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Subject Area: Political Theory
Subject Area: History
Topic: The American Revolution and Constitution

E.: (Page 394.) EXTRACTS FROM THE “MONITEUR UNIVERSEL.” NO. 358. DIMANCHE, DÉCEMBRE 23, 1792. - John Adams, The Works of John Adams, vol. 1 (Life of the Author) [1856]

Edition used:

The Works of John Adams, Second President of the United States: with a Life of the Author, Notes and Illustrations, by his Grandson Charles Francis Adams (Boston: Little, Brown and Co., 1856). 10 volumes. Vol. 1.

Part of: The Works of John Adams, 10 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


E.

(Page 394.)

EXTRACTS FROM THE “MONITEUR UNIVERSEL.” NO. 358. DIMANCHE, DÉCEMBRE 23, 1792.

Un secrétaire fait lecture d’une lettre du Ministre des Affaires Étrangères, ainsi conçue.

Citoyen Président,

Les preuves de talent et de civisme qu’a données le Citoyen Genet dans les différentes missions dont il a été chargé, ont déterminé le conseil exécutif à récompenser son zèle, en le nommant Ministre plénipotentiaire auprès les États Unis d’Amérique. Il doit travailler à resserrer les liens qui unissaient les deux nations; objet négligé par l’ancien gouvernement.

“Le conseil exécutif s’est fait représenter les instructions données par le Ministre précédent, aux agens dans ce pays. Il y a vu avec indignation que, dans le tems même où ce bon peuple nous exprimait de la manière la plus touchante son amitié et sa reconnoissance, Vergennes et Montmorin pensaient qu’il ne convenait point à la France de lui donner toute la consistance dont il était susceptible; parce qu’il acquerrait une force, dont il serait probablement tenté d’abuser.

“Ils enjoignèrent en conséquence à leurs agens, de tenir à l’égard de ce peuple la conduite la plus passive, et de ne parler que des vœux personnels du roi pour sa prospérité. La même Machiavélisme avait dirigé les opérations de la guerre: la même duplicité fut employée dans les négociations pour la paix; et lorsqu’elle fut signée, ce peuple, pour lequel on avait pris les armes, fut entièrement négligé.

“La Convention Nationale veut suivre une autre marche. Déjà elle a manifesté le désir de contracter une alliance solide avec les Américains. C’est ce qui m’engage à lui rappeler, qu’elle s’est engagée à exprimer elle-même (par une lettre, que son Président a été chargé d’écrire) sa sensibilité sur les secours généreux que les États Unis (et surtout celui de Pennsylvanie) ont donnés aux Colonies Françaises. Je pense que si le Citoyen Genet étoit porteur de cette lettre, elle pourroit produire un très bon effet et faciliter les succès de ses négociations.

“Chule (Député) demande que des Commissaires pris dans le sein de la Convention soient envoyés près des États Unis. Cette proposition n’a pas de suite.

“L’Assemblée décide que l’adresse votée au peuple des États Unis sera lue dans la séance de demain, pour être remise au Citoyen Genet.”

Gaudet lit l’addresse que la Convention l’avoit chargé de faire aux États Unis d’Amérique. La rédaction en est adoptée, ainsi qu’elle suit.

Président des États Unis du Nord,

Au milieu des orages qui agitent notre liberté naissante, il est doux pour la République Française de pouvoir communiquer avec des Républiques fondées sur les mêmes principes que les siens. Nos frères des États Unis auront appris, sans doute avec joie, la révolution nouvelle qui a renversé le dernier obstacle à notre liberté. Cette révolution était nécessaire. La royauté existait encore; et dans toute Constitution où la royauté existe, il n’est point de vraie liberté. Les rois et l’égalité ne peuvent se rencontrer ensemble; leur état est de conspirer contre elle, et contre la souveraineté des peuples. Les États Unis de l’Amérique auront peine à le croire; l’appui que l’ancienne Cour de France leur prêta pour recouvrer leur indépendance n’étoit que le fruit d’une vile spéculation; leur gloire offusquait ses vues ambitieuses; et ses ambassadeurs avaient l’ordre criminel d’arrêter le cours de leur prospérité.

Non, ce n’est qu’entre des nations libres que des traités sincères et fraternels peuvent se former. La liberté que la République Française veut rendre aux peuples qui réclament son appui, ne sera point souillée des semblables taches; elle est pure comme elle.