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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

M. DUMAS TO JOHN ADAMS. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 8 (Letters and State Papers 1782-1799) [1853]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 8.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


M. DUMAS TO JOHN ADAMS.

Monsieur,

La manière subite et imprévue dont on a reçu ici la nouvelle de la signature des préliminaires par toutes les autres puissances belligérantes, sans que celui qui tient le plus à cœur ici ait été fixé, a d’abord consterné nos amis; mais après être revenu de leur première surprise, M. Van Berckel, à la réquisition et sur les instances de M. le grand pensionnaire, dans une conférence secrète, a proposé un moyen, sans doute le plus noble et le plus solide, pour parvenir au but désiré et désirable à tous. M. le grand pensionnaire l’a saisi avec empressement; et l’on est convenu, que M. Van Berckel me prieroit de leur part, de consulter votre excellence en toute diligence sur ce moyen, que voici.

“Pour accélérer la négociation de la paix générale, et pour prévenir les discussions ultérieures entre L. H. P. et la Grande Bretagne sur le point de la navigation libre et illimitée, on demande à M. Adams, s’il se trouve assez autorisé de la part du congrès, pour accéder au traité de la neutralité armée déjà conclu entre quelques puissances belligérantes de l’Europe, ou pour entrer dans une pareille négociation avec l’Espagne, la France, et les Pays-Bas Unis.

Dans l’un et l’autre cas, L. H. Puissances pourroient faire la même proposition à la France et à l’Espagne, afin de prévenir les discussions sur le point de la liberté des mers, qui pourroient arrêter la paix générale; et pour mettre la république en état de faire sa paix avec la Grande Bretagne, qui pourroit être retardée par des difficultés que pourroient rencontrer des stipulations particulières, ou des arrangemens à faire avec l’Angleterre sur ce point.

Le traité définitif entre l’Angleterre et la république pourroit alors se faire sous la réserve du droit primitif de toutes les nations, qui se trouvent dans l’exercice de ce droit, à moins qu’ils ne s’en soient départis par des traités particuliers au sujet de contrebandes reconnues pour telles par les contractans respectifs.

M. Adams est prié instamment de communiquer ses idées sur ce point le plutôt possible, et d’y ajouter ses réflexions sur les moyens d’avancer une telle négociation et d’acheminer la paix générale. Car il paroît qu’en attendant la république pourroit accéder à l’armistice qui devra résulter de la signature des préliminaires de paix entre les autres puissances belligérantes, et traiter avec l’Angleterre sur tous les autres points en question.”

Vous êtes le maître, monsieur, si vous le jugez à propos, de conférer aussi là-dessus ministériellement avec M. Brantzen.

Il ne me reste plus, que de vous présenter les complimens et tout ce qui se peut penser de plus cordial de la part de M. Van Berckel, qui vient de me quitter, pour me laisser écrire tout ce que dessus.

Je suis, &c.

Dumas.