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Subject Area: Economics
Subject Area: Political Theory

GALLATIN TO LOUIS PICTET, Genève. - Albert Gallatin, The Writings of Albert Gallatin, vol. 2 [1879]

Edition used:

The Writings of Albert Gallatin, ed. Henry Adams (Philadelphia: J.B. Lippincott, 1879). 3 vols.

Part of: The Writings of Albert Gallatin, 3 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


GALLATIN TO LOUIS PICTET, Genève.

Monsieur,

. . . Il n’y a que quelques jours que j’ai reçu les divers projets, le rapport de la commission et la constitution de Genève, telle qu’elle a été adoptée, que vous avez eu la bonté de m’envoyer. Je regrette encore plus la manière dont cette révolution s’est opérée que son résultat. Quelqu’accoûtumé que je sois au suffrage universel, je dois dire d’après notre expérience que ses effets sont plus nuisibles et plus dangereux dans l’administration et le gouvernement d’un cité, que dans ceux d’un grand pays. Mais s’il y avait nécessité absolue de considérer ce principe comme un fait déjà accompli, il me paraît que vous avez tiré tout le parti possible des circonstances où vous étiez placés et que la constitution est beaucoup meilleure qu’on n’avait droit de l’espérer. Le rapport de la commission aborde toutes les questions avec franchise et elles y sont discutées avec un profondeur et un talent remarquables. Il y a pour l’avenir bien des sujets de crainte; mais l’espérance n’est pas perdue là où on peut parler ainsi au peuple et le convaincre par la raison sans en appeler à ses passions. L’embarras d’une population catholique est devenue inévitable; mais elle ne peut s’amalgamer que difficilement, et elle dérange un des principaux éléments de la considération morale dont Genève jouissait. Malgré toutes ces difficultés, il me semble qu’on est en général trop effrayé des innovations qu’amène l’opinion publique et l’esprit du siècle. J’ai vu le temps où vos ayeux et les miens croyaient la république perdue parceque le peuple leur avait arraché le droit de déplacer annuellement la sixième partie du conseil d’état; sans avoir cependant obtenu celui de choisir les remplaçants. Dans tous les cas je crois qu’au lieu de se retirer et de tout abandonner à quelques meneurs temporaires, il faut redoubler d’efforts, s’emparer de l’état des choses quel qu’il soit et apprendre l’art difficile, mais devenu partout nécessaire, de diriger dans un sens convenable au lieu de chercher à comprimer le formidable élément populaire, tant qu’il ne sort pas des voies légales et constitutionnelles. Le grand danger surtout dans les petits états est celui de l’appel à la force physique de ces émeutes qui renversent en un jour l’œuvre des années; et c’est celui surtout qu’il faut prévoir et savoir prévenir. Nous venons d’en faire l’expérience dans le petit état de Rhode Island.

Il ne m’appartient pas de donner des conseils; je vous raconte seulement ce que j’ai vu, un peu ce que j’ai tâché de faire; et quoique je n’ai pas toujours réussi, je crois que mes efforts n’ont pas été entièrement inutiles. J’ai donc vu avec grand plaisir votre nom, celui de Messrs. Naville et de beaucoup d’autres qui ne me sont connus que de réputation, parmi ceux qui ont coöpéré à la nouvelle constitution et qui continuent à se dévouer au service de la république. Avec la masse de lumières, de talents distingués, de vertus publiques et privées, dont Genève s’honore, j’ose encore espérer que la Providence qui a d’une manière presque miraculeuse conservé et protégé notre patrie, ne l’abandonnera pas entièrement, et qu’après des épreuves moins terribles que celles qu’essuyèrent vos pères, vous vous retrouverez placés dans une situation beaucoup moins pénible que vous ne paraissez le craindre.

Veuillez, je vous prie, me rappeler au souvenir de mes parents et amis, et agréer l’assurance de ma haute considération.

GALLATIN TO GEORGE PLITT AND OTHERS.

Gentlemen,

I had the honor to receive your letter of the 4th instant inviting me to attend the celebration of the centennial anniversary of the birth of Thomas Jefferson, the author of the Declaration of Independence. The state of my health is such at this moment as to render it impossible for me to avail myself of your kind invitation. I regret extremely that I should be thus deprived of the opportunity to pay a tribute to the revered memory of him to whom I was united not only by a conformity of political principles, but by the ties of gratitude and of a personal friendship which during a period of thirty years was never interrupted, or even obscured by a single cloud.

The testimony of the “only surviving member of his Cabinet” respecting his Administration whilst President might not be deemed altogether impartial. And the just appreciation of all his public acts, and of his eminent services, from the earliest dawn of the Revolution to the time when he withdrew from public life, may safely be left to the judgment of posterity.

But, as one intimately acquainted with him, and who enjoyed his entire confidence, I can bear witness to the purity of his character and to his sincere conviction of the truth of those political tenets which he constantly and openly avowed and promulgated. How far these are congenial with American feelings and institutions may be inferred from the fact that, although thirty-five years have elapsed since he left the Presidential chair, no man has as yet been elevated by the people to the same station who did not avowedly belong to the same school.

I do also aver that for his elevation he was indebted solely to his eminent public services and to the knowledge of his political opinions; that he was altogether the spontaneous choice of the people, not promoted by any intrigue, nor even nominated by any assembly or convention, but, without any preconcerted action, and yet without competition, selected unanimously in every quarter by the Republicans who elected him.

I might add much respecting his private and public character; but I have already perhaps gone farther than the occasion required.

Please to accept my thanks for your friendly recollection of an old public servant, and the assurance of my respectful consideration.

Your obedient servant.