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Subject Area: Economics
Subject Area: Political Theory

GALLATIN TO LEVETT HARRIS. - Albert Gallatin, The Writings of Albert Gallatin, vol. 1 [1879]

Edition used:

The Writings of Albert Gallatin, ed. Henry Adams (Philadelphia: J.B. Lippincott, 1879). 3 vols.

Part of: The Writings of Albert Gallatin, 3 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


GALLATIN TO LEVETT HARRIS.

Mr. Gallatin prie Mr. Harris de témoigner en conversation à Monsieur le Comte de Romanzoff combien il est sensible (ainsi que Mr. Bayard) à la.réception flatteuse dont Mr. le Comte les a honorés et aux marques de confiance qu’il a bien voulu leur donner. Cette confiance est parfaitement réciproque de leur part et est la cause du désir qu’a Mr. Gallatin que Mr. Harris prenne l’occasion de communiquer à Mr. le Comte l’inquiétude que leur cause le temps qui s’est écoulé sans qu’ils aient été accrédités auprès de l’Empereur. Il y a six semaines qu’ils sont arrivés et 38 jours depuis qu’ils ont eu l’honneur de présenter à Mr. le Comte copies de leur lettre de créance et pleins pouvoirs. Mr. Gallatin sent parfaitement que les intérêts majeurs qui occupent Sa Majesté Impériale ne lui ont pas permis de donner son attention à un objet secondaire; et les ordres qu’Elle a donnés dès avant leur arrivée à St. Pétersbourg, pour qu’on renouvellât auprès de l’Angleterre l’offre de sa médiation, ainsi que la communication que Mr. le Comte avait faite à Mr. Adams à l’égard de la réception personnelle de la mission, sont des preuves convaincantes des dispositions de Sa Majesté et de l’intérêt qu’Elle continue de prendre à l’Amérique.

Le gouvernement des Etats-Unis s’étant reposé entièrement sur l’effet de la médiation de Sa Majesté et n’ayant pris aucune autre mesure pour préparer les voies au rétablissement de la paix, il est très-important pour le succès de la mission que l’interposition de Sa Majesté ait tout le poids possible et à cet effet que l’intérêt qu’Elle prend à cette affaire et la manière favorable dont Elle envisage la démarche de l’Amérique et l’envoi d’une mission extraordinaire, soient bien compris par l’Angleterre et publiquement connus. C’est principalement sous ce point de vue qu’il importe à MM. Gallatin et Bayard d’être accrédités en plein au même moment que l’offre de la médiation se renouvelle, et qu’on ne puisse pas supposer qu’on hésite à cet égard, ou que la mission est regardée comme trop peu importante pour qu’on s’en occupe.

Mr. Harris pourra aussi observer que si le Lord Walpole arrivant ici du quartier-général, où il aura présenté sa lettre de créance, se trouve sur-le-champ, comme on doit naturellement s’y attendre, accrédité en plein à St. Pétersbourg et présenté dans les formes comme ministre de l’Angleterre, tandis que les ministres américains, arrivés deux mois auparavant, continueraient dans une situation officielle équivoque, cette circonstance aurait un mauvais effet et serait très-mortifiante pour eux et pour leur gouvernement.

Enfin il pourrait arriver dans le cas non impossible où l’Angleterre rejetterait l’offre de la médiation, que Messrs. Gallatin et Bayard seraient obligés de partir sans avoir été accrédités en plein et présentés comme ministres, ou ne le seraient qu’au moment de leur départ; ce qui ajouterait un nouveau dèsagrément au regret et inconvéniens d’une mission infructueuse.

Mr. Harris aura soin de faire comprendre à Mr. le Comte, que Mr. Gallatin n’a personnellement aucune prétension, comme individu n’a le droit de rien réclamer, et qu’au contraire il serait très-satisfait s’il pouvait remplir ses fonctions sans la moindre représentation; mais qu’il a extrêmement à cœur de remplir les vues du Président et l’attente de son gouvernement, dont le principal motif en envoyant un de leurs membres (en opposition à leur usage ordinaire) a été l’espérance que cette démarche aiderait à reserrer les liens et à fortifier la bonne intelligence entre les deux gouvernements. M. Gallatin est fermement persuadé que la Russie est la seule puissance vraiment amie de l’Amérique et il regretterait extrêmement qu’aucune circonstance accidentelle liée avec sa mission causât la moindre mortification à son gouvernement, ou tendit à produire quelqu’ impression contraire à celles qui existent déjà à un haut degré en Amérique. Le gouvernement est de la même opinion que M. Gallatin à l’égard de la Russie et particulièrement quant aux dispositions personnelles de Sa Majesté Impériale; et l’opinion publique quoique plus lentement suit la même marche.

M. le Comte de Romanzoff peut-il faire quelque chose de plus que ce qu’il a fait pour hâter la réception officielle de MM. Gallatin et Bayard? Ou peuvent-ils eux-mêmes faire, avec l’avis de M. le Comte, quelque démarche à cet égard? Ce sont les points sur lesquels M. Harris tâchera d’obtenir quelques lumières; et M. Gallatin se fie à sa discrétion et au tact qu’il lui connaît pour qu’il le fasse avec toute la délicatesse que l’occasion requiert et tout le respect qui est dû au caractère de M. le Comte, à son amitié pour l’Amérique et à la manière dont, personnellement, il a traité et reçu ses ministres.

Mr. Gallatin ne veut pas oublier de dire à Mr. Harris que la raison pour laquelle il le charge de cette mission, de préférence à Mr. Adams, est afin de lui ôter tout caractère officiel.