Econlib

The Library

Other Sites

Front Page arrow Titles (by Subject) arrow M. DUMAS TO JOHN ADAMS. - The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799)

Return to Title Page for The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799)

Search this Title:

Also in the Library:

Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

M. DUMAS TO JOHN ADAMS. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799) [1853]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 8.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


M. DUMAS TO JOHN ADAMS.

Monsieur,

Je me vois honoré des vôtres du 11, 18, et 29 Mai. Je sens l’incongruité qu’il y auroit à venir prendre congé sans lettres de rappel, et j’ai soin de la faire sentir aussi à tous ceux qui m’en parlent. J’espère que M. Franklin conservera autant de vigueur de corps, qu’il en montre d’esprit en s’embarquant à 80 ans.

Je serois bien aise que vous eussiez la bonté de me marquer la conduite que vous désirez, monsieur, que je tienne avec Sir James Harris quand il reviendra ici. Lorsqu’il vint déployer son caractère, il fit annoncer son arrivée à tous, grands et petits; mais il ne fit rien dire ni à l’hôtel des États Unis ni chez moi. J’en conclus alors, que nous devions être comme deux paralleles qui, étant prolongées dans une même direction, ne se touchent jamais. Mais comme ceci ne regarde que le besoin personnel que nous ne pouvons avoir l’un de l’autre, je suis prêt, toutes les fois que le service des États Unis en profiteroit, à aller chez lui lorsque vous le souhaiterez.

Quant aux affaires de la République externes, elles continuent de traîner en longueur. Les internes sont poussées avec plus de vigueur. Vendredi il y a eu une résolution, quant à Rotterdam, fort désagréable au statdholder et ses créatures, et une proposition d’Amsterdam, rendue tout de suite commissoriale, encore plus alarmante pour lui. Sa commission de capitaine-général lui donne le commandement, mais non la direction, de l’armée. Il s’étoit emparé de la dernière, comme de bien d’autres choses. Il y a tout à parier que dans peu il sera mis ordre à cela. Les affaires dans l’empire sont dans une crise, dont je pourrai peut-être bientôt vous apprendre le développement, &c. &c.

Dumas.

P. S. J’allois faire partir cette lettre, lorsqu’un ami, au sortir de l’assemblée de Leur Hautes Puissances, dont il est membre, est venu amicalement et confidentiellement m’avertir, que L. H. P. ont reçu de Londres la nouvelle de l’audience et présentation de V. E. comme ministre des États Unis près de sa Majesté Brittanique; que cette démarche a étonné et blessé L. H. P.; qu’on a trouvé que ce n’est ni décent, ni dans l’ordre, d’envoyer et accréditer un ministre accrédité près d’une puissance, sans en donner connoissance ni explication à celle-ci, chez une autre puissance; qu’on a cité à cette occasion, dans l’assemblée, un Roi de Suède, qui prit un pareil procédé pour affront et hostilité; que dans les débats que cela a occasionnés, quelques bien intentionnés et modérés (entre autres, l’ami, que je vous ferai connoître dans la suite) ont opiné de charger M. Fagel de m’entretenir là-dessus, et d’ajuster l’affaire avec moi de manière que L. H. P. eussent contentement; mais que le sentiment d’autres, aisés à deviner, a prévalu, savoir, de faire écrire directement à leur ministre à Londres, pour savoir si M. Adams, qui vient d’avoir audience, &c. près de sa Majesté Brittannique, étoit le même qui se trouvoit toujours accrédité chez eux, ou un autre de même nom. On m’a fait part de tout cela expressément pour vous l’apprendre sans délai; et l’on est d’avis que la chose pourroit peut-être se raccommoder encore, sans un éclat désagréable et à V. E. et au congrès, si vous écriviez et faisiez présenter incessamment une lettre à L. H. P. où vous leur exposeriez votre cas, et les raisons propres à disculper le congrès. Je m’acquitte fort à la hâte. De votre excellence le susdit

C. W. F. Dumas.