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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

M. DUMAS TO JOHN ADAMS. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799) [1853]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 8.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


M. DUMAS TO JOHN ADAMS.

Monsieur,

J’ai la satisfaction de pouvoir vous annoncer que tout est à peu près raccommodé. Je dis, à peu près; car il faudra toujours écrire, le plutôt le mieux, a Leur Hautes Puissances la lettre en question, où vous leur exposerez le cas. La résolution avoit passé hier, comme j’ai eu l’honneur de vous le mander. Mais comme la résomption devoit s’en faire aujourd’hui avant d’être arrêtée, on revint un peu à la proposition des modérés, d’avoir une explication avec moi. En conséquence M. Fagel m’a envoyé prier ce matin de passer chez lui a dix heures; ce qu’ayant fait, il m’a exposé la sensibilité de L. H. P., et demandé si M. Adams, accrédité et admis tout récemment auprès de sa Majesté Britannique, étoit le même qui étoit accrédité auprès d’eux. Je l’ai prié de me dire, s’il me faisoit la question comme M. Fagel, ou comme M. le Greffier. Il m’a dit, j’ai ordre de vous le demander de la part de L. H. P. J’ai donc, lui ai je dit, un double et triple motif de vous dire la vérité; la voici en trois mots. C’est le même. J’ai poursuivi, qu’il m’étoit aisé de vous justifier provisionellement, en attendant que vous le fissiez vous-même par lettre à L. H. P.; et làdessus je lui ai lu ce que vous m’avez fait l’honneur de me dire sur ce sujet dans vos lettres de Paris du 11 et du 18 Mai. Il a été très content de la manière dont vous exprimez votre embarras dans les deux passages, en ajoutant; “J’ai bien dit que M. Adams étoit honnête, et incapable de manquer à L. H. P. Je vous prie de lui faire mes complimens, et de l’assurer de mes sentimens d’estime et d’amitié pour lui.” Je lui ai lu ensuite ce qu’il convenoit de la minute de mon susdit postscrit, qu’il a approuvé. Il m’a dit alors, qu’il avoit écrit hier provisionellement à M. de Linde, de s’informer; mais que L. H. P. avoient trouvé bon, au lieu d’arrêter une résolution, de prendre la chose ad notam; en d’autres termes, de la rendre commissoriale, si les explications que je pourrai donner se trouvoient satisfaisantes; ce dont il ne doutoit pas, si je voulois lui donner extrait de ces lettres, pour le produire immédiatement à l’assemblée. Comme le temps étoit court, et qu’il n’y avoit rien d’ailleurs dans les deux lettres, qui ne pût être vu d’un chacun, j’ai pris le parti de lui confier les originaux (ce que M. de Verac, à qui je l’ai raconté, a approuvé). Il me les renverra.

J’ai couru delà à un autre bout de la ville, instruire l’ami d’hier, qui alloit sortir pour se rendre à l’assemblée. Mon attention lui a fait plaisir. Après diner j’ai appris que la prise ad notam a eu lieu. M. Fagel m’a dit aussi, que le Roi de Suède en question étoit celui d’aujourd’hui; le ministre dont il se croyoit offensé, M. de Linde actuellement à Londres; et celui qui cita ce trait hier à l’assemblée, M. son père, de Blitterswyck. Il m’a dit aussi que quelques têtes chaudes avoient opiné de rappeler M. Van Berckel.

La proposition d’Amsterdam, dont je vous ai parlé, et un terrible mémoire de M. le Comte de Maillebois, qui l’a suivie de près, vont, selon toute apparence, produire l’établissement d’un département militaire, qui diminuera prodigieusement certaine influence.

La crise en Allemagne continue de mûrir. Je viens de déchiffrer une lettre interessante là-dessus. Mais ceci fort entre nous.

P. S. du 10e Juin. M. le Greffier Fagel, en me rendant ce matin les deux lettres susdites, m’a dit, que l’éponge est passée sur toute cette affaire, et que L. H. P. ont ordonné de la rayer même des notes. Cela vous rendra, monsieur, la lettre de politesse, qu’il est toujours et d’autant plus à propos d’écrire, encore plus aisée.

Permettez, &c.

C. W. F. Dumas.