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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

M. DUMAS TO JOHN ADAMS. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799) [1853]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 8.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


M. DUMAS TO JOHN ADAMS.

Monsieur,

L’honorée vôtre du 29e a pleinement satisfait ces Messieurs; et M. Van Berckel, au nom de tous, m’a chargé de vous en remercier, et de vous assurer que c’est précisément ce qu’il leur falloit, ce qu’ils espéroient pouvoir se faire de votre part et de celle de messieurs vos collègues, et que vous pouvez compter sur eux, comme ils comptent sur vous, en allant agir conséquemment. J’ai été la communiquer aussi à M. le grand pensionnaire, qui m’a paru penser comme eux, et que l’on m’a dit confidemment, de plus d’une bonne part, avoir à désirer, autant que la France, que le parti Anglais ne prédomine plus ici.

J’ai à vous présenter les respects de tous. Je suis charmé, monsieur, qu’il y ait eu moyen de les contenter à si bon marché; car il me paroît que ce qu’ils demandent n’est autre chose que ce qui est stipulé dans les traités de l’Amérique, tant avec cette république qu’avec la France. Du reste ils sont déterminés à ne signer que lorsque cet article de la navigation sera en règle de la manière proposée, et à ne point perdre non plus Négapatnam; et l’on craint que si M. le Comte de Vergennes ne trouve pas quelque remède à cela, la confiance et l’inclination de cette nation pour la France ne soit étouffée dans sa renaissance; elle importoit cependant plus à la France que Tabago.

M. de Vergennes, pour s’excuser de la précipitation avec laquelle on a signé, a dit aux ministres de la république à Paris, entre autres, que d’un côté l’Amérique, qui se disoit epuisée, craignoit un soulèvement, si l’on devoit imposer de nouvelles taxes, demandoit par M. Franklin vingt millions pour la campagne prochaine si elle avoit lieu, enfin, qui vouloit jouir de la paix et de son traité plutôt que de hazarder une prolongation de guerre qui pouvoit altérer l’accomplissement; et de l’autre, l’Espagne, qui, également epuisée, réclamoit absolument cette conclusion,—avoient mis la France dans la nécessité de signer si précipitamment; mais que cela n’empêchoit pas l’intention ferme de sa Majesté de ne point terminer sans que L. H. P. soient comprises dans la paix générale, et contentes. Dieu le veuille!

Il paroît que M. l’ambassadeur et M. le grand pensionnaire ont reçu, chacun par son courier, les mêmes assurances. Ce dernier cependant n’a pas encore dit le même de sa dépêche à nos autres amis.

Je suis persuadé que dans les lettres confidentielles que je vous ai écrites, monsieur, depuis l’officielle du 24e, vous avez gardé par devers vous seul ce qui (contre mon intention, qui est pure) pourroit faire de la peine à d’autres, et me nuire, quoiqu’à tort, dans leur esprit. J’ai voulu et dû être avec vous un historien fidèle.

Daignez faire agréer mes respects à Messrs. Franklin et Jay, et être assuré du bon aloi de celui, &c.

Dumas.