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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

Réponse de sa Majesté Très Chrétienne à la Réplique des deux Cours Impériales. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 7 (Letters and State Papers 1777-1782) [1852]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 7.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

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Réponse de sa Majesté Très Chrétienne à la Réplique des deux Cours Impériales.

Le Roi a reçu avec autant de sensibilité que de reconnoissance la réponse des deux cours médiatrices; sa Majesté la regarde comme une nouvelle preuve de leur amitié pour elle, de la justice qu’elles rendent à sa confiance dans leur impartialité, et de l’intérêt véritable qu’elles prennent au prompt rétablissement de la paix.

Le Roi n’a point varié et ne variera point dans le désir de seconder des vues aussi salutaires, et les deux hauts médiateurs peuvent être assurés qu’il ne dépendra jamais de S. M., pour ce qui la concerne, qu’ils ne soient bientôt en mesure de donner un libre cours à leur zèle bienfaisant.

Mais la Cour de Londres ôte au Roi tout moyen et tout espoir à cet égard par sa résolution invariable de regarder et de traiter les Américains comme ses sujets. Une pareille résolution rend inutile toute tentative que l’on pourroit faire pour la paix. Elle détruit de fond en comble le plan des deux médiateurs, puisqu’elle préjuge, de la manière la plus péremptoire, la question qui fait le sujet de la querelle, et dont la décision directe ou indirecte devoit être la base préliminaire de la future pacification.

Dans cet état des choses le Roi pense que les conférences proposées par les deux cours médiatrices seroient dans ce moment-ci sans objet, et que l’assemblée des plénipotentiaires respectifs ne seroit qu’un vain simulacre qui ne diminueroit ni n’abrègeroit les horreurs de la guerre, et qui pourroit compromettre la dignité de leur Majestés Impériales.

Le Roi est véritablement peiné de voir que les choses ont pris une tournure aussi contraire à ses voeux et à l’attente de leurs Majestés Impériales, et s’il étoit en son pouvoir de la changer, il le feroit avec un empressement qui leur démontrerait la pureté de ses intentions; mais sa Majesté croit devoir observer qu’elle a des alliés avec lesquels elle a des engagemens inviolables; qu’elle les trahiroit en abandonnant la cause Américaine, et qu’elle abandonneroit cette cause, si elle se portoit à négocier une paix séparée, indépendamment des États Unis. Les hauts médiateurs ont senti l’impossibilité de cette démarche, puisqu’ils ont eux-mêmes proposé de faire cheminer d’un pas égal la négociation du Roi et celle des États Unis.

Mais en admettant même que le Roi put faire abstraction des affaires de l’Amérique, qu’il se contentât de transiger sur ses intérêts personnels, et qu’il laissât aux Américains le soin de s’accommoder avec leur ancienne métropole, que résulterait-il de cette conduite? Il en résulteroit que la paix seroit illusoire, qu’elle seroit un être de raison; en effet, si, ce qui paroît de la plus grande évidence, les Américains persistoient dans leur refus de rentrer sous l’obéissance de la Couronne Britannique, la guerre continueroit entre l’Angleterre et ses anciennes colonies; et le Roi seroit obligé alors, comme il l’est à présent, de les assister; le Roi d’Éspagne, de son coté, seroit dans le cas d’assister sa Majesté; de sorte que la France et l’Éspagne se retrouveroient après la signature de leur traité particulier dans le même état où elles se trouvent actuellement.

Ces considérations semblent au Roi être de la plus grande force, et sa Majesté rend trop de justice aux lumières et à la pénétration des deux hauts médiateurs, pour n’être pas persuadée d’avance qu’ils les envisageront sous le même point de vue, et qu’ils donneront une entière approbation à la conduite réservée qu’elles la forcent de tenir.

Le Roi souhaite avec ardeur de se trouver dans le cas d’en changer; et c’est par une suite de ce sentiment qu’il invite les hauts médiateurs à employer toute leur influence à la Cour de Londres, pour l’engager à manifester des dispositions propre à persuader qu’elle est enfin résolue de donner de bonne foi la main à une paix prompte et équitable.

Le Roi croit devoir prévenir les hauts médiateurs que son ambassadeur à Vienne est dès à présent autorisé à écouter toutes les ouvertures et tous les expédiens tendans à ce but, soit qu’ils viennent de la Cour de Londres, ou qu’ils soient proposés par leurs Majestés Impériales; et il est même autorisé a lier la négociation si on lui présente des bases suffisantes pour la conduire sûrement a une heureuse conclusion sous les auspices de leurs Majestés Impériales.

Of these papers, Mr. Adams himself furnished a translation, in his letters to the Boston Patriot, which is here given.