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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

M. DUMAS TO JOHN ADAMS. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799) [1853]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 8.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


M. DUMAS TO JOHN ADAMS.

Monsieur,

Les lettres que j’ai eu l’honneur de vous écrire Vendredi 24e et Mardi 28e ne sont que l’expression fidèle des sentimens de nos républicains. Je n’y ai rien mis du mien; au contraire, j’ai adouci tant que j’ai pu. Si l’on ne trouve à raccommoder la chose de la manière que je l’ai proposée, c’en est fait pour toujours du crédit ici de la France. Voici la copie promise de la lettre; et d’une autre de la même main reçue ce matin. La France et nos républicains, depuis tous ces jours, sont l’objet des sarcasmes et des railleries amères des malintentionnés; et nos républicains, sans avoir perdu courage vis-à-vis de leurs antagonistes internes, sont outrés, et n’ont plus aucune confiance en ce qui leur est dit ministériellement de la part de la France, pour colorer ce qui vient de se passer, ou pour leur faire faire quelque démarche ultérieure. Ils plaignent personnellement M. le Duc de la Vauguyon, et disent que M. le Comte de Vergennes le sacrifie, et lui fait perdre d’un coup de plume tout le fruit de ses sages, infatigables et brillans travaux ici. Du reste ils déclarent qu’ils ne veulent être dominés ou influés, ou menés à la lisière, ni par l’Angleterre ni par la France; et que quoiqu’on leur propose de la part de la France, ils ne le porteront plus devant leurs villes que moyennant des sûretés suffisantes en poche.

Si vous pouvez faire réussir, monsieur, ce que j’ai proposé, je crois que ce sera une opération politique importante, un coup de partie pour l’honneur et l’avantage des États Unis, parce-qu’elle établira leur crédit, leur dignité et leur gloire ici pour toujours. Votre jugement profond et profonde pénétration, monsieur, n’a pas besoin que j’entre dans de plus longs raisonnemens là-dessus. Il suffit que cette affaire sera également avantageuse à tous, puisque tous y participeront et se l’assûreront.

M. le Comte de Llano m’a fait prier ce matin, de lui communiquer les préliminaires dont M. l’ambassadeur lui a dit que j’avois copie. Mais il s’est contenté de mes raisons pour ne pouvoir lui donner qu’une idée verbale des dits préliminaires. J’ai cru pouvoir et devoir faire le même plaisir à M. d’Asp.

Vous connoissez toute la vérité, &c.

Dumas.