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277.: From PIERRE–SAMUEL DUPONT DE NEMOURS - Adam Smith, Glasgow Edition of the Works and Correspondence Vol. 6 Correspondence of Adam Smith [1740]

Edition used:

Correspondence of Adam Smith, ed. E. C. Mossner and I. S. Ross, vol. VI of the Glasgow Edition of the Works and Correspondence of Adam Smith (Indianapolis: Liberty Fund, 1987).

Part of: The Glasgow Edition of the Works and Correspondence of Adam Smith, 7 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


277.

From PIERRE–SAMUEL DUPONT DE NEMOURS1

MS., formerly in copy of Dupont’s Lettre à la Chambre du Commerce de Normandie (1788), New College Libr., Edinburgh; Bonar 62–3.

Monsieur

J’ai l’honneur de vous envoyer un ouvrage que je viens de publier sur le traité de commerce entre nos deux Nations.2

Je vous prie de l’agréer comme un tribut de mon respect pour le Livre excellent dont vous avez enrichi le monde.

Vous trouverez que je n’ai pas traité mon sujet assez philosophiquement; qu’il y a un grand nombre de vérités que je n’ai qu’indiquées; qu’il y a plusieurs passages dans lesquels j’ai évité de choquer de front les préjugés de mes lecteurs, et j’ai commencé par applaudir à leurs intentions et à leurs vues avant d’exposer les vues préférables qui sont à suivre.

Monsieur, je voulais persuader même avant de les convaincre des gens animés jusqu’au fanatisme, et qui croiraient faire une action louable en entraînant les deux nations à la guerre pour les replonger sous les fers des Prohibitions respectives.

J’avais à combattre une opinion unanime et universelle dans mon pays. Toute opinion publique mérite d’être traitée avec égard, surtout lors qu’il faut qu’à l’instant l’administration se détermine contre elle. C’est lorsque la nécessité de prendre un parti n’est pas pressante que l’on peut fronder l’erreur de toute la hauteur de la vérité.

J’espère donc que vous pardonnerez les défauts de mon ouvrage qui ne me sont inconnus et dont quelques–uns sont volontaires.

Il est encore plus important de bien faire que de bien dire. Si parlant comme attaché au Gouvernement on annonçait à nos négocians, a nos fabricans et à la Tourbe de nos administrateurs qu’il est inutile et dangereux de donner des encouragemens particuliers aux fabriques et à l’exportation de leurs ouvrages, non seulement on ne serait ni lu, ni écouté, mais on risquerait de décrier tellement les bons Principes qu’on en éloignerait le Gouvernement lui–même, et qu’on prolongerait de dix ans l’ignorance et ses funestes effets. En frappant les yeux d’une lumière trop vive, on leur rendrait la cécité.

Je sais que la Postérité sera éclairée. C’est à la génération présente que je voudrais être utile. Elle est dans l’enfance. Il lui faut encore des alimens proportionnés à la faiblesse.

Lorsque j’étais homme privé, j’étais plus hardi; et je le redeviendrai en quittant la très petite part que j’ai à l’administration. Un simple citoyen peut dire ce qu’il lui plaît parce que personne n’imagine que les conseils des Princes ou des nations se déterminent d’après les livres. Mais si l’administration elle–même paraît vouloir suivre uniquement les Principes d’une nouvelle philosophie, les Préjugés s’ameutent autour d’elle manière a lui interdire tout succès.

C’est ce que j’ai vu arriver à l’excellent M. Turgot, et c’est un malheur que j’ai partagé avec lui. Il a fallu dix ans pour qu’une partie de ses plans, celui de la suppression des corvées et celui de la formation des assemblées provinciales pussent se réaliser imparfaitement, et encore au prix des orages auxquels vous voyez notre Royaume en proie.3

Il ne faut pas croire cependant que ces orages soient aussi nuisibles qu’ils le paraissent. Ils accoutument à réfléchir sur les intérêts et les droits des hommes; ils mûrissent l’État gouvernant et l’État gouverné.

Nous marchons avec rapidité à une bonne constitution,4 qui contribuera ensuite à perfectionner même celle de votre Patrie; et les bons principes après été quelque tems concentrés entre les États unis d’Amérique, la France et l’Angleterre, se répandront enfin jusques sur les autres nations.

Vous avez beaucoup hâté cette utile révolution, les Économistes français n’y auront pas nui, et ils garderont pour vous autant de respect, Monsieur, que vous daignez leur témoigner d’estime.

J’ai l’honneur d’être avec un respectueux attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Du Pont

[1 ]Pierre–Samuel Dupont de Nemours (1739–1817), philanthropist, economist, Deputy to the National Assembly, and translator of Ariosto. He impressed the économistes by his Réflexions sur l’écrit intitulé: Richesse de l’État (1763), and publicized Quesnay’s system in frequent articles for two journals he edited: Journal de l’agriculture (1765–6) and Éphémérides du citoyen (1768–72), also he published Quesnay’s writings together with an analysis in Physiocratie (1768). His treatise De l’origine et du progrès d’une science nouvelle (1767) and the Tableau raisonné des principes de l’économie politique (1775) are among his important contributions to the literature of economics. He became the friend and confidant of Turgot and served under him in the French Government, 1774–6; later he wrote memoirs of Turgot (1782), then enlarged these for an edition of Turgot’s complete works (1808–11). As a practical politician he took part in the early stages of the French Revolution, but his views clashed with those of the Jacobins, and after running a clandestine press he was imprisoned, surviving this period solely as a result of the fall of Robespierre. In 1799 he emigrated to the United States and a year later, at Jefferson’s request, he prepared a plan for national education. At this time his son, Eleuthère Irénée, set up a gunpowder mill in Delaware, thus founding the family chemical industry. The father returned to France in 1802 to assist in the negotiations for the Louisiana Purchase, and was active in bringing down Napoleon’s regime in 1814, but a year later returned to America where he died.

[2 ]Lettre à la Chambre du Commerce de Normandie sur le Mémoire qu’elle a publié relativement au Traité de Commerce avec l’Angleterre (Rouen, 1788): an account of the negotiations that led to the signing of the Eden Treaty in 1786. It contains Dupont’s bon mot likening commerce to Lazarus: resurrection was assured as soon as government cried out like Jesus: ‘Otez–lui ses liens, et laissez–le aller.’

[3 ]Turgot’s attempts to suppress the corvées and establish a tiered system of district and provincial representative bodies culminating in a grande municipalité were renewed during the ministry of Calonne 1783–7.

[4 ]To carry out his reforms, Calonne summoned an Assemblée des notables, which met in Feb. 1787 with Dupont serving as one of the two secretaries. There ensued the opening phase of the aristocratic revolt resulting in the fall of Calonne, and the demand by the Paris parlement on 26 July 1787 for the summoning of the États généraux. By May 1788, matters had reached the point of the Paris parlement drawing up a list of the fundamental laws of the monarchy in response to warnings of severe measures of repression. The Assemblée du clergé met in June and amid the growing financial crisis, they combined with the provincial parlements in calling for a meeting of the États généraux. The Government acceded and the meeting was fixed for 1 May 1789. It became clear that the privileged classes of the nobility and the clergy wished to retain a permanent right of veto over the tiers état. Dupont was sent to the États généraux as a Deputy for the tiers état of the baillage of Nemours, and he voted both for the establishment of two chambers and the suspensive veto. Subsequently, he presided over the National Assembly twice and often served as its Secretary.