américain cet homme distingué, qui par son courage rendit son pays indépendant, et qui par sa sagesse lui donna après un gouvernement bien balancé, en sauvant ainsi la liberté. Nous profiterons sans doute de vos savantes leçons, et je me réjouis de vous apprendre d’avance que la forme de gouvernement projeté est mixte, avec un chef héréditaire du pouvoir exécutif sous le nom d’Ynca, et, ce que j’aime davantage, pris dans la même famille; un Sénat composé de familles nobles, mais non héréditaire; et une Chambre des communes élue parmi tous les autres citoyens qui auront une propriété compétente. Telle est l’esquisse de la forme de gouvernement qui parait réunir la majorité des suffrages dans le continent Hispano-Américain, et qui empêchera sans doute les conséquences fatales du système Franco-républicain, que Montesquieu appelle la liberté extrême.

En vous adressant directement ces propositions,1 j’ai cru mettre toute la reserve requise dans une affaire aussi extraordinaire qu’ importante. J’ai l’honneur en outre d’y joindre un état de la population, produits, exportation et consommation de l’Amérique Espagnole, qui étant fait sur des notices les plus exactes, ainsi que les plus récentes, m’a paru mériter votre attention.

Avec les sentimens de la plus haute consideration et de l’estime la plus parfaite, j’ai l’honneur d’être, &c.

Francisco de Miranda.

[1 ]M. Caro did not come. Being in great haste to return home, he sent a letter, a translation of which is appended to Mr. Pickering’s letter, 21 August, 1798. He also addressed a letter to the same effect to Mr. Adams, which, as repetition, is omitted.

[1 ]Inclosed with this adroit letter came the copy of a paper formally executed by three persons, styled commissaries of an assembly of deputies of towns and provinces of South America, held at Madrid, in Spain, on the 8th of October, 1797. The purport of it was to mature a plan to effect the independence of the Spanish American Colonies, under the joint protection, and with the joint aid, of Great Britain and the United States.

Mr. Pitt had favored this project during the controversy with Spain, in 1790, about Nootka Sound, but he checked it when that country yielded the point of honor. He again favored it at this time, as the extracts from Mr. King’s letters, appended to that of Mr. Pickering of 21st August, 1798, sufficiently prove. The design was stupendous, and, if attempted, could not have failed to entangle the United States in a European war. It provided that Great Britain should, on her part, furnish the naval force, not exceeding twenty ships of the line, and the money, whilst the United States should supply a land force of five thousand infantry and two thousand cavalry, during the whole war that might ensue. In case of success, Great Britain was to have for her share the West India Islands, the exclusive supply of her own manufactures to South America, and the exclusive right of transit over the isthmus. The United States, on their part, were to be guaranteed the possession of Florida and all the territory east of the Mississippi. General Hamilton expected and desired to command the land force, a fact which supplies a motive for the enlargement of the army and the desire of the command at this time, quite independent of any apprehension of a French invasion. General Knox was likewise engaged in it, and Mr. Pickering was undoubtedly, and Mr. McHenry probably, privy to the whole movement. It fell through, because Mr. Adams declined to give any reply to this appeal of General Miranda, and the turn of affairs in the peninsula soon after qualified the earnestness of the British in his behalf. Hamilton’s Works, vol. vi. pp. 343, 347, 348, 368. See, also, an interesting article evidently drawn up from original sources of information, in the Edinburgh Review, vol. xiii. pp. 277-311. An important letter of Miranda to Mr. Hamilton is there printed, which is not in Hamilton’s Works.

The relations which France and Spain had contracted with each other by the treaty of St. Ildefonso, of the 19th of August, 1796, embraced a guaranty of the dominions of each other both in the old and the new world. Of course, any hostile demonstration against the Spanish colonies, must have led to a general war.