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Front Page arrow Titles (by Subject) arrow GALLATIN TO MICHEL CHEVALIER. - The Writings of Albert Gallatin, vol. 2

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Subject Area: Economics
Subject Area: Political Theory

GALLATIN TO MICHEL CHEVALIER. - Albert Gallatin, The Writings of Albert Gallatin, vol. 2 [1879]

Edition used:

The Writings of Albert Gallatin, ed. Henry Adams (Philadelphia: J.B. Lippincott, 1879). 3 vols.

Part of: The Writings of Albert Gallatin, 3 vols.

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


GALLATIN TO MICHEL CHEVALIER.

Monsieur,

J’ai été tellement affaissé par les infirmités de mon âge et les chaleurs de notre été, que depuis le mois de juin jusques à présent je me suis trouvé incapable de m’occuper d’aucun objet sérieux. L’automne m’est plus favorable, et j’ai pu lire et apprécier votre bel ouvrage sur les communications intérieures des États-Unis. Il est réellement surprenant que ce soit à vous, dont le séjour ici a été si court, que nous soyons redevables du tableau le plus graphique et le plus vrai de notre état social, et de la seule description exacte et complète de nos travaux intérieurs. Je suis très-reconnaissant de la manière bienveillante dont vous avez parlé de moi, et je suis flatté de voir mon nom, pour ainsi dire, associé au vôtre.

Nous nous trouvons dans ce moment arrêtés dans notre marche, mais ce n’est qu’un retard. Personne n’a mieux vu que vous qu’il y a plus d’énergie et d’ardeur que de prudence dans les États-Unis. On s’est trop hâté; et au lieu d’accélérer, on a par là retardé Pheure du succès. Quelques états avec une population croissant rapidement mais encore insuffisante, et n’ayant pas encore eu le temps d’accumuler des capitaux, ont commencé, sans autre ressource que le crédit, des ouvrages que sept à huit ans plus tard on aurait pu exécuter sans difficulté. Plusieurs se sont obstinés à emprunter chaque année et la somme nécessaire pour les travaux de l’année et celle dont, ne voulant imposer aucune taxe, on avait besoin pour payer les intérêts toujours croissants de la dette. Puis voyant que le crédit baissait, on a cru pouvoir y remédier en établissant des banques hors de toute proportion avec les besoins légitimes du pays; et c’est précisément ce qui a achevé de le détruire. Vous pouvez néanmoins être assuré que, quoique sous l’influence de toutes ces causes nous ayons essuyé une chute, nous nous reléverons naturellement et nécessairement, que ceci n’est qu’une suspension momentanée, et qu’à l’avenir nos progrès, probablement un peu plus lents, n’en seront que plus solides. Je puis même dire qu’en Pennsylvanie, par exemple, quoique les dépenses annuelles d’entretien et de surintendance ajoutées aux intérêts de la dette contractée pour la construction des canaux et des chemins de fer excèdent considérablement le montant des péages perçus par l’état, l’augmentation dans la valeur locale des produits de l’agriculture et des mines due à ces nouvelles communications s’élève dès à présent à une somme très-supérieure à celle des taxes qu’on doit imposer pour faire face au déficit.

Je ne puis pas vous donner l’équivalent de votre beau présent, mais je vous prie d’accepter comme souvenir et comme marque de ma reconnaissance cinq écrits composés depuis ma retraite des affaires publiques. Les trois derniers ont été publiés depuis que vous nous avez quittés. Le plus volumineux, celui qui traite de l’ethnographie des nations aborigènes de la partie de l’Amérique au Nord des colonies espagnoles, est le fruit de mes loisirs et n’a aucun rapport avec la politique. Je désire, si je le puis, y ajouter un supplément, déjà commencé, qui contiendrait quelques considérations qui se rattachent aux principes de la première civilisation et à l’histoire de l’homme.

Veuillez, monsieur, agréer l’assurance de ma considération distinguée, &c.