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Subject Area: Political Theory
Topic: The American Revolution and Constitution

RÉPONSE (mutatis mutandis). - John Adams, The Works of John Adams, vol. 7 (Letters and State Papers 1777-1782) [1852]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 7.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

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RÉPONSE (mutatis mutandis).

Les Cours de Versailles et de Madrid venant de faire remettre aux deux Cours Impériales leurs réponses respectives aux articles pour servir de base à la négociation, qui leur avoient été communiqués, ainsi que celle de Londres leur avoit fait parvenir la sienne le 15 Juin dernier, elles croient ne point devoir tarder à les communiquer réciproquement aux trois cours respectives, comme nécessaires à leurs directions mutuelles; et elles ont chargés en conséquence leurs ambassadeurs et ministres aux dites Cours d’en prèsenter des copies à leurs ministères.

Leurs Majestés Impériales ont trouvé avec beaucoup de satisfaction, dans celle que vient de leur faire remettre sa Majesté Très Chrétienne, l’assurance des sentimens de la reconnoissance et de l’empressement avec lesquels elle avoit reçu les dits articles; mais elles n’ont pu en être que d’autant plus peinées de l’exposé des raisons qui ont paru à sa Majesté devoir s’opposer à leur acceptation.

Il leur paroit convenable, dans l’état actuel des choses, de renvoyer à d’autres temps et à d’autres circonstances les observations, dont elles seroient susceptibles, et qu’il seroit vraisemblablement inutile d’exposer dans ce moment-ci; mais en échange, ce qui ne l’est, ni pour le présent ni pour l’avenir, c’est, que les puissances belligérantes puissent envisager dans leur vrai point de vue les articles qui leur ont été proposés, et les apprécier en conséquence à leur juste valeur.

Les puissances médiatrices n’ont dû se permettre, ni aucune de ces propositions qui auroient pu blesser la dignité ou la délicatesse de l’une ou de l’autre des parties, ni aucune de celles, qui pour préalable auroient entrainé explicitement ou implicitement des decisions, qui ne peuvent être que le résultat de consentemens obtenu par la voye des négotiations.

Elles ont dù se borner, par conséquent, à chercher et à trouver quelque moyen propre à mettre les puissances belligérantes dans le cas de pouvoir rassembler leurs plénipotentiaires respectifs dans le lieu du congrès, pour y travailler sous la médiation des deux Cours Impériales à l’arrangement amiable de tous les différens qui sont les causes de la guerre actuelle, et pour, une fois rassemblés et munis d’instructions pour tous les événemens possibles, y être continuellement à portée de pouvoir saisir l’un ou l’autre de ces heureux momens qu’amènent quelquefois les circonstances, et qui souvent sont perdus pour toujours, ou au moins pour long temps, lorsqu’on n’a point été à même de pouvoir en profiter. Elles n’y ont trouvés en même temps aucun inconvenient possible, que peutêtre celui d’un progrès de négociation pas tout à fait si rapide qu’il seroit désirable sans doute qu’il put l’être; l’idée d’une suspension d’armes et de la fixation d’un statu quo par elle même, indépendante du reste de la proposition, pouvant être à volonté adoptée, ou ne point l’être. Et il leur a paru conséquemment, en pésant avec la plus grande impartialité les avantages et les inconvéniens possibles de l’acceptation de leurs propositions, que rien n’étoit plus convenable à l’intérêt respectif des parties belligérantes, ainsi qu’à leurs circonstances générales et particulières; elles persistent dans cette opinion, et moyennant cela, par l’intérêt sincère qu’elles prennent aux circonstances de toutes les parties belligérantes, elles ne sauroient s’empêcher de souhaiter qu’elles puissent admettre encore entre elles, avec les modifications qu’elles voudront y ajouter, les articles qui leur ont été proposés, lesquels, comme très bien l’observe S. M. T. C., effectivement ne sont point des articles préliminaires, ainsi que par la nature des choses ils n’ont pu l’être, mais ne s’en trouvent pas moins être un moyen qui peut faire parvenir à faire réussir d’un moment à l’autre, non seulement un arrangement de préliminaires, mais peut-être même à ramener la paix, dont par tant de raisons le plus prompt retour possible seroit si désirable.

Les deux Cours Impériales ont cru devoir à la confiance avec laquelle s’est expliquée à leur égard dans sa réponse S. M. T. C. celle avec laquelle elles lui exposent en échange la façon dont elles ont envisagé la démarche de la proposition des articles qu’elles lui ont fait communiquer, ainsi que les voeux qu’elles persistent de faire, pourvu-que les parties belligérantes puissent adopter encore ce qu’elles leur ont proposé, ou au moins, à ce défaut, leur communiquer quelque autre idée propre à produire les même effets ou de plus heureux encore, s’il est possible.

Sa Majesté Très Chrétienne peut-être persuadée d’avance dans ce cas, qu’avec tout le zèle possible, elles s’empressent à en faire l’usage qui leur paroîtra pouvoir être le plus utile et le plus convenable; rien n’étant plus certain que la sincérité des sentimens avec lesquels elles auront soin de justifier en toute occasion, la confiance que leurs ont témoignée les hautes parties belligérantes en acceptant leur médiation.