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Subject Area: Literature

Scene IV.—: Rouen. A Room in the Palace. - William Shakespeare, The Life of King Henry the Fifth [1600]

Edition used:

The Complete Works of William Shakespeare (The Oxford Shakespeare), ed. with a glossary by W.J. Craig M.A. (Oxford University Press, 1916).

Part of: The Complete Works of William Shakespeare (The Oxford Shakespeare)

About Liberty Fund:

Liberty Fund, Inc. is a private, educational foundation established to encourage the study of the ideal of a society of free and responsible individuals.


Scene IV.—

Rouen. A Room in the Palace.

EnterKatharineandAlice.

Kath.

Alice, tu as esté en Angleterre, et tu parles bien le langage.

Alice.

Un peu, madame.

Kath.

Je te prie, m’enseignez; il faut que j’apprenne à parler. Comment appellez vous la main en Anglois?

Alice.

La main? elle est appellée, de hand.

Kath.

De hand. Et les doigts?

Alice.

Les doigts? ma foy, je oublie les doigts; mais je me souviendray. Les doigts? je pense qu’ils sont appellés de fingres; ouy, de fingres.

Kath.

La main, de hand; les doigts, de fingres. Je pense que je suis le bon escolier. J’ai gagné deux mots d’Anglois vistement. Comment appellez vous les ongles?

Alice.

Lesongles? nous les appellons, de nails.

Kath.

De nails. Escoutez; dites moy, si je parle bien: de hands, de fingres, et de nails.

Alice.

C’est bien dict, madame; il est fort bon Anglois.

Kath.

Dites moy l’Anglois pour le bras.

Alice.

De arm, madame.

Kath.

Et le coude?

Alice.

De elbow.

Kath.

De elbow. Je m’en fais la répétition de tous les mots que vous m’avez appris dès à présent.

Alice.

Il est trop difficile, madame, comme je pense.

Kath.

Excusez moy, Alice; escoutez: de hand, de fingres, de nails, de arma, de bilbow.

Alice.

De elbow, madame.

Kath.

O Seigneur Dieu! je m’en oublie; de elbow. Comment appellez vous le col?

Alice.

De nick, madame.

Kath.

De nick. Et le menton?

Alice.

De chin.

Kath.

De sin. Le col, de nick: le menton, de sin.

Alice.

Ouy. Sauf vostre honneur, en vérité vous prononcez les mots aussi droict que les natifs d’Angleterre.

Kath.

Je ne doute point d’apprendre par la grace de Dieu, et en peu de temps.

Alice.

N’avez vous déjà oublié ce que je vous ay enseignée?

Kath.

Non, je reciteray à vous promptement.

De hand, de fingre, de mails,—

Alice.

De nails, madame.

Kath.

De nails, de arme, de ilbow.

Alice.

Sauf vostre honneur, d’elbow.

Kath.

Ainsi dis je; d’elbow, de nick, et de sin. Comment appellez vous le pied et la robe?

Alice.

De foot, madame; et de coun.

Kath.

De foot, et de coun? O Seigneur Dieu! ces sont mots de son mauvais, corruptible, gros, et impudique, et non pour les dames d’honneur d’user. Je ne voudrois prononcer ces mots devant les seigneurs de France, pour tout le monde. Foh! le foot, et le coun. Néantmoins je reciterai une autre fois ma leçon ensemble: de hand, de fingre, de nails, d’arm, d’elbow, de nick, de sin, de foot, de coun.

Alice.

Excellent, madame!

Kath.

C’est assez pour une fois: allons nous à diner.

[Exeunt.